Pilotes, carrières et grades

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar DahliaBleue » Dim 21 Avr 2013 19:56

pingouin a écrit:[…] les premiers [OE3] ont été commissionnés […] vers 1952/53. […] c'est à partir de 1953 qu' une "palanquée" d'OE3 pilotes commencent à apparaître, aussi bien dans les flottilles embarquées 11F,12F,9F, 17F, que dans les formations à terre, 28F,8S,9S,SLI, etc. […]
Précieuse mise au point ! Qui mérite en effet, et avec juste raison, d'être approfondie :)
[…] Ce fut beaucoup plus difficile dans la Marine, où, compte tenu des traditions, on ne peut devenir officier qu'en passant soit par l'école navale, ou provenant du rang, en suivant le cours d'officier des équipages, une solution intermédiaire fut trouvée en créant les commissions d'OE3.[…]
Solution habile, en effet, puisque, au contraire de l'armée de l'Air, la marine disposait de ce Corps des O.E., tout désigné pour y accueillir les impétrants. Il y avait cependant une autre voie (que l'école navale ou celle des OE) pour être nommé officier : la nomination pour Faits de Guerre (FG). Assez rare, il est vrai.

[…] Comme il ne s'agissait que de volontaires, et que selon l'adage : Mieux vaut être grand chez les petits, que petit chez les grands, beaucoup d'officiers mariniers pilotes déjà chevronnés ne demandèrent pas ce changement de statut.[…] quand on faisait partie d'un équipage et que l'on se désolidarisait de ses membres, ça restait peu élegant : siffle:…
Parfaitement bien senti et analysé ! En effet, indépendamment de la reconnaissance de compétences et de savoir-faire, une nomination au premier grade d'officier entraîne aussi et surtout un changement, culturel, d'état d'esprit. Que tous ne sont (n'étaient…) pas prêts à franchir.
C'est un peu (beaucoup…) moins vrai aujourd'hui, avec le tassement de valeur des diplômes universitaires, et le rapprochement des niveaux d'études obtenus par l'ensemble des étudiants. En 1950, moins de 5% d'une classe d'âge étaient bacheliers, contre ~75% aujourd'hui.

PS : Edith Cavell :D ! Belle évocation d'une courageuse héroïne ! Mais quel rapport avec l'aéronautique navale ? (à part l'épave de cargo à Saint-Laurent du Maroni ? :?: )
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar pingouin » Dim 21 Avr 2013 20:23

PS : Edith Cavell :D ! Belle évocation d'une courageuse héroïne ! Mais quel rapport avec l'aéronautique navale ? (à part l'épave de cargo à Saint-Laurent du Maroni ? :?: )


C'est beaucoup plus simple que cela, un clin d'Ĺ“il Ă  vigi, qui lorsqu'il utilise la fonction Edit pour ajouter du texte Ă  un message,
commence souvent par Edit de Nantes mais il y a aussi Edith Piaf, Edith Cresson, et pourquoi pas Edith Cavell ... de plus, pour faire d'une pierre deux coups, comme le texte t'était adressé, un petit coup de chapeau à la gent féminine ... :D

Je vois que tu as apprécié ma petite enquête, ça fait toujours plaisir .... J'ajouterai que lors de l'intermède OE3, les vrais OE, qui avaient quand même bossé un peu plus dur pour arriver là ou ils étaient, voyaient plutôt d'un mauvais œil la promotion rapide des nouveaux venus.
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar DahliaBleue » Dim 21 Avr 2013 22:13

pingouin a écrit:[…]clin d'œil à vigi, qui lorsqu'il utilise la fonction Edit pour ajouter du texte à un message,
commence souvent par Edit de Nantes mais il y a aussi Edith Piaf, Edith Cresson, et pourquoi pas Edith Cavell … de plus, pour faire d'une pierre deux coups, comme le texte t'était adressé, un petit coup de chapeau à la gent féminine… : D […]
:idea: Compris ! Il suffisait d'y penser ! Mais ce choix de cette grande héroïne est parfaitement bien venu…
[…]Je vois que tu as apprécié ma petite enquête, ça fait toujours plaisir .... J'ajouterai que lors de l'intermède OE3, les vrais OE, qui avaient quand même bossé un peu plus dur pour arriver là ou ils étaient, voyaient plutôt d'un mauvais œil la promotion rapide des nouveaux venus.
Ce qui démontre, une fois de plus si c'était nécessaire, que chacun, quel que soit son statut social, même humble, est toujours jaloux de ses prérogatives, même (ou surtout ?) lorsqu'elles sont modestes :fume: :roll:

