Hans-Joachim "Jochen" Marseille, Luftwaffe

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

Hans-Joachim "Jochen" Marseille, Luftwaffe

Messagepar vigi » Jeu 21 Avr 2011 11:36

Fiche militaire :

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13 décembre 1919 - 30 septembre 1942



Service actif : 1938‚Äď1942
Guerre : Seconde Guerre Mondiale
Missions de combat : 388
Victoires aériennes homologuées: 158
Appartenance : LG 2, JG 52, JG 27
Avions : Bf-109
Grade le plus élevé : Hauptmann
Médailles:
-Croix de fer de 2ème classe
-Croix de fer de 1ère classe
-Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chênes, épées et diamants
-Médaille d'or de la valeur militaire (décoration Italie fasciste)



Samedi 6 Juin 1942, Libye.
Le groupe de Bf-109 F-2/Trop du I/JG27 vient de mettre en route.
Rapidement, les appareils poussent les gaz et décollent en étoile.

Le désert et son sable fin pose de gros problèmes aux mécaniques, que ce soit les blindés ou les avions.
Malgré le fait que les Bf-109 soient équipés de filtres à air "tropicaux" sensé les protéger des méfaits du sable, lors des décollages les nuages provoqués par les hélices sont tellement dense qu'un appareil qui décollerait dans le sillage d'un autre serait non seulement aveugle, mais son moteur et son fuselage se retrouveraient envahit par les particules de sable en suspension dans l'air, ce qui provoquerait assurément soit un arrêt du moteur, soit un blocage des gouvernes de vol.
Le d√©collage en √©toile permet d'√©viter ces f√Ęcheux d√©sagr√©ments. Il √©galement possible car le d√©sert a au moins un avantage, ses grandes √©tendues ne n√©cessite pas l'am√©nagement de terrain d'aviation.

Le groupe de Bf-109 se rassemble au dessus du terrain et part rejoindre un groupe de Ju-87 Stuka pour assurer sa couverture aérienne durant sa mission de bombardement sur Tobrouk.

Alors que le groupe de Bf-109 effectue sa mission d'escorte, un de ses pilotes repère une formation de seize P-40 Tomahawk.
Pendant dix minutes, ce pilote va bouillir dans son siège, il aimerait attaquer cette formation, mais les ordres sont clairs: "l'escorte des Stuka prime sur tout".
Ce pilote qui fulmine dans son cockpit, c'est Hans Joachim Marseille.
Ces derniers temps, il a été régulièrement rappelé à l'ordre par ses supérieurs pour son indiscipline et pour ses attaques solitaires sans cohésion avec son Schwarm (groupe de 2x2 appareils).
Et encore plus vexant, son chef de groupe l'Hauptmann Neumann lui a dit qu'il n'avait aucune technique de combat, que ses victoires n'étaient qu'affaire de chance.

Mais, au bout de dix minutes, s'en est trop pour le jeune aristocrate Berlinois, descendant direct d'une famille de Huguenot française.
Il rompt la formation et fonce vers le groupe de P-40 qui est en train d'attaquer la ligne de front.
Seul son ailier Reiner Pöttgen le suit.
Marseille a bien l'intention de prouver que ses tactiques sont efficaces.
Il s'entraine depuis des mois à supporter les effets de "g" et manier sont Bf-109 dans des virages serrés, car "Jochen" a bel et bien une tactique de combat, qu'il est le seul à maitriser...
Tactique qu'il va appliquer dans quelques instants et qui va se révéler terriblement efficace.

Alors que le reste de la formation de Bf-109 continue sa mission d'escorte, Marseille fonce droit sur le groupe de P-40 qui évolue en cercle défensif au dessus de son objectif.
"Jochen" pousse les gaz de son Bf-109.
Arrivé à la verticale du groupe il bascule son appareil qui part en piqué sur le dos.
Il redresse son Bf-109 à hauteur des P-40, lui faisant effectuer dans le même temps un virage serré qui le place à l'intérieur du cercle défensif des P-40.
A cet instant Marseille effectue un tir en déflexion sur un premier P-40 qui s'abat en flamme.
Il continue à maintenir son Bf-109 en virage serré, et malgré les "g" énormes qu'il encaisse, il aligne un second P-40 dans son viseur. Le Tomahawk explose littéralement sous les obus de Marseille.
Alors que sa vitesse se dégrade et que les P-40 comprennent enfin ce qui leur arrive, Marseille desserre son virage pour se placer derrière un Tomahawk qui tente de prendre de l'altitude.
Une longue rafale, des débris et de la fumée encadre le Bf-109 de Marseille... Troisième victime.

Marseille est à peine à quelques centaines de mètres de sol, il pousse les gaz et fait monter en chandelle son Bf-109.
Dans le groupe de P-40, c'est l'affolement, chaque appareil essaye de sortir de la zone de feu.

Lors de sa ressource, Marseille voit un P-40 qui va tangenter devant lui, il se prépare pour nouveau tir en déflexion, mais son canon d'hélice s'enraye, il bascule sur les armes de capots et abat le P-40.
Alors qu'il vient de toucher sa quatrième victime, son ailier qui est rester en altitude constate que le troisième P-40 s'abat au sol, il regarde son chrono... 15 secondes... Seulement 15 secondes entre la troisième et quatrième victoire de son leader dans cet engagement.

A cet instant, les P-40 survivants volent tous au ras du sol en mettant le cap vers leur terrain.
En volant ainsi, ils perdent l'avantage de l'altitude. Avantage indispensable pour avoir une chance en combat aérien.
Marseille le sait.
Pour les P-40 cela va être l'hallali.
La tactique de Marseille est simple, fondre à grande vitesse sur ces cibles effectuer un virage le plus serré possible avec un tir en déflexion qui lui permet de toucher plusieurs appareils en quelques secondes.
"Jochen" a repéré les P-40.
Il pousse les gaz de son Bf-109, les coiffe et reprend ses assauts.
Il pique en inversé, redresse à hauteur en virage serré, une rafale en déflexion et, c'est le cinquième P-40 qui s'abat avec le moteur en flamme et un cockpit déchiqueté.
Une ressource, nouveau virage serré, encore un tir en déflexion et le sixième P-40 est lui aussi mis hors de combat.

Hans-Joachim Marseille rompt le combat.
Les P-40 survivants ne doivent leur salut que parce que l'as allemand n'a plus de munition.

Marseille rejoint son ailier qui vole à 2 500 mètres au-dessus de lui.
Le combat a duré onze minutes et , lorsque Marseille se pose, les réservoirs de son Bf-109 sont pratiquement vide.

Surnommé par ses camarades "Der Stern von Afrika" Hans-Joachim Marseille obtiendra ses 158 victoires de cette manière.
Doté d'une très bonne acuité visuelle, il repère les appareils ennemis avant ses camarades.
Gr√Ęce √† l'entrainement physique qu'il s'impose, il est capable d'amener et de supporter des √©volutions √† tr√®s fort facteur de charge et, sa maitrise du tir en d√©flexion feront de lui un adversaire redoutable pour les pilotes anglais et fran√ßais du front d'Afrique.
----When you're out of F-8's you're out of fighters----
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