Mitsubishi A6M "Zeke"

Mitsubishi A6M "Zeke"

Messagepar vigi » Mer 12 Juin 2013 15:45

Premier vol : 1er Avril 1939
Mise en service : Mai 1940
Retrait :

Le Mitsubishi A6M Zeke code allié Zero…
S’il devait y avoir un avion porté par la Légende, ce serait assurément ce dernier.
Lorsque l’on parle de chasseurs de la Deuxième Guerre Mondiale, le Zero fait partie des appareils les plus cités, et si l’on réduit ce conflit au simple théâtre du Pacifique, il prend la première place.
D’ailleurs lorsqu’on évoque la Guerre du Pacifique, l’A6M est partout, dans toute les batailles, pourtant le Japon n’a pas aligné que lui, l’A5M Claude, le Ki-43 Oscar, le Ki-61 Tony… et bien d’autres, mais non rien n’y fait, les pilotes alliés les premiers voyaient des A6M partout !
Il est vrai que les profils des chasseurs japonais étaient pour certains très similaires, de plus pour excuser un peu les confusions de l’époque, l’A6M va resta en première ligne jusqu’au dernier jours du conflit.
Comment un tel appareil a-t-il put à ce point marquer l’histoire aéronavale ?

Pour mieux comprendre comment l’A6M a marqué son époque, il faut regarder les années qui ont précédé le programme 12-shi de la Marine Impériale.
A l’issue de la Première Guerre Mondiale, et même jusqu’à la déclaration de la Seconde Guerre, les puissances occidentales considéraient le Japon comme une nation incapable de développer une industrie d’armement moderne et, entièrement tributaire de ce que l’occident voulait bien lui donner.
Si ce constat fut possible dans les années 1920, où les ingénieurs japonais venaient en force en Angleterre, en France et en Allemagne pour s’instruire et que, dans le même temps, le Japon faisait venir chez lui de nombreux ingénieurs occidentaux pour les aider à développer des programmes industriels, qui était le plus souvent de simples accords de licence.
Les choses commencèrent à sérieusement évoluer au début des années 1930, mais la suffisance des puissances coloniales occidentales associés à un aveuglement du même cru ne vit pas (ou ne voulut pas voir) ce changement.
Pourtant, les signes Ă©taient bien lĂ .
L’industrie aéronautique nippone avait pris son envol avec des firmes comme Aichi, Nakajima ou Mitsubishi, certes ces industries n’étaient pas conçu sur le modèle occidental, elles étaient en fait une association de plusieurs petit industriels qui se rassemblaient sous un nom commun, choix d’ailleurs très discutable, car il empêchait de concevoir une production de masse. Le Japon le comprendra mais bien trop tard durant la WW II.
Autre point qui aurait due éveiller les soupçons, l’arme aéronavale.
Si l’Angleterre fut la première à penser porte-avions, le concept restait ancré dans la conversion ou l’adaptation de bâtiment de ligne en navire capable de faire décoller et apponter des aéronefs, avec des missions de patrouille et de lutte anti-sous-marine.
La Marine Impériale, et surtout un certain amiral Isoroku Yamamoto, pensaient le porte-avions comme une arme offensive de première frappe.
L’arme principale du porte-avions devenant alors son aviation…
Le changement était en marche, les alliés de la WW II allaient douloureusement le découvrir en 1941. La guerre Sino-Japonaise aurait dû les avertir, mais pour cela, il aurait fallu qu’ils s’y intéresse et ne prenne plus le Japon comme un pays sous-développé.

