Ravitaillement en vol, quézako ?

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Ravitaillement en vol, quézako ?

Messagepar nanard » Mer 21 Mar 2012 15:56

Pour nos arm√©es a√©riennes, le ravitaillement en vol, principalement dans nos contr√©es, s'effectue √† partir d'un Boeing C 135 FR, c'est √† dire un v√©n√©rable Boeing 707 en version ravitailleur. Les 14 avions disponibles sont arriv√©s en France √† partir du 26 septembre 1964, expliquant l'adjectif de v√©n√©rable, bient√īt 50 ans de services !!! Bien s√Ľr, on a chang√© les r√©acteurs fumants (les m√™mes que le Crouze) et un peu poussifs, expliquant le R pour Remotoris√©s (le F √©tait bien s√Ľr pour version Fran√ßaise).
Au jour d'aujourd'hui, il dispose de trois points de ravitaillement possibles, le point ventral initial conservé avec sa perche rigide et deux nacelles situées en bout d'ailes, chacune munie d'un enrouleur de flexible distributeur. Les pilotes de chasse préfèrent largement les pods d'ailes, ceux des AWACS, on ne leur demande pas leur avis, c'est la perche, point barre. Dans les deux cas, la distribution du précieux liquide se fait au rythme de 1 tonne par minute.
Cette nouvelle disposition en trois points, demande encore plus de rigueur dans le respect des procédure, les caméras diurnes de l'avion ravitailleur suivant les évolutions des avions assoifés, bien qu'à champs élargi, ne permettent pas une vision globale du dispositif.
Dernier point avant de s'abreuver, contrairement à des idées qui courent encore dans certaines têtes, le ravitailleur n'est pas une énorme citerne de kérosène volante. En fait, seules les anciennes soutes à bagages et fret du Boeing 707 ont été transformées en réservoirs, 10 au total avec ceux des ailes, contenant 83 tonnes de kérosène, servant aussi bien aux ravitaillés qu'au ravitailleur. Ce total est portable à 89 tonnes, avec des upper tank deck, des réservoirs supplémentaires arrimés sur le plancher. Au-dessus de ce dernier, peuvent prendre place, 102 passagers assis, sans hublots, ou 33 seulement en EVA.SAN, mais avec 40 civières, ou 25 à 32 tonnes de fret sur palettes.
L'√©quipage se compose de quatre personnes, pilote, copilote, navigateur et boomer, ce dernier ayant des cadences infernales, puisqu'il cumule le r√īle de m√©canicien d'appareil et d'op√©rateur de ravitaillement en vol. Avions et √©quipages font partie de l'arm√©e de l'Air, sont bas√©s √† Istres, au sein de l'Escadron Bretagne.
Comment se déroule un ravitaillement en vol ?
En premier lieu, le C 135 FR se place au FL (Flight Level) 285, soit 28 500 pieds sur une zone de rencontre prédéterminée, formant un hippodrome autour d'un axe connu ou annoncé, selon que l'on soit en exercice ou en guerre, comme en Afghanistan. Un premier contact radio est établi par les avions à ravitailler, le ravitailleur confirmant l'heure de rendez-vous et les éventuelles conditions de vol particulières.
Le boomer rev√™t alors ses √©quipements de s√©curit√© (parachute, gilet de sauvetage, casque) et rejoint son compartiment de travail √† l'arri√®re de l'appareil, se raccordant aussit√īt sur les r√©seaux d'oxyg√®ne et radio du bord. En premi√®re analyse, il b√©n√©ficie d'une position de travail enviable, √† plat ventre sur un matelas et seul b√©n√©ficiaire de la plus belle vue qu'il soit de vivre sur le ciel, d√®s qu'il ouvre la sighting door (porte d√©gageant les fen√™tres de vision). Toutefois, quand la temp√©rature est agr√©able en poste avant, il grelotte dans son r√©duit, obligeant le reste de l'√©quipage √† vivre dans un sauna pour qu'il dispose d'une temp√©rature humaine.
Les ravitaillables sont encore, à cet instant, à 1 minute derrière le tanker dont la vitesse s'est stabilisée à 300 noeuds. C'est la phase de rejointe qui se précise, elle est définitivement autorisée par le pilote de la citerne en vérifiant, simultanément, le bon fonctionnement du circuit de transfert.
Le boomer lui, demande l'autorisation de descendre la perche rigide, signalant son acquisition visuelle des chasseurs. Deux avions se présentant et pour éviter tous risques durant le futur transfert, qui reste une opération présentant des risques, l'indicatif radio de chaque appareil sera suivi d'Alpha pour le premier servi, Bravo pour le second.
Sur accord radio du boomer, Alpha, jusque l√† situ√© √† droite du panier de ravitaillement, se met dans l'axe de la perche, √† 5/10 m√®tres du panier qui flotte √† l'horizontale, tandis que le boomer a la main sur ma manette permettant la r√©tractation rapide de la perche au cas o√Ļ...Apr√®s que le pilote l'ait signifi√© par radio au premier assoif√©, le tanker attaque un des virages de son hippodrome alors que, sur autorisation du boomer, le chasseur gagne la distance manquante, √† une vitesse qui n'est sup√©rieure que d'un m√®tre/seconde √† celle de la nounou.
Il fr√īle le panier de sa perche de ravitaillement et vient s'amarrer au fond, seulement retenu par le diff√©rentiel de vitesse, stade aussit√īt retransmis par le boomer √† l'√©quipage en poste avant, le copilote d√©marrant alors les pompes qui vont transf√©rer le k√©ros√®ne √† raison d'une tonne √† la minute, ce d√©bit pouvant toutefois √™tre modul√© entre les "habitu√©s" et les jeunes pilotes en instruction.
Une fois le plein fait et annoncé par le copilote, après vérification du débitmètre, le chasseur ralenti très légèrement sa vitesse pour sortir du panier, sur accord du boomer qui l'autorise ensuite à se placer à la gauche de celui-ci, laissant la place disponible pour son coéquipier qui attendait à droite de la perche.
Le plein est fait, en avant pour de nouvelles aventures !
nanard
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