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Re: les exportations du Rafale

MessagePosté: Sam 28 Déc 2013 11:07
par rallyetapet
A mon humble avis, low cost n'est pas une donnée de fabrication française et ne risque pas de l'être de sitôt..On l'avait déjà vu avec le SOCATA R235G que Chirac avait qualifié de charrette au lieu d'en vanter les mérites..
Résultats, même le Bulldog s'était mieux vendu à l'export.Il faut juste que l'industrie de défense Française réfléchisse toujours sur des produits version grand marché avec possibilité d'assemblage extériorisé.
Le Rafale reste le meilleur multi-rôle du moment mais à part quelques bombes en Libye et au Mali, on a rein vu d'autres...
Qui plus est, il est toujours trop cher à acheter et à.....entretenir...

Re: les exportations du Rafale

MessagePosté: Sam 8 Fév 2014 20:24
par Teuf-Teuf
Bonjour ! Je ne sais pas si je peux réveiller ce sujet assoupi. Nous verrons bien. En tout cas, la date théorique à laquelle la décision indienne doit être annoncée approche rapidement (juin 2014 ?).

Pour la Suisse, l'achat du Gripen E/F est un véritable feuilleton aux rebondissements multiples, qui dure depuis des années et que j'observe, non sans amusement ni surprises, à la TV Suisse, germanophone et francophone. Le futur utilisateur des avions qui seront commandés, à savoir "la troupe d'aviation suisse", préférait nettement le Rafale, suivi du Typhoon II-Eurofighter, suivi du Gripen (3e mais pas éliminé, il faut le noter). Le Gripen, étant nettement moins cher, est évidemment le préféré du gouvernement suisse pour des raisons financières et politiques. Il y a en Suisse une résistance non négligeable aux achats de matériel de guerre, tout spécialement quand le montant du futur contrat semble énorme, à savoir 3,2 milliards de francs, soit environ 3,937 milliards d'euros au cours officiel actuel, que le gouvernement et la banque nationale suisses influencent énergiquement, sans le cacher, pour empêcher le franc suisse de continuer à monter presque sans limite (suite aux diverses crises et mouvements financiers de ces dernières années). Sans cette intervention, le franc suisse serait monté au moins jusquà la parité avec l'euro, qui valait encore 1,50 F il y a quelques années... Le dollar est depuis longtemps à 0,90-0,92 F. Ce cours excessif du F était un danger grave pour l'industrie exportatrice helvétique (machines, construction électrique, avions légers Pilatus, produits électroniques, informatiques et spatiaux, produits pharmaceutiques bien connus et chimiques, etc.), qui fournit une part importante du PIB. Même avec l'arrêt à 1,23 F pour 1 euro, les exportateurs helvétiques sont essoufflés et tirent la langue. Bref, ils souffrent mais ils arrivent à s'en sortir de justesse, surtout grâce à la haute qualité de leurs produits (ils ne me versent PAS d'honoraires !).

Il y a environ 2 ans, il était fortement question de laisser tomber le Gripen à cause, si je me souviens bien, des conditions de paiement et d'histoires de financement de la recherche et du développement sur le futur Gripen E/F (qui n'existe encore que sur le papier), financement que la Suède demandait à la Suisse pour faire démarrer le développement du Grigri (payer le développement pour 22 avions, franchement...) et aussi à cause de sombres histoires de commandes industrielles de compensation, dont bénéficierait surtout l'industrie "germanophone" mais pas assez la "francophone", assez mécontente, et dont les montants resteraient de toute façon (comme toujours) très inférieurs aux 100 %, voire plus, promis pour obtenir la commande d'avions.

