USS INDIANAPOLIS (CA-35)

Toute l'actualité des aéronavales, des marines de guerre et, des aviations du globe

USS INDIANAPOLIS (CA-35)

Messagepar Guns » Mar 29 Juin 2010 13:32

Image

La genèse

À la conférence de limitation des armements navals qui s’était tenue en 1921, il fut décidé que les bâtiments de guerre classés dans la catégorie des croiseurs auraient un déplacement maximal de 10.000 tonnes. Cette conférence aboutit au fameux Traité de Washington, mais très rapidement, de nombreuses nations passèrent outre les réglementations de ce traité. Les « nouveaux bâtiments » de fort tonnage prirent alors le nom de croiseurs lourds. Et ce fut dans cette catégorie que le CA-35 INDIANAPOLIS, un croiseur de la classe PORTLAND, vit le jour. Deuxième navire américain à porter le nom de la ville d'INDIANAPOLIS, sa construction débuta le 31 mars 1930 au New York Shipbuilding de Camden, dans le New Jersey. Il fut lancé le 7 novembre de l’année suivante, et commissionné au Philadelphia Naval Shipyard le 15 novembre 1932. Mais ce croiseur fut surtout célèbre pour le triste destin qui l’attendait, en l’occurrence son naufrage et le sort réservé à son équipage. Naufrage qui reste jusqu’à ce jour le plus meurtrier de l'histoire de la marine américaine.


L’USS INDIANAPOLIS au combat

Contrairement au reste de la Flotte du Pacifique, l’INDIANAPOLIS échappa au carnage du 7 décembre 1941, car il se trouvait à ce moment-là au large de l'île Johnson au sud-ouest d'Hawaii, à simuler un bombardement. Entre 1942 et 1943, il participa activement aux nombreuses campagnes qui s’étaient déroulées dans le Pacifique, telles que la conquête de Saïpan, de Guam, des Mariannes, d’Iwo Jima. Au mois de mars 1943, il devint même le navire amiral de Spruance, avant d’être gravement endommagé à Okinawa l’année suivante. Le croiseur retourna aux Etats-Unis pour de grandes réparations, ainsi que d‘importantes modifications, puis il fut de nouveau prêt à reprendre la mer. Au mois de juillet 1945, le croiseur reçut l’ordre d’accomplir une mission de la plus grande importance : livrer des composants essentiels à la conception de « Little Boy » sur l’île de Tinian, la bombe atomique qui allait frapper plus tard la ville d’Hiroshima. Cette mission allait être la marche funèbre du navire vers son tragique destin…


La tragédie

Le 16 juillet 1945, l’USS INDIANAPOLIS leva l’ancre et quitta San Francisco, pour aller rejoindre l’île de Tinian, de l’autre côté de l’océan Pacifique. La mission était certes dangereuse mais simple, le croiseur devait, pendant son parcours, effectuer de grands détours, naviguer en zigzagant et voyager sans aucune escorte, afin de ne pas éveiller des soupçons de la part des Japonais. Et cette première partie de la mission fût accomplie avec succès le 26 juillet, c’est-à-dire dix jours plus tard. Puis, après avoir déchargé sa « cargaison » et s’être ravitaillé, le navire reprit aussitôt le chemin du retour, faisant toujours route loin des caps habituels et sans aucune escorte.
Le 30 juillet 1945, deux jours après son départ de Tinian, le croiseur lourd américain croisa le chemin du I-58 à la tombée de la nuit, un sous-marin japonais qui surveillait les environs. Et, à cause de l’équipement obsolète du navire, l’équipage du croiseur ne fut pas en mesure de détecter la présence de son bourreau. Comble de malchance, le capitaine McVay, commandant de l’INDIANAPOLIS, n’avait pas non plus été informé qu’un navire de l’US Navy, USS UNDERHILL, venait tout récemment d’être torpillé par un sous-marin japonais dans ces parages.

Vers 00h14, deux torpilles « Long Lance » frappèrent de plein fouet l’USS INDIANAPOLIS par son tribord, qui coula en l’espace de 12 minutes. Sur les 1.196 marins qui se trouvaient à bord du navire, environ 900 eurent le temps de se jeter à l’eau, avec parfois pour seul équipement un gilet de sauvetage individuel car, étant donné l’heure tardive, tout l’équipage dormait, excepté les hommes de quart. Quant aux autres, ils furent tués par les explosions en cascades, ou disparurent tout simplement avec le navire. Bien que certains membres de l’équipage affirment par la suite qu’un message de détresse fut envoyé, les autorités navales américaines affirmèrent n’avoir reçu aucun signal. Certains prétendirent qu’ils avaient ignoré l’appel, croyant à une ruse japonaise pour envoyer des secours dans un secteur dangereux. Les services d’intelligence décodèrent cette nuit-là un message provenant du I-58 à l’intention du Japon, dans lequel il prétendait avoir coulé un navire américain, mais ce message fut également ignoré.