Revenant à mon tour sur différentes les voies d'accès aux corps d'officiers dans la marine, il me semble que l'on pourrait compléter ainsi notre étude.
D'abord, outre l'école navale et le concours d'officiers des équipages, il nous fallait mentionner l'école des officiers de marine (EOM) : celle qu'a faite Éric Tabarly. Ouverte sur concours aux officiers mariniers et aux quartiers maîtres. Et disparue (en même temps que celle des OEF) lors de l'institution de l'EMF (donc en 1969).
Ensuite nous en avons omis une, qui fut particulièrement usitée par l'aéronautique navale : celle des officiers de réserve, en situation d'activité sous contrat.
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar vigi » Lun 22 Avr 2013 11:11

DahliaBleue a écrit:Ce qui démontre, une fois de plus si c'était nécessaire, que chacun, quel que soit son statut social, même humble, est toujours jaloux de ses prérogatives, même (ou surtout ?) lorsqu'elles sont modestes :fume: :roll:


Ce qui démontre également le fossé qui nous sépare (nous Français) des anglo-saxons qui ont toujours privilégier les compétences aux diplômes.

Car il faut bien admettre que depuis la fin des années 80, les accès (ou changement d'orientations de carrière) en "interne" ont été très sérieusement réduite aux seins des armées.


Comme j'aime souvent Ă  le dire, en France, il est logique de dire:

"Donnes moi ton diplĂ´me et je te dirais ce que tu peux faire"

Chez l'anglo' c'est plutĂ´t:
"Montres moi ce que tu fais et je te dirais oĂą tu vas travailler"

Comme le fait très justement remarquer Dahlia, nous en arrivons donc à des systèmes de castes "du travail" où chacun s'évertue à y (p)réserver les accès.
Avec ce type de comportement, nous passons (et cela malheureusement dans toutes les couches de notre société) très souvent à coté de compétences bien souvent meilleures que les "ayant-droits".
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar nanard » Lun 22 Avr 2013 11:47

Je suis bien d'accord avec toi, Chef, mais comme tu as vécu ça en direct, peux-tu nous en dire un peu plus sur "l'avenir" des officiers-mariniers pilotes de Crouze à l'arrêt de celui-ci ? J'ai bien peur que là aussi les diplômes aient été privilégiés aux capacités déjà démontrées.
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar vigi » Lun 22 Avr 2013 12:00

nanard a écrit:Je suis bien d'accord avec toi, Chef, mais comme tu as vécu ça en direct, peux-tu nous en dire un peu plus sur "l'avenir" des officiers-mariniers pilotes de Crouze à l'arrêt de celui-ci ? J'ai bien peur que là aussi les diplômes aient été privilégiés aux capacités déjà démontrées.


Les derniers Second-Maitre pilotes arrivèrent vers la fin des années 80.
La phrase Ă©tait laconique:

"Messieurs, vous ĂŞtes pilote, vous ne pouvez pas rester de "simple officier marinier", vous devez donc partir (ndlr: envoyer d'office) au cours officier pour ĂŞtre digne de votre rang"

La forme n'est peut-ĂŞtre pas exact Ă  la virgule, mais le fond y est.

J'ai également côtoyé des officiers issue "du rang", je peux vous garantir que les types "chargeaient sévère" (comme qui disent ici dans le South-West) quand ils étaient avec leurs "copains" de Navale, la hargne de réussir des uns se heurtant à l'égo de néo-castes des autres.
Mais il y avait fort heureusement de temps en temps quelques gens qui ne tombaient pas dans cette "gueguerre" bien malsaine au demeurant... Ils Ă©taient malheureusement bien trop rare.
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar pingouin » Lun 22 Avr 2013 14:23

Une anecdote qui s'inscrit parfaitement dans le sujet

Ramassez votre matériel ! par Louis Le Guen

Je suis second maître, mécanicien moteur, affecté provisoirement au parc à essence de la BAN de Cuers.
Par un bel après-midi de juillet 1952, la cuvette qui abrite la base étant sous la canicule, je décide d’envoyer deux de mes quartiers-maîtres inonder le cuvelage des citernes aériennes situées sur la route du SAMAN. En même temps ils en profiteront pour les purger. Avec l’essence on ne prend jamais trop de précautions. Je reviendrai dans une heure, leur dis-je. Puis je pars au volant du GMC citerne qui nous sert de « bonne à tout faire ». Comme il est prescrit, une chaîne traînante relie le camion au sol, de façon à éliminer l’électricité statique. Au passage je fais un arrêt au bar des officiers-mariniers et je continue ma route. A côté de moi, sur le siège passager trois bières bien fraîches attendent d’être décapsulées. Je vais trinquer avec mes caporaux, ils l’ont bien mérité. Je suis très à l’aise au volant de ce camion américain qui est d’une conduite très agréable. Bientôt je passe devant le garage où j’aperçois deux galonnés en conversation. Peu importe, cela fait partie du paysage. Et je les croise d’un air très décontracté, d’ailleurs on n’a pas à saluer quand on tient un volant. A peine les ai-je croisés que j’entends un « Hep ! là-bas » hurlé sur un ton qui n’admet pas de réplique. Un coup d’œil dans le rétroviseur et je vois l’officier des Equipages, chef du Service intérieur (CSI), gesticulant désespérément, me faisant signe de m’arrêter. Coup de frein, petite marche arrière ; je descends et me présente à six pas. Garde à vous, salut : « à vos ordres Monsieur l’officier ». Intérieurement je suis un peu inquiet et me dis : « il m’a peut-être vu m’arrêter au bar, ce qui est normalement interdit pendant les heures de boulot ».

