Les sous-marins "porte-avions"

Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar Guns » Sam 6 Oct 2012 21:26

Euh... Il y a tromperie en la marchandise, lĂ .

Il est où le kiosque et périscope et le schnorchel ? En plus, l'hélice est tournée dans le mauvais sens...



:mrgreen:
Avant de nous lier connaissance, je vous recommande chaudement de vous initier Ă  notre modus vivendi... Qu'en dites-vous ?

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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar vigi » Sam 6 Oct 2012 22:36

nanard a écrit:As-tu une idée ou des infos sur la profondeur de plongée normale et maxi :?: Please :mrgreen:


Tiens Nanard, comme je t'aime bien, je t'ai trouvé le moyen de calculer pour chaque type de submersible de ce sujet, les profondeurs de flambement et d'écrasement.

C'est marqué sur le pdf, tu dois pas mettre plus d'une heure trente minutes par calcul...

Je récupère tes résultats demain à 17h00
Bon Dimanche mon Nanard, c'est vraiment sympa de ta part de chercher Ă  faire avancer ce dossier :greennoel:
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar vigi » Dim 7 Oct 2012 10:37

Et voilĂ , je m'emporte, je m'emballe et j'oublie des choses...

Hier j'Ă©voquais les submersibles de Type AM, et comme vous l'avez tous notez, je vous disais qu'ils Ă©taient issues des Types A-2...
Sauf que j'ai oublier de parler de cette classe de sous-marins.

Toutes mes confuses...

Je répare donc ce petit oubli, qui ne concerna qu'un seul submersible le I-12, à l'histoire pas très glorieuse d'ailleurs.



La classe de sous-marin A2 ne compta qu’une seule unité, le I-12.
Ce submersible était conçu pour assurer la fonction de poste de commandement d’une flottille de sous-marin en opération.

Comme les A-1, il disposait d’un hangar à hydravion pouvant accueillir un hydravion de reconnaissance E14Y « Glen » et, le pont avant était occupé par une catapulte hydraulique.
De conception identique au Type A-1 (I-9 à I-11) déjà évoqué ici, le I-12 ne fut jamais employé en tant que poste de commandement à la mer.

Réceptionné en Mai 1944, ce sous-marin n’effectua qu’une seule patrouille durant laquelle il coula un vraquier dont il tua les survivants.
Il n’existe pas de rapport mentionnant l’utilisation de l’hydravion E14Y par l’équipage du I-12.
Il fut coulé le 13 Novembre 1944 par les destroyers USS Ardent et Rockford.

Ce submersible déplaçait 4 172 tonnes en plongée, mesurait 113,7 mètres de long.
Il pouvait se déplacer à 23,5 nœuds en surface mais sa vitesse de plongée était elle aussi très faible, avec seulement 8 nœuds.
Son autonomie était de 22 000 nautiques. Cette dernière était plus importante que celle des Type A-1 grâce à la mise en place de chaudières plus économes en fuel.
Comme les autres sous-marins « porte-avions » de Type A-1 et AM, sa profondeur de plongée maximum était de 100 mètres.
Outre l’hydravion, ce submersible était doté de six tubes lance-torpilles avant avec un stock de dix-huit torpilles à bord, l’armement de surface était constitué d’un canon de 140 mm et de deux affuts double de DCA de 25 mm.





Prochain rendez-vous, cette fois, c'est promis, ce sera les I-400 Class...
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar vigi » Dim 7 Oct 2012 19:08

Allez... Chose promise, chose due...


Lorsque l’amiral Yamamoto développa l’attaque contre la base de navale de Pearl Harbor, il savait que cette dernière devait briser la capacité navale et aéronavale des USA.
De la réussite de cette attaque dépendait le cours de la guerre.

Yamamoto savait également qu’il ne pouvait pas en rester là et, qu’aussi réussit soit l’attaque contre la flotte de l’US Navy, il fallait pouvoir porter la guerre sur le sol américain, ne serait-ce que pour y fixer des troupes et du matériel, afin de ne pas laisser les coudées franches aux USA dans le Pacifique Sud.

Pour arriver à cet objectif, le commandant en chef de la Marine Impériale ne pouvait pas se permettre de détacher des porte-avions vers les côtes des USA. Cette option était à la fois trop risquée pour ces bâtiments, mais surtout, Yamamoto avait besoin de l’ensemble de sa force aéronavale pour conquérir les iles du Pacifique.