Maintenant que le décor est mis, il est temps de revenir à l’A6M Zeke.
Comme on vient de le voir, le Japon pensait son arme aéronavale en tant qu’outil offensif et non défensif.
Dans sa théorie d’expansion, les stratèges nippons envisageaient un contrôle du Pacifique, pour ensuite « verrouiller » les territoires conquis en menant une guerre défensive de position.
Il fallait donc que la Marine dispose d’armes capable d’annihiler les capacités de l’ennemi pour que ce dernier ne puisse pas répliquer. Frapper vite, fort, et avec des moyens nettement supérieurs à l’ennemi.
Ce concept fut approché avec le Mitsubishi A5M Claude, premier chasseur entièrement conçu et réalisé par une équipe japonaise.
Ce petit chasseur prouva sa valeur en Chine, où il étrilla les forces aériennes chinoises, mais alors que l’A5M n’avait pas encore été engagé au combat, la Marine savait qu’elle ne devait pas en rester là.
L’Amirauté émit alors la spécification 12-shi en Septembre 1937.
Cette dernière définissait le cahier des charges du futur chasseur embarqué de l’aéronavale nippone.
L’appareil devait être un monoplan capable de voler à 500 km/h, d’avoir une autonomie de deux heures en vitesse de croisière, de huit heures en régime économique avec des réservoirs supplémentaires largables, le régime économique étant fixé à 320 km/h. L’appareil devait pouvoir atteindre 3 300 m en 3 minutes et 30 secondes.
Ces exigences représentaient une augmentation de plus de 10% des performances par rapport à l’A5M Claude qui n’était pas encore entré en service !
Autant dire que pour l’époque, le cahier des charges relevait de la mission impossible.
D’ailleurs, sur les deux avionneurs sélectionnés, Mitsubishi et Nakajima, le dernier jeta l’éponge immédiatement, ses bureaux d’étude jugeant les demandes de l’Amirauté totalement irréalistes.
Chez Mitsubishi, le programme fit quand même un peu l’effet d’une douche écossaise, mais à la tête du bureau d’études, il y avait un homme, Jiro Horikoshi, un responsable de bureau d’études hors du commun, qui pour ne rien gâter était entouré de collaborateurs très performant, comme Toruo Tojo, Takeyoshi Moror, Sadahiko Kato, Yoshimi Hakenaka et, les ingénieurs moteur Denichiro Inouye et Shotaro Tanaka.
Tous ces hommes vont alors travailler pour répondre à ce défi technologique.
Le programme de Mitsubishi prit alors la désignation d’A6-M-1, chasseur embarqué de la Marine de Type 0.
Comme on le voit dans le cahier des charges, la Marine souhaitait surtout disposer d’un chasseur allant vite et loin, capable de décoller et d’apponter depuis un porte-avions pour aller frapper et détruire l’aviation ennemi au cœur de son territoire… Un chasseur entièrement tourné vers l’action offensive, le défensif étant laissé de côté et, avec ce point tout ce qui a trait à la maniabilité et au combat tournoyant.
Horikoshi conçu donc un appareil à l’aérodynamique poussée, agile, disposant d’une capacité en carburant optimum, d’un groupe motopropulseur à la fois puissant et économe en carburant, le tout avec un armement capable de donner l’avantage dès le premier tir avec deux mitrailleuses de 7,7 mm dans le nez et deux canons de 20 mm dans les ailes.
L’A6M Zeke se présentait comme un chasseur monoplace à aile basse à train classique rétractable.
Le prototype sortit des usines de Nagoya le 19 Mars 1939 et le premier vol eut lieu le 1er Avril de la même année.
L’A6M1 se révéla cependant décevant, le moteur surchauffait en raison d’une sous-motorisation, le freinage au sol était trop faible et d’inquiétantes vibrations en vols dues à l’hélice bipale furent révélées.
La motorisation fut revue avec un Nakajima Sakae 12 de 940 ch et, l’hélice fut remplacé parune tripale à pas constant, ce qui donna naissance au A6M2 Type 0 Modèle 11.
Le prototype de cette version effectua son premier vol le 28 DĂ©cembre 1939.