Pour en revenir au feuilleton susmentionné, il est loin d'être terminé. En effet, une "initiative populaire" a recueilli le nombre minimal de signatures de citoyens (50 000 ou 100 000, je ne sais plus très bien, plutôt 50 000, minimum largement dépassé) et les électeurs (tous) devront trancher lors d'une votation (référendum) en mai prochain, je crois. Depuis très longtemps, un groupement politique extra-parlementaire mais très actif demande "une Suisse sans armée", donc désarmée. C'est lui qui est à l'origine de ce prochain référendum. Dans les polémiques portant sur l'Armée et sa suppression, y compris dans d'autres pays, France comprise, certains (en dehors des agitateurs et saboteurs politiques de mauvaise foi, principalement communistes et crypto-communistes), souvent des pacifistes bêtes et bêlants ["C'est très vilain de tuer son prochain, nous sommes tous des hommes, des frères, tout problème peut se régler par la négociation sans massacrer les gens..."] oublient trop facilement, ou ont toujours ignoré, qu'une fois les forces armées supprimées ou affaiblies au-delà du raisonnable, il faut très longtemps pour les reconstituer en cas de menace grave et directe (qui peut surgir du jour au lendemain, voir la Géorgie et la Russie, le Mali...), je dirais au moins 10 ans sinon 20, sans parler de la difficulté qu'il y aurait à se procurer des armements de pointe (avions, blindés...) en période de crise aigüe, crise qui aurait justement déclenché la volonté de se réarmer... sans doute trop tard. La France, ayant trop négligé son aviation (terrestre ou navale) après 1918, n'est pas parvenue à la moderniser à temps pour mai 1940 (malgré des efforts frénétiques et efficaces, il a manqué environ 6 mois - mortel, en temps de guerre!). Pourtant, elle possédait malgré tout, à l'avance, une industrie aéronautique puissante malgré ses défauts. Quelle serait, dans 10, 20 ou 50 ans, la situation d'un pays qui, au nom des économies et d'un pacifisme naïf et imbécile, aurait supprimé son armée et l'industrie de défense ! Peu enviable, je crois.

En ce moment, la Suisse possède une quarantaine de F-18 (j'ignore quelle est la lettre qui suit le 18) livrés à partir de 1997 sauf erreur, et le même nombre, ou un peu plus (p-ê 60), de Northrop F-5 "Tiger II", beaucoup plus vieux. Ces "Tigres" sont des tigres de papier, utilisables à la rigueur pour la police ordinaire du ciel (avions de tourisme égarés, etc.) ou contre un éventuel ennemi sous-développé, et encore (ils ont tous des SAM-machin, voire des "Stinger"). Les pilotes helvétiques qualifient cet engin de "Micky-Maus-Flugzeug", avion Micky-Maus, donc Mickey Mouse. Les germanophones (surtout les Allemands, donc) qualifient volontiers de "Micky-Maus" ce qui n'est pas sérieux mais plutôt un joujou inutile dans une vraie guerre.

En tant qu'observateur... neutre (car je suis Français et je connais bien Saab), j'ajoute que le Rafale a certes été jugé supérieur à ses concurrents, mais la Suisse a-t-elle besoin d'un avion aussi puissant, aussi perfectionné et ayant un rayon d'action aussi important ? (800 km pour le Gripen, ce qui est largement suffisant pour la Suisse où, de plus, un pilote ayant besoin de se poser d'urgence trouve presque toujours, pas loin, une piste appropriée, ce qui fait apparaître les deux moteurs comme un luxe superflu dans ce cas mais certes pas pour le Brésil, l'Inde ni l'Afrique du Sud, car ce sont des pays immenses). Que l'un de ces pays ait commandé des Gripen aux courtes pattes (Union SA) ou envisage de le faire est une aberration militaire et opérationnelle. La Suisse mesure environ 330 km dans la plus grande diagonale (est-ouest) et 180 km du nord au sud. Je me demande si les militaires suisses n'ont pas eu tort de préférer le Rafale, qui est le meilleur, alors qu'ils n'ont pas besoin d'un avion aussi complet : bimoteur, rayon d'action important, ravitaillable en vol (!), etc.

Re: les exportations du Rafale

MessagePosté: Sam 8 Fév 2014 21:19
par vigi
Allez, je mis colle aussi ! :D

Je crois que pour la Suisse, tu résumes très bien sur la fin.
Les Helvètes n'ont pas besoin de plus, quand bien même c'est mieux.