Je n’ai pas le temps de soliloquer davantage que je m’entends apostropher sur le ton de l’engueulade : « Ecoutez, second-maître, ça fait plusieurs fois que je vous vois passer avec cette chaîne à la traîne, j’en ai marre, ramassez votre matériel ». Un peu en retrait, le chef du garage, l’OE2 Lelièvre et l’un de mes camarades, le second-maître Saintout, se tordent de rire. Moi j’en bégaie… « mais Monsieur l’officier, écoulement de liquide, frottement, courant statique, la masse… ». « La masse… je m’en fous, ramassez votre matériel ». suit une menace de peau de bouc. Devant le ton furibond de l’OE1 Rommel, je n’ai guère envie de m’étendre en justifications techniques. D’ailleurs cet officier canonnier de la vieille école, dont un homonyme s’est rendu célèbre à la tête de l’Afrika Korps, est-il à même de comprendre ? Nouveau salut, demi-tour réglementaire, démarreur et je file au service ravitaillement conter ma mésaventure à mon patron, le premier-maître Pentecôte.

Hilarité générale au bureau. Pentecôte me dit : « il faut que tu racontes cela au C.S.T. » et il m’introduit dans son bureau. L’ingénieur mécanicien à quatre galons s’esclaffe à son tour et me rassure : « soyez sans crainte Le Guen, vous ne serez pas sur la peau de bouc ». Evidemment l’épisode fut sans suite mais de ce jour là, un charmant nom circula au carré des officiers, La Masse … Je reste persuadé que c’est Lelièvre qui, pince-sans-rire, a suggéré à Rommel de m’interpeller.

Remarque : beaucoup d’officiers des Equipages issus de la deuxième guerre mondiale ont été promus pour faits de guerre sans que l’on prenne en compte leur niveau d’instruction. Que les anciens de ce corps tombé en extinction me pardonnent mais j’ai moi-même été sous les ordres d’OE qui ne faisaient pas partie des meilleurs … (la sélection des critères retenus pour leur choix est toujours restée un mystère pour moi). Fort heureusement j’en ai connu aussi de formidables à tous les points de vue, tant par leur valeur technique que sur le plan humain.

Anecdote publiée dans les gazettes de l'ARDHAN
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar DahliaBleue » Lun 22 Avr 2013 18:08

DahliaBleue a écrit:[…]Il y avait cependant une autre voie (que l'école navale ou celle des OE) pour être nommé officier : la nomination pour Faits de Guerre (FG). Assez rare, il est vrai.[…]
pingouin a écrit:Une anecdote qui s'inscrit parfaitement dans le sujet[…]
Remarque : beaucoup d’officiers des Equipages issus de la deuxième guerre mondiale ont été promus pour faits de guerre sans que l’on prenne en compte leur niveau d’instruction.[…]
Elle s'inscrit doublement bien dans le sujet, puisqu'elle cite ce que j'avais évoqué précédemment au sujet des nominations pour « Faits de Guerre (FG) », que je voyais toutefois moins nombreuses que l'auteur de l'anecdote, qui écrit : « beaucoup ». Il ne reste plus qu'à quantifier réellement cette évaluation.

J'observe au passage une petite contradiction dans les commentaires faits à propos des nominations « au mérite dû à la simple compétence pratique » et celles qui découleraient des seuls diplômes scolaires ou universitaires. De l'observation suivante :
vigi a écrit:[…] en France, il est logique de dire:
"Donnes moi ton diplĂ´me et je te dirais ce que tu peux faire"
Chez l'anglo' c'est plutĂ´t:
"Montres moi ce que tu fais et je te dirais où tu vas travailler"[…]
on serait tenté de conclure que l'obsession (française) des diplômes n'est pas réaliste, face au bon sens et au pragmatisme anglo-saxon ; Alors que de son côté,
Louis Le Guen conclut son anecdote, publiée par la gazette de l'ARDHAN, en mettant ses démêlés avec le CSI, sur le compte d'une connaissance théorique ou technique insuffisante de la part de l'OE1 Rommel (voir note).