Gommant tous les problèmes de jeunesse du A6M1, le chasseur de Mitsubishi enthousiasma immédiatement la Marine qui commanda un premier lot de quinze appareil de pré-série, qui furent suivi par trente-sept autres appareils.
L’aile fut renforcée (vingt-deuxième appareil) pour supprimer le risque de « flutter » (vibrations à hautes fréquences entrainant la rupture mécanique d’une structure) qui fut découvert avec le crash du second A6M1. Le train d’atterrissage fut également modifié.
Ce ne fut qu’à partir du soixante-cinquième appareil, que l’A6M2 fut dotés d’extrémités de voilure repliable pour diminuer son encombrement à bord des porte-avions, l’A6M2 devenant alors un Type 0 Modèle 21.
La Marine avait une telle confiance en son chasseur, qu’elle envoya ses A6M2 Modèle 11 de pré-série en Chine pour assurer la protection de ses bombardiers en Mai 1940.
Ce fut à ce moment que les forces occidentales (et chinoises cqfd) découvrirent avec effroi ce nouveau chasseur.
L’A6M2 surclassait tout ce qui existait à l’époque.
Le réveil sera terrible, la chasse chinoise se faisant littéralement étrillé par le chasseur de Mitsubishi, certains pilotes chinois préférant même sauter en parachute à la simple vue du chasseur nippon plutôt que d’engager un combat qu’ils savaient perdu d’avance.
Dans le même temps, l’A6M2 valida sa capacité de chasseur embarqué sur le porte-avions Kaga en effectuant une série d’essais à bord de ce porte-avions en Juillet 1940.
Mais l’A6M Zeke, qui reçut le nom de code allié Zero n’était pas invincible.
Le corps des volontaires américains du général Chennault, les Tigres Volants, qui évoluaient sur Curtiss P-40 avait remarqué les faiblesses du chasseur nippon.
Un taux de roulis très faible, une vitesse de piqué également limité et surtout une très faible résistance au moindre coup au but, qui provoquait au mieux un début d’incendie sur l’A6M, quand ce n’était pas une explosion pur et simple de l’appareil… Explosion qui n’était pas sans risque pour son adversaire d’ailleurs.
Malheureusement pour Chennault et peut-être aussi pour les Japonais, ces remarques furent balayé d’un revers de main dédaigneux par les stratèges alliés qui étaient encore persuadé que la Japon ne pouvait pas produire de chasseur performant. Les Anglais allant même jusqu’à assure que le Brewster Buffalo était un chasseur largement suffisant pour les unités de chasse des colonies des Indes… L’invasion de la Birmanie, des Indes Néerlandaises rappelèrent douloureusement ce manque de considération aux forces du Commonwealth, lorsque débuta la guerre du Pacifique en Décembre 1941.
Pour revenir aux conclusions de Chennault et comprendre pourquoi l’A6M était finalement un géant aux pieds d’argiles, il faut se souvenir de la fonction première de ce chasseur.
L’A6M était un vecteur offensif.
Son rôle était de surprendre l’ennemi « au nid », de l’attaquer et de rentrer à bord du porte-avions, qui était placé bien au-delà du rayon d’action des chasseurs et bombardiers ennemis.
Un long rayon d’action et une vitesse de pointe supérieure aux chasseurs de l’époque, tels avaient été les exigences de l’amiral Yamamoto.
Mais si Misubishi disposait d’ingénieurs talentueux, ils n’en étaient pas pour autant des magiciens.
Ce que le Zero donnait d’un côté, il devait le rendre de l’autre.
Sa vitesse, son agilité et, son rayon d’action était obtenu au détriment de la maniabilité (taux de roulis) et surtout de la protection. L’A6M ne disposait d’aucun blindage, ses réservoirs de carburant n’étaient pas protégés et n’étaient pas auto-obturant, le moindre impact dans ces derniers provoquant soit un incendie, soit une explosion fatale à l’appareil et à son pilote.
La structure allégée au maximum de l’A6M limitait sa résistance aux accélérations, les fameux g.
Les pilotes japonais ne pouvaient donc pas s’engager dans des piqués à fort angle ou dans des virages serrés à haute vitesse.
Quant au faible taux de roulis, il Ă©tait dĂ» Ă  la conception mĂŞme de la cellule.