T'achètes pas une Ferrari pour transporter des sacs de ciment. :mrgreen:

Bon après, avec les Suisse, il y a aussi le vote populaire qui tiens une grande place.


Pour développer vite fait le sujet des Gripen SudAf, ma vie professionnelle m'a permis de lier quelques amitiés dans ce pays, et de mieux comprendre certaines choses, dont l'épineux problème de son armée.
Premier point, l'armée est encore tenu par les Afrikaans, et il n'y a guère que quelques rêveurs français pour croire que l'apartheid à ouvert les portes du pays à la majorité noire.

Cela étant posé, il faut donc prendre en compte un premier point:
La France ne s'est jamais caché de son inimitié pour les "blancs" SudAf, il ne faut donc pas s'étonner de se faire jeter lors d'un appel d'offres, mais ce n'est pas là le point principal, mais il existe.

Second point:
Le Rand c'est grosso-modo, 10 Rands = 1 Euro
Forcément quand faut importer/exporter, ça joue un max.
Même si les ventes exports se négocie en USD, les ouvriers de Dassault sont bien payés en €uro eux !

Tertio:
Les SudAf ont négociés comme des "ânes" leur achat de Gripen. Ils n'ont pas penser à créditer le budget d'achat de pièces de rechanges.
Seul point positif, lors de l'achat des Gripen, ils ont adapter leurs BAe Hawk pour que les couples Gripen/Hawk puissent opérer conjointement dans des opérations air-sol.
Il y a également un gros soupçon de corruption sur l'achat des Gripen (dont les pièces de rechanges).

Quatro:
Avec les SudAf, on est dans le même schéma qu'au Brésil, des pays qui ne veulent pas payer "un bras" pour des avions de combat "high-tech" qui au mieux ne feront que de la police du ciel.
Car le Brésil et l'Afrique du Sud, pour des raisons différentes, sont en quête de respectabilité sur la scène internationale, comprenez par là, ils veulent partager des marchés avec des "nouveaux copains", donc, pour ça, on fait quoi ?
Ben on passe des marchés avec des possibilités d'échanges constructifs.
Pour le Brésil, j'ai bien peur que la France se soit totalement plantée, sans compter que le gouvernement de Brasília voulait le beurre, l'argent du beurre et la crémière (quoique, pour la dernière, Valoche T. est libre maintenant... :lol: ).
Si Dassault avait conserver la capacité de production 2000, les exports de notre avionneur ne serait surement pas le même.

Re: les exportations du Rafale

MessagePosté: Mar 11 Fév 2014 13:51
par PhantomII
Je sais pas si c'est une très bonne nouvelle. :?

L'Inde retarde d'un an la conclusion du contrat Rafale avec la France, essentiellement à cause du budget.
Si l'article de Reuters dit vrai, cet achat représentera 92% du budget annuel de la défense de ce pays, et là, il est juste question des 18 Rafales fabriqués en France.
Espérons que pour les indiens le reste de la production qui sera effectué localement coutera un peu moins cher. :?

Avec une telle part du budget, je comprends un peu mieux pourquoi le Brésil a préféré le Gripen. :shock:


L'article complet

Re: les exportations du Rafale

MessagePosté: Sam 8 Mar 2014 16:11
par PhantomII
Si on en croit cet article en lien, le contrat du futur chasseur brésilien ne serait pas encore conclu.
Donc rien ne serait gagné pour le Gripen ?!

Par contre, le Rafale est qualifié de bien trop cher face à ses concurrents, dont le F-18, qui est quand même celui qui lui correspond le mieux, biréacteur, omnirole, contrairement au Gripen qui reste un monoréacteur.

L'article évoque également une position difficile pour le gouvernement brésilien qui a déjà du mal à justifier ses dépenses pour la coupe du monde football, alors pour un achat militaire... N'en parlons pas !!

L'article complet

Re: les exportations du Rafale

MessagePosté: Jeu 9 Nov 2017 12:46
par Franco58
salut,

je pense qu'aujourd'hui Dassault a tiré les leçons de ces différents échecs. de nos jours, le rafale s'exporte bien dans de nombreux pays.