La juste appréciation doit donc se trouver entre les deux. La seule science culturelle, cérébrale ou intellectuelle n'est sans doute pas suffisante pour une bonne exécution d'un métier ; mais inversement, un déficit de niveau de culture n'est pas toujours compensé par un savoir-faire pratique . Retenons-nous toujours des jugements définitifs à l'emporte-pièce et sans nuance.

Note : En fait Rommel (né le 14 avril 1902) n'était pas canonnier, mais fusilier. Entré dans la marine en 1922, il a été nommé OE2 en 1947, et promu OE1 le 1/12/52. Médaille militaire (avant la Seconde Guerre mondiale, probablement) et chevalier de la LH, avant 1956.
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar vigi » Lun 22 Avr 2013 18:37

DahliaBleue a écrit:La juste appréciation doit donc se trouver entre les deux. La seule science culturelle, cérébrale ou intellectuelle n'est sans doute pas suffisante pour une bonne exécution d'un métier ; mais inversement, un déficit de niveau de culture n'est pas toujours compensé par un savoir-faire pratique . Retenons-nous toujours des jugements définitifs à l'emporte-pièce et sans nuance.


Certes, ces concepts sont discutables, mais pour avoir "gouté" aux deux, j'avoue une nette préférence à l'anglo-saxon, qui à mon sens permet de mieux cerner les besoins (et de fait les compétences).

Un revers Ă  ce concept cependant:
Le turn-over.
Si t'es mauvais, tu dégages, et de suite, voire dans l'heure pour certains. Cela créé par contre, une émulation au travail qu'on est pas près de trouver par "cheux-nous".
Autre point à ne pas négliger, chez les anglo', un "bachelor" est (encore) considéré, contrairement à la France ou le BAC n'est aujourd'hui guère mieux considéré qu'un simple CAP/BEP (si ces derniers existaient encore).
Bref, deux vrais chocs culturels, qui font que la sélection à la française est un vraiment un électron libre dans le système mondial.

Mais je crains que je nous Ă©carte du sujet. :?

En passant, merci à Pingouin pour cette parfaite illustration du "bagage nécessaire".
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Re: Pilotes, carrières et grades

Messagepar nanard » Lun 22 Avr 2013 19:54

En passant, merci à Pingouin pour cette parfaite illustration du "bagage nécessaire".[/quote]
Le bagage nécessaire, Chef, c'était les 3 bières ou la chaîne ? j'comprend pas tout :lol: :lol: :lol:
J'ai bien aimé ta réponse concernant les officiers-mariniers pilotes de Crouze.
Bien sûr on leur a proposé "mieux", mais il ne faut pas se voiler la face, leur parcours, ils le traineront toute leur carrière au sein de la Marine et comme la branche des VRAIS officiers est quelque peu élitiste et très caste fermée, ils ne seront jamais acceptés comme tel. C'est d'autant plus dommage pour eux que la carrière de pilote de chasse est brève et soumise à des visites médicales bisannuelles pouvant te laisser, du jour au lendemain sans possibilité de voler.
Tu replonges alors dans le rôle d'officier classique, mais tu ne sera que trop rarement considéré comme un officier classique.
Pour suivre, comme toi, même si on s'écarte un peu du sujet initial, je suis beaucoup plus partisan de la méthode anglo-saxonne, même avec sa "dureté", tu dégages si tu n'es pas bon, c'est ainsi qu'on obtient les meilleurs et non pas comme dans l'enseignement français où maintenant, il est presque incongru de donner des notes aux élèves, faut pas traumatiser ces pauvres chéris...
Pour rester dans les diplômes, parlons du "niveau" du bac actuel qui outre ses 180 versions propres, pour un grand nombre, à emmener les récipiendaires dans des impasses futures mais proches, le niveau moyen est lamentable et, pour faire plaisir aux statistiques de l'éducation nationale (en gros il faut 80% de reçus) on en arrive à jongler avec les notations. Il y a quelques années, il fut même toléré une moyenne inférieure à 10 pour repêcher tous les rigolos (et rigolotes) qui avaient confondus études et manifestations durant le dernier trimestre.
Le côté hard, c'est après, parce que si l'enseignement secondaire est prêt à tous les abandons, la création de nos futures élites, dans les facs et les grandes écoles, parce que c'est quand même de ça qu'il s'agit, ne s'embarrasse pas des mêmes préjugés.
Il n'est qu'a voir le déchet à la fin de la première année universitaire pour comprendre qu'au lieu d'un 80% "démocratique", il serait sans doute raisonnable pour tous d'un pourcentage certes moins élevé, mais composé de jeunes capables et motivés qui ne resteront pas sur le bord de la route.
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