Ces défauts ne furent pas immédiatement remarqués par les pilotes alliés, en particulier par ceux de l’US Navy dotés du F4F Wildcat, car ils avaient en face d’eux des pilotes aguerris, surentrainés avec leurs campagnes en Chine et surtout qui savaient exploiter aux mieux les capacités du A6M Zeke, masquant ainsi ses défauts.
Les pilotes de la Navy se contentant de faire face du mieux qu’ils pouvaient toute en louant Grumman d’avoir conçu un chasseur qui pouvait encaisser aussi bien les impacts de 20 mm et de 7,7 mm pour ensuite les ramener à bord.
L’A6M dominait bien la chasse allié, mais la marge était faible, et elle ne fit que se réduire au fur et mesure que les mois passaient.
Le premier tournant fut la Bataille de la Mer de Corail où le Japon perdit un grand nombre de ses pilotes expérimentés.
Dans le même temps, Mitsubishi, suivant les directives de l’Amirauté, n’améliora pas énormément l’A6M… Le pouvait-il vraiment d’ailleurs, rien n’est moins sûr.
De leur côté les alliés, préparaient la riposte avec des chasseurs plus performants, le F6F Hellcat, le F4U Corsair.
Peu à peu le Mitsubishi A6M Zero perdait du terrain, mais le mythe était entré dans les mémoires, dans les deux camps.
Coté nippon, on croyait encore aux vertus passées de l’appareil.
Coté alliés, même si la peur de l’affrontement s’estompait, l’A6M restait un adversaire redoutable dans les mains d’un pilote chevronné… Mais ces derniers se faisaient de plus en plus rares.
La messe fut dite après la terrible bataille des Mariannes avec les fameuses deux minutes d’attaque de l’aviation embarqué US qui fit disparaitre ce qu’il restait de puissance aéronavale au Japon.
Le reste de la carrière de l’A6M ne sera alors qu’un supplice où le chasseur de Mitsubishi ne fut plus qu’une cible sans grand danger pour les chasseurs alliés. Mis entre les mains de jeunes pilotes à peine formés, ces derniers ne pouvaient plus rien face aux dernières versions de F6F Hellcat, du Corsair ou encore des P-51 et des P-38 de l’USAAF.
L’A6M rejoignit alors le reste de l’aviation nippone dans son combat aussi inutile que désespéré en effectuant des missions kamikazes.
Un autre point doit être évoqué pour comprendre le déclin de l’A6M.
Car malgré les gifles qu’infligeait le chasseur nippon à ses alliés, la suffisance des stratèges alliés avait la peau dure.
Il fallut attendre Juin 1942 et un coup du sort.
Un jeune pilote nippon, le Quartier-Maitre Koga effectua un atterrissage de fortune sur une ile déserte de l’archipel des Aléoutiennes. Tué en se brisant la nuque à l’atterrissage, le pilote laissait là un appareil quasiment intact, qui allait être découvert par un avion de reconnaissance de l’US Navy.
Il s’ensuivit alors une opération secrète, qui fut chargé de récupérer le chasseur, ce dernier étant ensuite convoyé aux USA à l’abri de tous les regards.
Cet A6M2 Modèle 21 appartenant au porte-avions Ryuyo fut alors testé à partir du mois de Juillet 1942. Etudié sous toutes les coutures, dans tous les domaines de vols, confronté à tous les chasseurs US de l’époque, le chasseur de Mitsubishi révéla alors toutes ses forces, mais surtout toutes ses faiblesses. Lesquelles furent rapidement et dument enseignées aux pilotes de l’US Navy et de l’USAAF.

