Le point sur les "Gripen" suisses Ă©ventuels

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Le point sur les "Gripen" suisses Ă©ventuels

Messagepar Teuf-Teuf » Mer 30 Avr 2014 18:28

Bonjour à tous les aviateurs aux pieds palmés et à tous leurs amis ou admirateurs !

Dans mon premier message sur l’achat éventuel de 22 Saab « Gripen » par la Suisse, j’ai parlé de « feuilleton », ajoutant que ce n’était pas terminé. Je n’imaginais même pas à quel point les événemets confirmeraient ces deux indications. Le feuilleton continue de plus belle, presque chaque jour, avec de nouvelles pièces importantes à verser au dossier. Cela devient si complexe, et ce serait si long à expliquer, que je préfère vous renvoyer aux sites suédois et suissses qui parlent de cette affaire. Une simple recherche sur << Saab Gripen >>, avec ou non << Switzerland >> ou << Suisse >>, devrait donner de nombreux résultats. Sur le site de Saab, vous trouverez probablement des textes en suédois (langue très facile à apprendre, mais quand même pas en 3 jours) et en anglais, mais pas en français. Sur les sites helvétiques, dont au moins un officiel (ministère de la défense), on a le choix entre le français et l’allemand, peut-être aussi l’italien et l’anglais. Vous y trouverez beaucoup plus de renseignements que je ne pourrais en donner (mais le « Gripen » E, la future nouvelle version, est encore classé secret en Suède, d’où la pénurie de détails), et aussi des photos, etc. Bonne lecture !

Je crains que le résultat de la votation (référendum en Suisse) du 18 mai ne soit encore incertain et que le « Non au Gripen » puisse l’emporter, notamment à la suite de grosses maladresses psychologiques et politiques, récentes, du ministre suisse de la défense, M. Ueli Maurer, et de l’ambassadeur de Suède à Berne (on se demande si l’on rêve…). En cas de « Non » au Gripen, il ne serait guère possible de passer outre ou de contourner la décision du peuple suisse.

NB : Saab signifie Svenska Aeroplan Aktiebolag, littéralement Société par actions aéronautique suédoise. Quand j’en parlais autour de moi vers 1972-75, en France et en Allemagne, les gens ne connaissaient que… les voitures Saab, pas du tout les avions, ce qui est assez paradoxal et montre jusqu’à quel point nos concitoyens sont bien informés car enfin, depuis la fin des années 1940, Saab (fortement appuyé par l’État suédois pour garantir l’indépendance militaire et la sécurité du pays) est l’un des rares constructeurs d’avions de combat à très hautes performances dans le monde, et ils sont devenus encore plus rares entre-temps. Il est vrai que les moteurs de ces avions sont toujours des moteurs étrangers produits sous licence, avec d’importantes modifications pour adaptation aux besoins particuliers de la Suède, par Volvo Flygmotor (Moteurs aéronautiques), renommé Volvo Aero Corporation. Je ne crois pas avoir jamais entendu parler de Saab ou de ses avions par la TV ou la radio françaises. C’est pourtant un sujet vraiment intéressant. Nota : les voitures Saab arboraient à l'arrière gauche, pas loin de la plaque d'immatriculation, le nom SAAB et un avion bimoteur en métal vu de face, hélices tournant. Ce n'était pas encore assez clair, notamment pour les journalistes.
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"Votation" sur les "Gripen" suisses

Messagepar Teuf-Teuf » Lun 12 Mai 2014 18:41

La Suisse va-t-elle commander définitivement les 22 "Gripen" ? Nous le saurons dimanche prochain, 18 mai, l'après-midi sauf erreur de ma part. Le résultat de la fameuse votation (le référendum) du 18 semble encore imprévisible bien que les sondages penchent pour le "Non", mais on gouverne un pays avec des lois, éventuellement des référendums, mais pas à coups de sondages. Donc, attendons le résultat réel sorti des urnes.

En attendant, si j'ose dire, la polémique et les discussions continuent en Suisse, y compris à la télévision. Il n'est pas facile de lutter contre la démagogie consistant à dire qu'il vaut mieux dépenser de l'argent pour les hôpitaux et les écoles que pour des avions de guerre "inutiles". Quand hôpitaux, écoles et autres équipements auront été détruits par l'aviation ennemie, d'où qu'elle vienne, il sera trop tard pour crier avec indignation : "Où sont nos avions ?" (Cf. la France en 1940.)