L’amiral eut donc l’idée de confier ces raids contre les USA à une flotte de "super-sous-marins", capable de mettre en œuvre des groupes d’avions d’assaut.
Le concept des submersibles de type Sen-Toku venait de naitre.
Nous sommes le 13 Janvier 1942, un mois et une semaine après l’attaque de Pearl Harbor.

Yamamoto présenta son projet à l’état-major japonais et, il avait nommé le capitaine Kameto Kuroshima pour piloter ce programme.
L’acceptation de ce projet ne fut qu’une formalité, mais le plus dur restait à faire.
Les submersibles devaient être en mesure de frapper n’importe quel point du globe au départ du Japon et de pouvoir y revenir.
L’emport en hydravion d’attaque devait être d’au moins deux appareils.
Les submersibles devaient disposer de performances leurs permettant de survivre seuls dans une zone entièrement sous le contrôle ennemi.

Le 17 Mars 1942, les études générales des futurs Sen-Toku étaient terminés et la mise en chantier allait pouvoir commencer.
Pas moins de dix-huit unités étaient prévues du I-400 au I-417.

La construction du premier d’entre-eux, le I-400, débuta le 18 Janvier 1943 aux chantiers navals de Kure.

Le décès de l’amiral Yamamoto le 18 Avril 1943 et, les luttes de pouvoir qui suivirent sa succession en tant que commandant en chef de la Marine Impériale mirent un coup de frein au programme des sous-marin Sen-Toku.
Réduit à neuf unités au lieu de dix-huit, ce chiffre passa rapidement à cinq, avant de descendre à trois, le quatrième et cinquième submersible ne pouvant être achevé avant la fin du conflit.

Le I-401 fut mis en chantier le 26 Avril 1943.
Le I-402 le 20 Octobre 1943, mais il ne fut livré que le 24 Juillet 1945 et ne put participer au conflit, de plus il avait été transformé en ravitailleur et ne disposait plus de ses installations aéronavales.
Le I-403 fut mis en chantier en Septembre 1943, mais sa construction fut annulée.
La construction du I-404 débuta le 8 Novembre 1943, mais il n’était achevé qu’à 95% lors de la reddition du Japon.
Le I-405 fut mis en chantier le 27 Septembre 1943, mais sa construction fut stoppée quelques mois après.

Lorsqu’ils furent lancés, les Sen-Toku avaient plusieurs dizaine d’années de technologies d’avance par rapport à ce qui se trouvait en service dans le monde en termes de submersible.

Avec 120 mètres de long, les classes I-400 déplaçait 5 223 tonnes en surface et 6 560 en plongée.
Ce qui faisait d’eux les plus gros submersibles en service dans le monde. Il faudra attendre les années 1960 et les SNLE US de la classe Ethan Allen pour atteindre de telles masses.
Ils disposaient d’une autonomie de 37 500 nautiques.

Le temps de plongée de ce type de submersible était de 56 secondes, ce qui était plus qu’acceptable au regard des technologies de l’époque.
Comme les autres sous-marins "porte-avions" japonais, les Sen-Toku était limités à 100 mètres.
La vitesse maximum en surface était de 18,5 nœuds et mais de 6,5 nœuds en plongée, cette vitesse pouvait passer à 12,5 nœuds avec le shnorchel, mais seul le I-401 reçut ce dispositif.

Les Sen-Toku disposaient de nombreuses technologies fournies par l’Allemagne.
On peut citer, le shnorchel des U-Boot Type XXI, les optiques des périscopes (un de vision de nuit), le revêtement caoutchouc de la coque pour masquer la réflexion sonar.

Le souhait de l’amiral Yamamoto était plus que respecté, puisque le submersible était doté d’un hangar de trente-et-un mètres de long, par trois et demi de diamètre, pouvant embarquer trois hydravions d’attaque M6A1 "Seiran", les appareils étaient disposés l’un derrière l’autre, le temps nécessaire pour les catapulter après avoir fait surface était d’un appareil toute les sept minutes.
Les appareils étaient stockés sur des chariots de transport qui permettait de les amener jusqu’à la catapulte pneumatique Type 4 Modèle 10 de 26 mètres située sur le pont avant, les ailes se repliaient hydrauliquement le long du fuselage.
Lors de la mise en œuvre des appareils, l’armement et le dépliage des ailes étaient faits une fois l’hydravion en place sur la catapulte.
Deux jeux de flotteurs étaient stockés dans deux compartiments situés de part et d’autres du hangar. Les flotteurs du troisième appareil étaient stockés dans le hangar.
Toujours dans un souci de rapidité, les M6A1 pouvaient être catapulté sans les flotteurs, ce qui bien-sûr impliquait la perte de l’appareil à l’issue de la mission, ce dernier ne pouvant alors pas amerrir.
Dans le cas d’un retour des hydravions, ces derniers étaient ramenés à bord à l’aide d’une grue hydraulique.