Du coté japonais, avec la Bataille de l’ile de Guadalcanal « la sanglante », l’Amirauté avait désormais conscience que l’A6M2 était surclassé.
Elle ordonna alors à Mitsubishi d’améliorer son chasseur, ce qui allait donner naissance à l’A6M3 Type 32 et Type 22.
Malheureusement, ce n’était pas d’un A6M amélioré que l’armée japonaise avait besoin, mais d’un nouveau chasseur. Mais ce dernier n’était pas encore prêt.
L’avionneur Mitsubishi conçu donc l’A6M3, un Zero doté d’un nouveau moteur Sakae de 1 130 ch et les mitrailleuses de 7,7 mm avait été remplacées par deux canons de 20 mm, portant à quatre le nombre de ces armes qui se situaient désormais toutes dans la voilure.
En guise d’amélioration, l’A6M3 fut au final un appareil inférieur à l’A6M2 qu’il était censé remplacé.
Moins agile, avec un rayon d’action plus faible, entré en service à l’été 1942, époque où les alliés découvrait les faiblesses de l’A6M, la version A6M3 peut-être qualifié d’appareil raté voir inutile.

Face à l’échec de l’A6M3, Mitsubishi se vit confié la recherche d’une nouvelle version.
L’Amirauté avait maintenant accepté le fait que l’A6M ne représentait plus un programme d’avenir, mais les retards de développement de ses successeurs ne laissaient guère de choix.
Débuta alors le programme de l’A6M4.
Très prometteur, ce projet devait permettre au Zero de disposer d’un moteur lui permettant d’engager le combat à haute altitude, malheureusement, le développement de ce propulseur Sakae turbocompressé fut abandonné et seul deux prototypes de l’A6M4 furent construit.
Mitsubishi revint alors sur la base de l’A6M3 modèle 32 auquel il apporta des modifications, ce qui donna naissance à l’A6M5 Modèle 52.
Mais comment réussir l’exploit de sortir un appareil capable au minimum de combattre d’égal à égal avec les nouveaux chasseurs alliés, alors même que l’A6M3 était dépassé sur ce point ?
Le Zero Modèle 52 reçut une aile plus rigide, avec la suppression du système de repliage, ce qui améliorait la vitesse de piqué, mais ne la rendait pas égale et encore moins supérieure à celle des F4U Corsair et autres P-38 Lightning.
Cette vitesse de piqué fut portée à 660 km/h pour les Modèles 52 et passa même à 741 km/h à partir de la sous-version 52a grâce à l’augmentation de l’épaisseur du revêtement de voilure.
Mais ces appareils restaient toujours dépourvus de protection, la propension à prendre feu ou à exploser au moindre impact de balle restait identique aux versions précédentes.
Avec le Modèle 52b, les pilotes disposaient enfin d’un pare-brise blindé et d’extincteurs pour les réservoirs, à défaut de supprimer le risque d’explosion des vapeurs, le feu d’un réservoir plein pouvait au moins être combattu.
L’armement de son côté se compliquait un peu, même si les pilotes appréciait ce changement.
Une des mitrailleuses de 7,7 mm était remplacée par un de 13,2 mm.
Malgré ce manque de raisonnement logistique/armement avec 2x20mm, 1x 13,2 mm et 1x 7,7 mm. L’A6M5 Modèle 52b fut sans doute la meilleure version du Zero.
La dernière amélioration importante résidait dans la mise en place de pipes d’échappement dites propulsives, le flux des gaz brulés étant orientés de manière à fournir le plus de poussée motrice possible.
La complexité de construction de l’appareil, qui empêchait de la fabriquer par module, l’ensemble de la cellule devait être construite par le même atelier en raison de la conception en un seul bloc de la voilure qui imposait des réglages complexe lors de son assemblage avec le fuselage, associé aux bombardements de plus en plus fréquents sur le Japon, mirent à mal la capacité de production du Modèle 52 en général et du 52b en particulier.

A la fin du conflit, alors que le sort était scellé, Mitsubishi produisit la version A6M7.
Le Zero devenait avec cette version un bombardier en piqué.
L’appareil était doté d’un lance bombe qui permettait l’emport d’une arme de 250 ou 500 kg et d’une section arrière à la structure renforcée.
Désormais incapable de reprendre quelques actions offensives, l’ensemble de la production de ces A6M7 fut versée aux unités kamikazes.

Comme tous les perdants de la Seconde Guerre Mondiale, le Japon via Mitsubishi produisit une dernière version du Zero. L’A6M8 Modèle 54c.
Doté d’un moteur surpuissant, le Kinsei 62 de 1 560 ch, moteur réclamé par l’avionneur depuis plusieurs mois, mais que de ténébreuses luttes d’influences orchestrée par Nakajima avaient retardé.
L’appareil reprenait la structure du chasseur bombardier A6M7, avec un blindage désormais digne de ce nom et des réservoirs auto-obturant.
La Marine passa une commande pour 6 300 appareils alors qu’on était fin 1944 et que les raids journaliers des B-29 Superfortress laminait le sol du Japon.
Le prototype du 8c ne fut achevé qu’en Avril 1945 avec un premier vol durant le mois de Mai.
Incapable de faire face, manquant de tout, Mitsubishi ne put produire aucun A6M8.


Ce chasseur embarqué qui traversa la Seconde Guerre Mondiale depuis son engagement en Chine en 1940 et jusqu’à la capitulation du Japon en 1945 connu également des versions à la notoriété moins établie.

L’A6M2-K biplace.
Cet appareil issu de l’A6M2 Modèle 21 était un biplace d’instruction et d’entrainement.
L’armement lourd de voilure, à savoir les canons de 20 mm, et la suppression des trappes de train permettait de compenser la masse supplémentaire générée par l’implantation d’un second poste de pilotage en tandem. L’instructeur prenait place dans le poste arrière qui conservait la verrière d’origine, tandis que l’élève prenait place au poste avant qui était un cockpit ouvert.
La production totale d’A6M2-K fut de cinq-cents huit appareils, produit par deux sous-traitants de Mitsubishi. Le 21eme Arsenal d’Omura qui en fabriqua deux-cents trente-six et Hitachi qui en produisit deux-cents soixante-douze.

Il y eut également l’hydravion A6M2-N qui en raison de sa carrière assez exceptionnelle fera l’objet d’une autre fiche.

A noter également que quelques A6M5 furent affectés à la chasse de nuit. Ces quelques appareils reçurent une modification de l’armement directement en unité, en étant équipé d’un canon de 20 mm monté derrière le cockpit verticalement et incliné à 30° en tir vers l’avant.

