R.W.H. Everett, Royal Navy

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

R.W.H. Everett, Royal Navy

Messagepar vigi » Dim 13 Mar 2011 14:58

Fiche militaire :




Service actif :
Conflit: Deuxième Guerre Mondiale
Victoires aériennes homologuées : 1
Avions : Hawker Hurricane
Grade le plus élevé : Lieutenant (Royal Naval Volunteer Reserve)
Médailles :
-Distinguished Service Order



En ce Dimanche 3 Ao√Ľt de l'an de gr√Ęce 1941, un convoi de cargo file √† faible allure dans les eaux de l'Atlantique Nord.
Le convoi remonte vers l'Angleterre après avoir chargé sa cargaison dans le port africain de Freetown en Sierra-Léone.

Sur le HMS Maplin, il n'est point de jours différents aux autres, point de Dimanche, la guerre ne fait pas de différence entre le jour du Seigneur et les autres.
Le HMS Maplin fait partie de ces cargos transformés en Fighter Catapult Armed ship.
A la proue, deux catapultes sur lesquelles sont posées un Hawker Hurricane et, dans l'appareil, le Lieutenant Everett est d'alerte.
Ils sont quatre pilotes à bord à se relever 24h/24h dans le cockpit des deux SeaHurricane, près à être catapulté au moindre risque pour le convoi.

Ces appareils sont des Hawker Hurricane Mk-I qui ont été cédé par la RAF après leurs retraits des unités de premières lignes, transformés par la société General Aircraft Limited, ces appareils étaient capables d'opérer depuis des porte-avions ou des CAM-ship (des cargos transformés qui embarquait deux Hurricane lancé depuis des catapultes).

Ce 3 Ao√Ľt, le convoi est au large du Golfe de Gascogne lorsqu'un Fw-200 Condor est rep√©r√© √† l'horizon.
Le catapultage d'un Hurricat (surnom donné au Hurricane transformé pour leur emploi sur des CAM-ship) est délicat.
Il faut être certain que le quadrimoteur de patrouille maritime allemand est repéré le convoi, si ce n'est pas le cas, la lueur et la fumée des fusées de la catapulte du Hurricat va révéler le convoi au Fw-200 et sans doute compromettre les chances d'intercepter l'appareil allemand.

Le Fw-200 Condor oblique vers le convoi, plus de doute, les cargos sont repérés.
L'ordre de catapultage est donné et le Lieutenant Everett est lancé depuis l'HMS Maplin.
Le Rolls-Royce Merlin et les fusées de la catapulte propulsent le petit chasseur en l'air, filant dans un premier temps au ras des vagues, le Hurricat prend rapidement de l'altitude pour "coiffer" le gros quadrimoteur allemand.

Surpris par la présence du cargo équipé de chasseur, le Fw-200 Condor n'a plus le temps d'échapper à son poursuivant, il compte maintenant sur son imposant armement de bord.
Everett le sait, ses six Browning de 7,5 mm sont un peu légères pour venir à bout de l'imposant Focke-Wulf.
Arrivé au contact, il décrit un large cercle autour du Fw-200 en veillant bien à rester hors de portée des mitrailleurs allemands.
Une fois dans le sillage du Condor, Everett pousse les gaz de son Hurricane et pique sur l'appareil.
Il veut s'assurer de la victoire, alors il arrose toute l'envergure de l'appareil en faisant glisser son Hurricane de gauche à droite et inversement.
Il veille également à bien viser juste derrière les hélices de l'avion de patrouille allemand.
Sa tactique est payante, les moteurs BMW de l'allemand ne tardent pas à s'enflammer, Everett est presque au contact de l'allemand, les tirs défensifs encadre son Hurricane.
Everett continu de tirer, puis soudain plus rien... il n'a plus de munitions, il effectue un virage serré et se dégage du contact de Fw-200.

L'allemand continue de voler, mais les flammes qui enveloppent désormais ses ailes ne laisse plus de doute sur l'issue du vol du Condor qui perd doucement mais surement de l'altitude... A plus de 400 nautiques des cotes d'Aquitaine, le Fw-200 ne retournera pas à Bordeaux-Mérignac.
Avant de mettre le cap vers le convoi, Everett aperçoit le Fw-200 qui s'abime en mer.

Il est temps maintenant pour le lieutenant Everett de penser à sa survie.
En effet, une fois catapulté depuis un CAM-ship, le Hurricat ne peut y retourner, son salut ne peut être qu'en trois options.
Se poser sur une base alliée à terre. En plein milieu de l'Atlantique, la chose est à oublier.
Aller apponter sur un porte-avions, en 1941 ces b√Ętiments sont bien trop pr√©cieux pour √™tre risqu√© dans des zones o√Ļ les U-Boot r√®gnent encore en maitre incontest√©.
Amerrir au plus pr√®s d'un navire du convoi en esp√©rant ne pas se briser les os √† cause des vagues et, avoir le temps de sortir du Hurricane avant que ce dernier ne coule... C'est en ce Dimanche 3 Ao√Ľt la seule option possible pour Everett.

Le lieutenant Everett emmène son Hurricat au ras des flots, il abaisse sa vitesse au maximum, la mer n'est pas calme, quelques vagues sont présentes, il va falloir poser sans enfourcher l'une d'elles, sinon l'appareil va se retourner et là, c'est la mort assuré pour Everett.
Le Hurricat touche les flots, ricoche sur les vagues puis, le fuselage touche l'eau , les vagues passe par-dessus le moteur.
En quelques mètres le Hurricane est violemment stoppé.
A peine quelques secondes et le nez de l'appareil plonge dans les flots de l'Atlantique, le cockpit se rempli rapidement d'eau, Everett pour assurer sa sortie avait ouvert la verrière au préalable, bien lui en a pris.
Le pilote est encore sonné quand l'appareil se met à sombrer avec son pilote encore sanglé dans le siège.
Le temps de se séparer de son parachute et de ses sangles de siège et, Everett est déjà à 10 mètres de profondeur.
Everett nage vers la surface, percute sa mae-west, il reste ainsi en surface quelques instants avant d'être rapidement récupéré par un des navires du convoi.

Le lieutenant Everett est le premier pilote de Hurricat lancé depuis un CAM-Ship à être crédité d'une victoire aérienne.
Les Hurricane lancés depuis ses navires seront crédités de six victoires d'ici la fin du conflit.
Le risque encouru par les pilotes, la perte quasi-certaine de l'appareil après son catapultage et le taux d'attrition des CAM-ship par les U-Boot feront que ces navires n'apporteront pas un réel gain dans le conflit.
L'intérêt principal sera une plus grande méfiance de la part des équipages de Fw-200 qui rechigneront désormais à survoler les convois et à rester à leurs contact jusqu'à l'arrivée des U-Boot.
De plus à compter de fin 1942, la présence des porte-avions d'escorte va se généraliser et le visage de la guerre maritime va radicalement changer.
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