A 00h30, lorsque le commandant Hashimoto, commandant du I-58, scruta à nouveau dans son périscope, l’INDIANAPOLIS avait déjà disparu des flots. Après constatation du torpillage, Hashimoto ordonna à son officier de navigation de reprendre la manœuvre. Avec fierté, mais sans haine ni satisfaction, il consigna calmement les évènements de la nuit et ordonna de faire recharger les batteries, avant de reprendre sa route vers le nord, à pleine vitesse. A ce moment-là, Hashimoto était loin de douter que, s’il avait coulé ce même navire cinq jours plus tôt, il aurait certainement changé tout le cours de la Deuxième Guerre Mondiale, voire le cours de l’Histoire tout simplement. Pendant ce temps, ignorés de tous, les rescapés de l’INDIANAPOLIS se laissaient ballotter dans une eau glacée. Certains indemnes, mais d’autres plus ou moins blessés par les explosions. Sous leurs pieds se trouvaient pratiquement près de cinq kilomètres d’eaux noires, froides, profondes et terrifiantes. Et pour couronner le tout, certains d’entre eux se vidaient lentement de tout leur sang dans cette eau grouillante de prédateurs pélagiques.

Le matin suivant, les premiers ailerons firent leur apparition au milieu des vagues. Tout d’abord curieux et observateurs, les sélaciens prirent peu à peu de l’assurance, et souvent venaient heurter voire érafler les peaux déjà rongées par le sel marin, et le sang qui se répandait commençait à les rendre fous furieux. Alors, les hommes se regroupèrent, formant des cercles de défense, un peu comme faisaient autrefois les fantassins dans les guerres napoléoniennes. Loin d’imaginer que leur appel de détresse avait été ignoré et qu’aucun secours ne leur avait été envoyé, les hommes gardaient toujours le moral. Cependant, leur optimisme allait vite s’estomper durant l’après-midi de cette deuxième journée car, d'après les descriptions des rescapés, les requins qui tournaient autour d'eux n'étaient autre que le Requin océanique, un prédateur très agressif et obstiné. Les hommes tapaient dans l'eau ou criaient de toutes leurs forces pour les faire fuir. Cela suffisait pendant un moment... jusqu'à ce qu'un des requins, rendu fou par le sang dans l'eau, refusa de fuir devant les gesticulations de sa proie et avança jusqu'à happer dans la chair tendre d'un grand coup de mâchoire, et ce fut le signal de la curée...

A l’aube du troisième jour, les requins arrivaient par centaines, venant carrément piocher dans ce "garde-manger" vivant. En proie à une terreur sans nom et à l’épuisement, certains hommes devenaient tout simplement fous. Et au milieu des hurlements et des bruits de lutte, l’eau alentour devint rouge. Selon les témoignages des rescapés, les naufragés disparaissaient à un rythme de six à l’heure. Depuis le premier jour du naufrage, les hommes avaient bien aperçu des avions dans le ciel, mais ils étaient généralement trop haut et trop loin. Ils avaient bien essayé d’attirer leur attention grâce aux réflecteurs que possédaient certain des gilets de sauvetage. En pure perte. Aux dires des survivants, cette troisième journée était de loin la plus difficile. Les requins, qui avaient disparu durant la nuit, étaient de retour et encore plus nombreux que la journée précédente. Plusieurs attaques eurent lieu au milieu des cercles compacts, là où se trouvaient les hommes déjà blessés. Terrorisés et impuissants, nombreux furent ceux qui durent regarder leurs compagnons d’infortune se faire dévorer devant leurs yeux. La mort était partout, la peur et le désespoir finirent par briser le moral des derniers aguerris.

Le quatrième jour, le moral était au plus bas, beaucoup étaient morts. Déshydratés et découragés, les survivants savaient qu’ils pouvaient tous être happés par des mâchoires acérées à tout moment, sans pouvoir rien faire. Ce fut alors qu’un avion de patrouille repéra les naufragés. Par accident. C’étaient les lieutenants Chuck Wilber et Warren Colwell, durant une patrouille aérienne de routine. Et, aussitôt leur appel de détresse reçu par le Quartier général, toutes les unités de la région capables de secourir les survivants furent envoyées dans le secteur, à toute vapeur.
Le premier avion de secours à rejoindre le lieu du naufrage fut un hydravion PBY Catalina, piloté par le lieutenant Adrian Marks. Il largua aussitôt tous ses radeaux de survie. Trois au total. Puis il largua aussi des vivres et du matériel de survie aux naufragés. L’équipage de l’avion fut horrifié de constater que certains d’entre eux se faisaient dévorer par les requins sans même pouvoir se défendre. Marks, ignorant volontairement l’ordre qu’il avait reçu de ne pas se poser, amerrit et tenta de sauver les quelques nageurs isolés, avant qu’ils soient attaqués. Une fois que l’avion fût rempli de survivants, l’équipage de l’avion attacha des cordes de parachutes sous les ailes, afin de suspendre des survivants et de les garder hors de l’eau. Les ailes de l’avion furent d’ailleurs tellement abîmées, qu’il ne put jamais redécoller après le sauvetage. Marks et son équipe sortirent en tout 56 hommes de l’eau.