Il est impossible d'Ă©tablir avec certitude la production totale d'A6M, car outre les sous traitants comme Hitachi et les arsenaux d'Omura, Mitsubishi fit fabriquer son chasseur par Nakajima.
Deux chiffres sortent cependant des flux divers et variés que l'on peut rencontrer:
10 449 appareils produits donné par les USA et l'US Strategic Bombing Survey
ou
10 094 appareils produits donné par Mitsubishi.


L'A6M "Zeke" Type 0 en chiffres:

A6M-2

Envergure : 12 m
Longueur: 9,06 m
Hauteur: 3,05 m
Surface alaire : 22,44 m²

Masse Ă  vide : 1 680 kg
Masse en charge: 2 420 kg
Masse maximum au décollage: 2 796 kg

Motorisation : 1 Nakajima NK1C Sakae 12 de 940 ch
Vitesse maximale : 534 km/h
Vitesse ascensionnelle : 1 370 m/min
Rayon d'action : 3 110 km (avec réservoir largable)
Plafond pratique : 10 300 m

Armement:
2x canon Type 99 de 20 mm dans les ailes
2x mitrailleuse Type 97 de 7,7 mm dans le capot-moteur
2x points d'emports pour des bombes de 30 ou 60 kg



A6M-3

Envergure : 12 m
Longueur: 9,06 m
Hauteur: 3,05 m
Surface alaire : 22,44 m²

Masse Ă  vide :
Masse en charge: 2 544 kg
Masse maximum au décollage:

Motorisation : 1 Nakajima Sakae 21 de 1 130 ch
Vitesse maximale : 558 km/h
Vitesse ascensionnelle :
Rayon d'action : 2 329 km
Plafond pratique : 11 050 m

Armement:
4x canons de 20 mm dans la voilure



A6M-5

Envergure : 11 m
Longueur: 9,12 m
Hauteur: 3,50 m
Surface alaire : 22,44 m²

Masse Ă  vide : 1 894 kg
Masse en charge: 2 743 kg
Masse maximum au décollage:

Motorisation : 1 Nakajima Sakae 21 de 1 130 ch
Vitesse maximale : 579 km/h
Vitesse ascensionnelle : 1 370 m/min
Rayon d'action : 1 922 km
Plafond pratique : 11 050 m

Armement:
2x canon Type 99 de 20 mm dans les ailes
1x mitrailleuse Type 97 de 7,7 mm dans le capot-moteur
1x mitrailleuse de 13,2 mm dans le capot-moteur
2x points d'emports pour des bombes de 30 ou 60 kg




A6M-7

Envergure : 10,99 m
Longueur: 9,23 m
Hauteur: 3,44 m
Surface alaire : 21,30 m²

Masse Ă  vide : 1 680 kg
Masse en charge: 2 410 kg
Masse maximum au décollage: 2 796 kg

Motorisation : 1 Nakajima Sakae 31a de 1 130 ch
Vitesse maximale : 542 km/h
Vitesse ascensionnelle :
Rayon d'action : 1 518 km
Plafond pratique : 10 180 m

Armement:
2x canon Type 99 de 20 mm dans les ailes
1x mitrailleuse Type 97 de 7,7 mm dans le capot-moteur
1x mitrailleuse de 13,2 mm dans le capot-moteur
1x point d'emport ventral pour une bombes de 250 ou 500 kg
2x points d'emports externe de voilure pour des réservoirs largables de 150 litres


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Sources:
Zero, Robert C. Mikesh & Rikyu Watanabe
Zero A6M, H.P. Willmott
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Re: Mitsubishi A6M "Zeke"

Messagepar Martial Velin » Sam 10 DĂ©c 2016 11:52

Le zéro n'était pas un avion de l'Armée de l'Air japonaise mais de la Marine. Les tensions continuelles entre ces 2 corps ont freiné le développement de leurs avions respectifs
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Re: Mitsubishi A6M "Zeke"

Messagepar vigi » Sam 10 DĂ©c 2016 19:52

Martial Velin a écrit:Le zéro n'était pas un avion de l'Armée de l'Air japonaise mais de la Marine. Les tensions continuelles entre ces 2 corps ont freiné le développement de leurs avions respectifs


??
Je ne parle pas dans mon descriptif de l'Armée de l'Air nipponne... J'avoue être perplexe sur ta remarque. :?
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