"22 avions" peut donner l'impression d'un enjeu dérisoire et négligeable. L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni (uni ?) possèdent chacun environ dix fois plus d'avions de combat que ces 22 (mais la Suisse a déjà 32 F-A 18 encore tout à fait présentables). Toutefois, en proportion de la population (Suisse 8 millions, Allemagne plus de 80), 22 avions suisses correspondent à au moins 220 avions allemands, voire 230. Ce n'est pas si dérisoire que cela. Avec les 32 F-A 18, ces 54 avions suisses correspondraient à environ 540 avions allemands...

Sur le plan industriel et commercial, vendre des "Gripen" à la Suisse serait, pour Saab et pour la Suède, une excellente référence de plus sur le marché international car la Suisse a la réputation justifiée d'un pays très moderne, très bien équipé et possédant des universités et une industrie parmi les meilleures du monde.

Pour finir, n'oublions pas que, parmi les trois avions finalistes (Rafale, Eurofighter-Typhoon II, Gripen), sans parler des avions éliminés avant la finale, c'est le Rafale qui a été jugé nettement supérieur : c'est aussi une excellente référence sur le marché et je suis sûr que Dassault en a conscience. Il est clair que Rafale et Typhoon II sont "surdimensionnés" pour la petite Suisse, qui n'a pas vraiment besoin d'avions bimoteurs (sécurité en cas de panne de moteur ou de dégâts subis au combat), ni d'une autonomie très importante, ni du ravitaillement en vol.
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Vote imminent sur les "Gripen" suisses Ă©ventuels

Messagepar Teuf-Teuf » Ven 16 Mai 2014 15:05

Bonjour, chers concitoyens,

Pour vous faciliter le travail si vous souhaitez compléter votre information au sujet des “Gripen” suisses éventuels, je reproduis ci-dessous deux adresses où l’on trouve de nombreux renseignements intéressants et des photos. ATTENTION : regardez bien la date de chaque article car certains sont récents mais d’autres remontent à février 2012 (presque 2 ans 1/2, ce qui est beaucoup pour un sujet d’une actualité brûlante) ; cela ne les empêche pas de donner des renseignements intéressants.

Les sondages sont encore "contre le Gripen", surtout en Suisse romande (francophone), mais attendons le résultat du vote.

Comme je l’ai déjà dit, et vous le savez bien, une simple recherche sur “Votation Gripen”, voire sur “Gripen” seul, donne de nombreux résultats.
La “votation” en Suisse aura lieu dimanche 18 mai, dans moins de 2 jours. Comme je l’ai déjà fait remarquer, 22 “Gripen” seulement pour la Suisse (8 millions d’habitants) correspondraient à environ 226 avions pour l’Allemagne (82 M), ce qui indique que cette question n’est nullement dépourvue d’importance (y compris pour la Suède et l’avenir éventuel de son futur avion Gripen E).

Voici les 2 adresses (URL) :
http://www.tdg.ch/suisse/gripen-rafale- ... 4363?track

http://www.tdg.ch/suisse/galeries.html?id=145142
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"NON" : rejet de cet achat par les Ă©lecteurs

Messagepar Teuf-Teuf » Lun 19 Mai 2014 17:20

Pas de « Gripen » pour la Suisse : c’est "NON"

Voici quelques remarques que j’ai publiées, ou que je vais publier, dans la presse et sur quelques forums :

Les électeurs suisses ont rejeté l’achat des 22 “Gripen”, lors du référendum du 18 mai 2014, par 53,43 % des suffrages exprimés, ce qui est supérieur aux prévisions des sondages (51 à 52 %). La Suisse occidentale (proche de la France et francophone) a voté massivement “contre” (d’environ 59 à 74 % selon les cantons ; 67,75 % de “Nons” dans le canton (y compris la ville) de Genève. La suisse alémanique (environ 72 % de la population) a voté pour le “Gripen” sauf les cantons de Zurich, Bâle (Basel) et Schaffhouse. Il semble qu’une partie importante des votes négatifs n’ait pas vraiment visé l’achat de cet avion mais ait servi de « revanche » à certains électeurs mécontents de processus politiques (suisses) antérieurs. Ce comportement est fréquent en France aussi. Dans ce cas, il a fait la différence.