Durant la nuit, le destroyer USS CECIL DOYLE arriva sur les lieux, mais il ne put trop s’approcher des survivants, de peur de les tuer dans l’obscurité. Il se dirigea donc vers le Catalina et commença à transférer les survivants qui se trouvaient dans l’avion, puis il braqua son phare de recherche vers le ciel, mettant ainsi sa propre sécurité en jeu, afin d’indiquer aux autres navires la route à suivre pour atteindre les survivants. Cette lumière fut le premier signe, pour les rescapés de l’INDIANAPOLIS, que les secours étaient enfin arrivés. Mais pour beaucoup, cette nuit allait être longue et froide. Tout comme les précédentes. Quant au Catalina, il était ballotté comme un fétu de paille, sans ancre ni attache, simplement immobilisé par son poids. Finalement, tous les hommes accrochés à l’avion furent montés un à un à bord du destroyer. Pour des raisons de sécurité, il fallut encore attendre le lever du jour, à savoir le cinquième, pour pouvoir commencer le repêchage des derniers hommes retenus par leur gilet de sauvetage. Et ce fut à ce moment précis que beaucoup d’hommes perdirent le peu de raisons qui leur restait, en attendant leur tour d’être hissés hors de cette eau noire grouillante de dents aiguisées comme des lames de rasoirs. Les recherches pour retrouver d’autre survivants allaient se poursuivre jusqu’au 8 août. Finalement, sur les 900 marins qui avaient survécu au naufrage de l’INDIANAPOLIS, seuls 317 furent sauvés. Les squales s'étaient occupés du reste... Mais finalement, le pire des sorts ne fut pas celui d'être dévorés vivants par les requins, mais d'être abandonnés et oubliés de tous, alors qu'ils étaient encore conscients, et mourant lentement de soif, de froid et de déshydratation. Et dans l'immensité du Pacifique, il était quasi certain que nombre de rescapés de l'INDIANAPOLIS ne furent jamais repérés ni secourus. Eux avaient vraiment vécu le pire...

L’USS INDIANAPOLIS fut l’un des derniers navires de la marine américaine à avoir été coulé par l'ennemi lors de la Seconde Guerre Mondiale. Sa tragédie fut probablement l’une des pires de l’histoire navale, mais aussi l’une des plus terrifiantes. En dehors du naufrage du NOVA SCOTIA survenu en 1942, celui de l'INDIANAPOLIS reste à ce jour l'un des seuls témoignages d'attaques "massives" de requins. Les récits des survivants étaient poignants et déchirants. Leurs descriptions détaillées ne laissent planer aucun doute, tout porte à croire qu'il s'agissait essentiellement du tristement célèbre Carcharinus Longimanus, ou Requin océanique. Ce requin pélagique de grande taille (2.5 m à 4 m) est toujours le premier présent sur les lieux de naufrages ou d'accidents, et est tributaire d'au moins 75% des attaques en eaux profondes. D'ailleurs, ce requin fut le principal responsable du carnage du paquebot NOVA SCOTIA, où seules 192 personnes purent être sauvées... sur un total de 1.000.

Jusqu'à présent, la marine américaine refuse toujours de reconnaître avoir négligé les trois SOS expédiés par l’INDIANAPOLIS, en ce 30 juillet 1945. Trois stations radio avaient pourtant reçu le signal cette nuit-là. Seulement, dans la première le commandant de garde était ivre, dans la seconde il était absent et dans la troisième, il crut tout simplement à une blague. Le capitaine Charles McVay III, commandant de l'INDIANAPOLIS au moment de son naufrage, fit partie des survivants et fut donc traduit en cour martiale. Il allait être accusé de négligence, pour ne pas avoir ordonné l'évacuation de son navire assez rapidement, et surtout, ne pas avoir zigzagué cette nuit-là. Mais il fut finalement acquitté pour la première accusation mais reconnu coupable pour la seconde. Quelques années plus tard, McVay rencontra le commandant Hashimoto, le commandant du I-58, et eut une discussion avec lui. Hashimoto lui avoua qu'il ne lui fut pas facile par la suite de survivre à ces événements. Puis, le 6 novembre 1968, l'INDIANAPOLIS fit sa dernière victime : le capitaine McVay s'ôta la vie.


