George L. Sutcliffe, USAAF

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

George L. Sutcliffe, USAAF

Messagepar Guns » Sam 2 Oct 2010 17:29

Fiche militaire :

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Service actif :
Guerre : Seconde Guerre Mondiale
Missions : 80
Victoires aériennes homologuées :
Appartenance : 397th Fighter Squadron, 368th Fighter Group
Avions : P-47C Razorback
Grade le plus élevé : Lieutenant
Médailles :
-Silver Star
-Distinguished Flying Cross
-Air Medal (12)


En cette journée du 14 juin 1944, le ciel était couvert, et les nuages étaient bas. Le lieutenant Sutcliffe et trois autres P-47 Razorback de son escadron étaient en train de reprendre de l'altitude après une mission d'attaque au sol. Il était le numéro 3 de la formation, le colonel John Haessler était le leader.
Pendant tout le trajet du retour, Sutcliffe ne cessait de regarder en arrière, par dessus son épaule. Comme s'il appréhendait quelque chose ce jour-là...
Malheureusement pour lui, ses craintes étaient fondées. Il ne tarda pas à repérer une formation d'une quarantaine de Bf-109 sortir des nuages et fondre sur eux, dans les six heures haut. Les quatre Razorback se retrouvèrent vite cernés.
Sutcliffe hurla sur la fréquence : "Virez à gauche, colonel !"
Pratiquement au même moment, les Bf-109 ouvrirent le feu. Haessler réagit aussi rapidement que son ailier et fit un break serré à gauche. Les balles traçantes entouraient instantanément les quatre chasseurs américains. Dans le chaos, les Razorback se retrouvèrent séparés.
L'un des Bf-109 allait trop vite et dut overshooter. Il passa devant Haessler qui lui enverra une rafale. Le Bf-109, touché, s'éloigna en tournoyant sur lui-même.
Puis Haessler hurla à son tour : "Ils sont trop nombreux. Il faut se tirer d'ici ! Grimpez dans les nuages !"
Aussit√īt apr√®s, Haessler et son num√©ro pouss√®rent les gaz √† fond et grimp√®rent en direction de nuages, qu'ils atteignirent sans dommage. Ce qui n'√©tait pas le cas de Sutcliffe, qui se trouvait distanc√© et s√©par√© de son ailier.
Complètement encerclé de toutes parts, Sutcliffe se dit dans sa tête que tous les appareils qui l'entouraient étaient hostiles, et qu'il allait devoir frayer un passage au milieu d'eux. Il poussa alors les gaz à fond et activa l'injection d'eau dans le moteur.
Ce mélange donna un surplus de puissance au moteur, le méthanol permettant d'améliorer l'inflammation du mélange carburé (air/essence) et l'eau, amenant un apport d'oxygène.
Donc, en clair, l'eau au méthanol permet une meilleure combustion du mélange carburé qui augmente le rendement du moteur mais, cette injection devant rester limitée dans le temps car elle soumet le moteur à de fortes contraintes mécaniques, les pistons subissent de plus forts impacts lors de l'explosion du mélange, ce qui augmente le rendement du temps moteur, mais fait subir des contraintes énormes aux pistons, bielles et palier de vilebrequin.
Les seuls √©l√©ments √† appr√©cier ce genre de m√©lange sont les soupapes, qui chauffent moins gr√Ęce √† une meilleure combustion en chambre qui diminue les combustions dans les conduits d'√©chappements et, l'injection d'eau qui refroidit √©galement mieux le conduit admission et sa soupape.
L'énorme Pratt & Whitney R-2800 de 2.500 ch se mit à rugir alors qu'il continuait à monter en puissance. Le Razorback de Sutcliffe fonçait au milieu des Bf-109 comme un bolide.
Sutcliffe tirait sur tout ce qui lui venait d'en face, puisque piqua vers le sol pour tenter de semer les Bf-109 qui le talonnaient. Mais deux des Bf-109, certainement des pilotes expérimentés, réussirent à suivre Sutcliffe en le surplombant. Sutcliffe savait qu'il se ferait abattre s'il tentait de reprendre de l'altitude.
L'Am√©ricain se souvint soudainement que quelqu'un lui avait dit qu'un Bf-109 avait du mal √† virer serr√© √† droite. Alors, il entama aussit√īt une spirale montante vers la droite pour rejoindre les nuages, alors que les deux Bf-109 avaient commenc√© √† tirer. Pendant la mont√©e, Sutcliffe aper√ßut le Razorback num√©ro 4 se faire descendre, son pilote s'extirpa et sauta de l'avion en feu. Derri√®re lui, les deux Bf-109 venaient d'abandonner la poursuite. Cependant, son Razorback avait toutes les chances de caler avant d'atteindre les nuages...
Sutcliffe se remit en palier pour reprendre un peu de vitesse. Puis il releva la tête pour rechercher ses poursuivants. Et ce qu'il vit le glaça d'effroi : la quarantaine de Bf-109 avaient formé deux "roues" juste au-dessus de lui, empêchant toutes tentatives de sa part pour rejoindre les nuages.
