Charles "Windmill" Demoulin, RAF

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

Charles "Windmill" Demoulin, RAF

Messagepar vigi » Jeu 25 Nov 2010 20:06

Fiche militaire :

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1920 - 1998


Service actif : 15 Mars 1943 - 5 DĂ©cembre 1944 (POW)
Guerre : Deuxième Guerre Mondiale
Nombres de missions : 250
Victoires aériennes homologuées : 3 +2 en coopération
Autres victoires: 40 Panzer, Cargo Musterland
Appartenance : 184, 164 et 609 Squadron
Avions : Typhoon
Grade le plus élevé : Squadron Leader
MĂ©dailles :
- Distinguished Flying Cross
- Officier de l'Ordre de LĂ©opold
- Croix de Guerre avec cinq citations
- MĂ©daille de la France Libre
- West détenteur de la Commanderie de la Couronne avec palme


Une patrouille de neuf Typhoon est en chasse libre depuis plus d’une heure dans le secteur Venloo, mais pas un seul objectif ne s’est présenté.
Les appareils qui appartiennent au Squadron 609 sont surtout à la recherche de chasseurs de nuit allemands, qui profitent de la fin de journée dans ce secteur qui est hors de portée de la chasse de la 8ème Air Force, pour faire des vols d’essais avant leurs missions de la nuit suivante.

N’ayant rencontré personne, le Squadron Leader Pat Thornton-Brown a donné l’ordre de retour vers la base.
Les Typhoon effectuent ses missions de harcèlement à basse altitude et, après avoir largué leurs réservoirs supplémentaires, les neuf appareils s’approchent de Bruxelles.

Le groupe s’articule en patrouille de 3x3, ils abordent les faubourgs de la capitale Belge en formation en pointe, à l’extrême gauche se trouve le Blue-flight commandé par Charles Demoulin.
Ce pilote de la RAF est un Belge, qui est natif de la région de Bruxelles.
Le survol de la ville est donc pour lui un symbole fort.

Le groupe d’appareils rase les toits belges, passe à la hauteur du deuxième étage du Bon Marché et, remonte le boulevard de la capitale, mais alors qu’il survole le palais de justice, Demoulin aperçoit un appareil allemand, son ailier, le Flight-Sergeant Martin, un australien au courage exemplaire, l’a vu également.
La discipline voudrait que les deux pilotes demandent l’autorisation d’engager à leur Leader.
Mais Charles Demoulin est à la « Maison » et, son émulation est trop forte.
Les deux Typhoon break-gauche, ils ont déjà la « manette dans le coin » et foncent plein badin au ras des habitations vers leur cible.
Le Bf-110 n’a pas le temps de savoir ce qui lui arrive.
L’ailier de Demoulin ouvre le feu à quatre cents mètres.
Charles Demoulin est un peu déçu que son camarade ne lui laisse pas la primeur de cette cible, mais Martin lui a sauvé la mise tellement de fois, qu’il ne s’en offusque pas plus que cela.
Demoulin ouvre le feu à son tour sur le Me-110 qui se fait littéralement découper par les huit canons de 20mm des deux Typhoon.
Le Messerschmitt qui vole a peine à 100 pieds d’altitude s’écrase sur la chaussée d’Alsemberg.
Demoulin est à une dizaine de mètres d’altitude, il ne peut éviter la zone d’impact de l’allemand et, au moment où il survole le point d’impact les restes du Bf-110 explosent au pied d’une maison.
Demoulin ressent un choc dans l’aile gauche, un regard rapide.
Rien de grave, sans doute le souffle de l’explosion.

Le reste du groupe a rassemblé sur les deux pilotes, certains pestent de ne pas avoir pu participer à la curée, mais le Leader rappelle tous ses hommes à l’ordre et, le cap retour est repris.
Vingt minutes de vol et, c’est la Manche, puis Douvres et, après trente-cinq minutes de vol, le terrain de Lympne se présente sous les ailes des neufs Typhoon.
Demoulin a eu le temps de réfléchir durant le retour, la victoire sera pour son camarade Martin.
Il ne fera pas de rapport, il laisse ce trophée à son ailier australien, même si la victoire semble être commune. Peu importe, Martin n’a aucune victoire, cela sera sa première.
Demoulin a déjà un palmarès, il n’a pas besoin de celle-là…Et puis il lui doit bien cela à son ailier protecteur.
Les appareils sont tous parqués, Charles Demoulin est en train d’extraire le film de sa ciné-mitrailleuse pour le transmettre aux analystes photo, lorsque son mécano vient le chercher.
Il amène Demoulin sous l’aile gauche et là, il lui montre un trou d’une trentaine de centimètres.
Le mécano extrait de la terre, puis il sort de l’aile un petit pavé rectangulaire d’un beau grès gris-bleu comme on en rencontre sur les routes et les artères du plat-pays.
-« Alors, mon Lieutenant, les Fridolins vous lancent des pierres maintenant ? » Lui lance son mécano goguenard.
C’était donc cela le choc lorsque j’ai survolé le Messerschmitt en train d’exploser se dit Demoulin.
Un pavé des rues Bruxelloises.


Bien plus tard, après-guerre, Charles Demoulin et son épouse reçoivent des amis à diner.
Il écoute sa femme parler de ce qu’elle a vécu durant le conflit à Bruxelles, puis cette dernière se met à raconter cette fois où elle a cru sa dernière heure arrivée.
Elle attendait le tramway sur la Place Albert lorsqu’un avion allemand en flamme est passé au raz des toits, poursuivi par deux avions anglais qui lui tiraient dessus.
Alors que les douilles de 20mm tombaient sur et autour de l’abri du tramway, l’appareil allemand s’est écrasé à deux cents mètres de là.
Charles Demoulin se lève, il part consulter son carnet de vol.
Pas de doute, c’était bien Martin et lui.


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Sources: Mes Oiseaux de Feu, Charles Demoulin.
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