Image
Deux torpilles japonaises frappèrent l'INDIANAPOLIS sur tribord
Image
Carcharinus Longimanus ou Requin océanique


Données techniques de l'INDIANAPOLIS

Image
CA-33 Portland (sister-ship du CA-35 Indianapolis)
Sources : Wikipedia
Avant de nous lier connaissance, je vous recommande chaudement de vous initier à notre modus vivendi... Qu'en dites-vous ?

Image


Vous vous sentez invincible ? Venez m'affronter ici : http://challengers.mohja.fr
Avatar de l’utilisateur
Guns
Modérateurs Globaux
Modérateurs Globaux
 
Messages: 2473
Inscription: Dim 6 Juin 2010 18:26
Localisation: Clichy, France
Medals: 9
Modo (1) Contribution exceptionnelle (1) contribution (1) Assiduité au forum (1)
dossier 1ere classe (1) Rédacteur site web Aero-PA (1) Rédaction de qualité (1) Membre fondateur+1 an d'ancien (1)
+3 ans d'ancienneté (1)

Re: USS INDIANAPOLIS (CA-35)

Messagepar vigi » Mar 29 Juin 2010 21:50

Je connaissais cette terrible histoire, que j'avais entendu conté dans mon enfance à la radio, par un certain...

Pierre Bellemare et son émission "les histoires extraordinaires"...ça me rajeunit pas, c'était l'époque ou les télévisions n'était pas dans tous les foyers Français. :D


J'ignorais par contre la fin tragique du Commandant...terrible...pauvre homme. :(
----When you're out of F-8's you're out of fighters----
ImageImage

Un besoin, une question, un sujet ?...Consultez les index avant de créer un nouveau sujet
N'oubliez pas de lire le règlement du forum!

Agissez comme s'il était impossible d'échouer.
Sir W. Churchill
Image
Avatar de l’utilisateur
vigi
Administrateur du site
Administrateur du site
 
Messages: 5338
Inscription: Dim 6 Juin 2010 17:26
Medals: 5
Admin (1) carriere militaire (1) dossier technique de qualité (1) récits et histoire vécu (1)
Membre fondateur+1 an d'ancien (1)

Re: USS INDIANAPOLIS (CA-35)

Messagepar Guns » Mar 29 Juin 2010 22:01

Alors, on était deux à écouter cette tragédie racontée par Pierre, Vigo... :D
Avant de nous lier connaissance, je vous recommande chaudement de vous initier à notre modus vivendi... Qu'en dites-vous ?

Image


Vous vous sentez invincible ? Venez m'affronter ici : http://challengers.mohja.fr
Avatar de l’utilisateur
Guns
Modérateurs Globaux
Modérateurs Globaux
 
Messages: 2473
Inscription: Dim 6 Juin 2010 18:26
Localisation: Clichy, France
Medals: 9
Modo (1) Contribution exceptionnelle (1) contribution (1) Assiduité au forum (1)
dossier 1ere classe (1) Rédacteur site web Aero-PA (1) Rédaction de qualité (1) Membre fondateur+1 an d'ancien (1)
+3 ans d'ancienneté (1)

Re: USS INDIANAPOLIS (CA-35)

Messagepar Connie » Mer 30 Juin 2010 09:02

C'est une histoire que je ne connaissais pas.
Elle me fait penser à un certain paquebot transatlantique britannique, les requins en moins bien sur!! dans le sens ou l'on reste un spectateur, un lecteur, vivant cette tragédie.
Impression due au fait que le sujet est rondement bien mené ;)
Fiche très instructive :)
Les mythes que nous tissons reflètent inévitablement un fragment de vérité éternelle
J. R. R. Tolkien
Avatar de l’utilisateur
Connie
enseigne de vaisseau
enseigne de vaisseau
 
Messages: 713
Inscription: Lun 14 Juin 2010 13:07
Medals: 8
carriere militaire (1) contribution (1) Assiduité au forum (1) Animation du forum (1)
Rédaction de qualité (1) courtoisie et politesse (1) Membre fondateur+1 an d'ancien (1) +3 ans d'ancienneté (1)

Re: USS INDIANAPOLIS (CA-35)

Messagepar MASH » Jeu 1 Juil 2010 16:26

Superbe fiche...
et notre gunsounet a quand même un beau bout de plume...
La vie est une maladie sexuellement transmissible... constamment mortelle
Avatar de l’utilisateur
MASH
enseigne de vaisseau
enseigne de vaisseau
 
Messages: 728
Inscription: Ven 11 Juin 2010 11:00
Localisation: Seignosse 40 / Bayonne 64
Medals: 6
contributeur (1) contribution (1) Assiduité au forum (1) Animation du forum (1)
Rédaction de qualité (1) Membre fondateur+1 an d'ancien (1)


Retourner vers Histoire et actualités

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 3 invités