Pour corser encore les choses, un des Allemands quittait r√©guli√®rement la "roue" et piquait sur lui lorsque l'occasion se pr√©sentait. Justement, lors d'une telle manŇďuvre, Sutcliffe aper√ßut un Bf-109 se pr√©senter dans ses dix heures, pr√™t √† effectuer un tir en d√©flexion. La seule parade pour Sutcliffe √©tait d'enclencher un tonneau suivi d'un piqu√© vers le sol, afin de semer le Bf-109.
Des balles frappèrent l'aile droite du Razorback, alors qu'il basculait tête en bas et piquait vers le sol. Sutcliffe se renversa à nouveau et le manche au ventre, il encaissa les G positifs pour essayer de ramener son lours avion à l'horizontale. Le Razorback se faufilait pratiquement entre les arbres, tellement il volait bas. Dans son siège, Sutcliffe était presque au bord de l'évanouissement.
Puis, sans perdre son temps, Sutcliffe profita de sa vitesse gagnée pour entamer une nouvelle spirale vers les nuages. Mais encore une fois, au fur et à mesure que Sutcliffe s'approchait des nuages, sa vitesse chutait, et le moteur commençait à faiblir. Le décrochage était proche. A nouveau, Sutcliffe dut se remettre à l'horizontale pour reprendre un peu de vitesse... et redevenir vulnérable.
A ce moment-l√†, un Bf-109 qui avait plong√© trop rapidement derri√®re Sutcliffe r√©ussit √† freiner √† temps pour venir juste √† c√īt√© du Razorback. Les deux appareils semblaient voler en formation...
L'Allemand regarda l'Américain et secoua la tête, comme pour dire : "T'es un homme mort. Tu ne vas pas t'en sortir."
En guise de réponse, Sutcliffe lui secoua la tête en retour, comme pour le défier. Puis le combat reprit.
A ce moment-là, la vitesse des deux appareils étaient au plus bas et ils pouvaient décrocher à tout moment. Ils battaient des ailes pour essayer de garder l'équilibre le plus longtemps possible. Puis Sutcliffe vit le nez du Bf-109 se glisser lentement à l'horizontale. L'Allemand jouait du palonnier pour se placer derrière lui !
Sans perdre une seconde, Sutcliffe tira sur le manche tout en braquant l'aileron droit et les gouvernes. Il effectua un tonneau barriqu√© impeccable en passant "par dessus" l'Allemand, et bascula aussit√īt vers le sol. Comme la fois pr√©c√©dente.
Sutcliffe se r√©tablit au ras des arbres et entama une troisi√®me spirale montante. Alors, des balles tra√ßantes entour√®rent son cockpit. Un Bf-109 s'√©tait gliss√© dans son angle mort. L√† o√Ļ un pilote de P-47 ne pouvait pas regarder en arri√®re !
Les obus de 20 mm criblèrent son appareil, et l'un d'eux frappa même le blindage de son dos, sans le traverser, heureusement.
A nouveau, manche, aileron et gouvernes. Tout en parfaite coordination. Et l'énorme chasseur rebascula vers le sol, la tête en bas. Sutcliffe tira de toutes ses forces sur le manche pour redresser, mais les commandes devenaient molles. Son avion était touché cette fois...
Sutcliffe cala ses pieds contre le tableau de bord et, d'un effort surhumain, parvint √† r√©tablir l'appareil entre les arbres. Sutcliffe transpirait √† grosses gouttes, et √† bout de forces. Ses membres tremblaient. Et sut que c'√©tait maintenant o√Ļ jamais. Sa prochaine tentative serait la derni√®re...
Une fois ses esprits retrouvés, Sutcliffe entama la quatrième spirale. A une altitude de 500 mètres, un Bf-109 quitta la "roue" et plongea vers lui.
L'Allemand arrivait depuis les dix heures de Sutcliffe et commen√ßait √† tirer. Sutcliffe joua des palonniers et √©vita les balles. Le Bf-109 freina et parvint √† se glisser juste √† c√īt√© de Sutcliffe. Tout en continuant √† monter vers les nuages, Sutcliffe tourna la t√™te et regarda l'Allemand. Ce dernier lui rendit le regard, et grimpa √† c√īt√© de l'Am√©ricain. Le Bf-109 tenta de se glisser derri√®re le Razorback √† maintes reprises, mais sans succ√®s.
Finalement, au bout de dix-huit minutes d'une lutte à mort, Sutcliffe atteignit les nuages et la sécurité. Il vit le Bf-109 le suivre encore pendant un moment dans les nuages, puis il vira à droite pour redescendre vers ses congénères. Le combat était fini.
Sutcliffe, √©puis√©, dut faire un atterrissage d'urgence sur l'un des a√©rodromes de la c√īte normande, se ravitailler, avant de reprendre la direction de l'Angleterre. Puis il parvint finalement √† ramener son avion √† bon port. Tout le monde √©tait surpris, son leader le premier. Car tout le monde le croyait mort (deux hommes √©taient m√™me en train d'essayer ses vestes). Mais heureusement pour Sutcliffe, il avait un P-47 Razorback ce jour-l√†, le plus r√©sistant de tous les chasseurs alli√©s.


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