Tous les détails sur le site suivant parmi d’autres, celui du quotidien suisse “Le Matin” :

http://www.lematin.ch/suisse/Le-Gripen- ... e=9efAwefu

L’aviation suisse n’aura plus qu’une trentaine de F/A-18 d’ici à environ un an. Au départ (vers 1997), elle en a reçu 34, dont 2 ont été détruits accidentellement depuis. Je crois probable qu’une trentaine seulement d’avions à hautes performances ne suffisent pas à assurer en même temps leurs missions courantes, même réduites, et la formation et l’entraînement de pilotes en nombre suffisant en cas de coup dur. En temps de guerre, les effectifs en avions et en pilotes diminuent très vite si des recomplètements et remplacements suffisants n’ont pas été organisés longtemps à l’avance, notamment avec de nombreux pilotes réservistes bien entraînés et même des avions tenus en réserve. Quant à attendre qu’un besoin d’avions se manifeste (en cas de crise grave, voire de guerre) pour en commander davantage, voire 100, 200 ou 300, c’est une dangereuse illusion (j’en ai déjà parlé) car, dans de telles situations, les très rares pays produisant des avions de combat de pointe (5 pays occidentaux au maximum, plus la Russie) les garderaient très probablement pour eux-mêmes et mettraient l’embargo sur les exportations (comme la France et d’autres pays le firent en 1939-40). De plus, il ne suffit pas de commander des avions de cette catégorie pour les recevoir le lendemain ! Il ne s’agit pas de pizzas. Le délai de livraison est habituellement d’au moins un à deux ans, plutôt deux qu’un, même en se dépêchant beaucoup. Par ailleurs, le pays demandeur aurait-il alors suffisamment de pilotes connaissant l’avion commandé ? Rien n’est moins sûr. « L’assurance ne paraît chère qu’avant l’accident » - cela s’applique aussi à l’équipement militaire, tout particulièrement les avions de combat modernes. Quand l’ennemi a détruit des villes, des voies ferrées et des centrales électriques, et tué des centaines de milliers d’habitants et de soldats amis, il est trop tard pour demander hypocritement « où sont nos avions ».

Jusqu’à présent, j’ai omis de préciser que ce vote ne portait pas directement sur le principe de l’acceptation ou du refus de l’achat des 22 « Gripen » mais sur le mode de financement choisi par le gouvernement, un fonds alimenté à raison de 300 millions de francs suisses (environ 244 M d’euros) par an pendant dix ans, prélevés sur le budget ordinaire de l’Armée (au sens large). Les électeurs ont donc rejeté ce mode de financement et, ipso facto, l’achat des « Gripen »… Cela revient au même, et l’âme du mouvement « Non au Gripen » est le « Groupe pour une Suisse sans Armée », le GSsA – c’est tout dire.

À titre tout à fait personnel, je pense que, parmi ceux qui ont voté « Non » au Gripen, et dont presque aucun ne connaît suffisamment la défense en général, aérienne en particulier, qui sont des questions très complexes et exigeant une compétence technique, aéronautique et militaire élevée, beaucoup sont persuadés que, en cas de besoin, « Yaka » en commander le moment venu, des avions. J’ai expliqué ci-dessus que cette manœuvre n’a presque aucune chance de succès en cas de crise grave et que, de toute façon, le délai de livraison est d’environ deux ans*. Il aurait fallu le leur expliquer avant la « votation ».

* Excepté, naturellement, si un pays ami accepte de prélever des avions sur sa propre flotte afin qu’un autre pays, considéré comme un allié utile et participant à la défense commune, puisse mener des opérations aériennes dans l’intérêt commun. Cette éventualité est toutefois très incertaine et le pays demandeur pourrait être contraint de se contenter d’avions qui ne seraient plus très modernes, voire déjà fatigués par une longue utilisation, ou même de s’en passer entièrement. Il resterait aussi le problème de l’entraînement des pilotes sur un type d’avion qu’ils ne connaîtraient peut-être pas encore. Idem pour le personnel au sol. Normalement, il faut compter au minimum plusieurs mois. Bref, il vaut mieux être équipé et entraîné AVANT.
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