Un atelier avait été aménagé sous le hangar pour permettre la réparation et les essais sur banc des moteurs de M6A1. Un magasin de pièces détachées contenait l’équivalent d’un quatrième appareil qui servait de stock ou qui aurait pu être assemblé en cas de besoin.
Quinze bombes de 800 kg pouvaient également y être entreposées.

Cet imposant hangar avait nécessité son décalage sur tribord et, comme les Type AM, les I-400 avait un kiosque implanté sur bâbord.
Cette configuration n’était pas sans poser des problèmes en plongée, à 2 nœuds, le barreur devait déjà compenser de 7°à tribord pour maintenir le cap. Inutile de dire qu’en cas de besoin de manœuvre d’évitement, la maniabilité était sérieusement entamée

L’armement de bord des Sen-Toku était de huit tubes lance-torpilles avant, d’un canon de 140 mm de type 11 et de trois tourelles triple de DCA de 25 mm disposés sur le toit du hangar, un autre canon de 25 mm était implanté sur le pont derrière le kiosque. Ces submersibles embarquaient vingt torpilles.

Les classes I-400 étaient dotées de deux radars, un Mk3 Mod-1 de veille aérienne qui pouvait détecter un aéronef à quarante-trois nautiques et un Mk2 Mod-2 de veille de surface.
Ils disposaient également d’un détecteur E-27 d’ondes radio et radar.

Les Sen-Toku étaient également équipés d’un système de maintien de position.
Une fois les hydravions catapultés, le submersible retournait en plongée. Ce système de contrôle de barre devait permettre au sous-marin de rester sur place et ainsi permettre aux hydravions d’avoir le même point de récupération.
Mais ce concept était très bruyant. Il mettait donc en péril la discrétion du submersible et ne fut jamais utilisé en opération.


Lorsque ces submersibles entrèrent en service, comme ceux de Type AM, le Japon n’avait plus la maitrise des océans, que ce fut en surface, en plongée ou dans les airs.
Les ports étaient bombardés chaque jour par des B-29, et les bâtiments de l’US Navy quadrillaient les flots aux abords du Japon.

Quand l’amiral Yamamoto avait élaboré les plans d’action des Sen-Toku, il avait prévu plusieurs raids.
Certains étaient conçus pour attaquer les villes de New-York, Washington D.C., Miami sur la côte Est, d’autres prévoyaient des attaques sur San-Francisco ou encore le canal de Panama.

Comme les espoirs de disposer rapidement d’une large flotte de Sen-Toku n’étaient pas réaliste pour effectuer ces raids, le commandement japonais décida de regrouper le I-400 et I-401 avec les deux type AM, les I-13 et I-14 au sein d’une même flottille.
Placé sous le commandement du Commandant Tatsunosuke Ariizumi, cette flottille pouvait envoyer théoriquement dix hydravions M6A1 sur un objectif.

Malgré les revers subits dans le pacifique à la fin de l’année 1944, les attaques contre les villes américaines et contre le canal de Panama et ses écluses restaient une priorité pour l'amirauté japonaise.

Dans le même temps, le Vice-Amiral Jisaburo Ozawa mis en place les plans de l’opération PX.
Les quatre submersibles devaient embarquer des containers largables par les hydravions qui auraient contenus des animaux et des insectes infectés par des germes comme le typhus, la dengue, le choléra ou la peste bubonique.
Les japonais avaient développés, testés et validés ses germes, dans des laboratoires en Chine sur des prisonniers soviétiques et chinois.
En lançant une telle attaque sur des villes des USA, dont les populations n’étaient alors pas vaccinées contre ces maladies, les effets auraient été sans doute dévastateurs.
Le 26 Mars 1945, le général Yoshijiro Umezu écarta cette option de l’amiral, car il craignait dans ce cas, une escalade du conflit au sens bactériologique du terme.
Le plan mégalomaniaque de l’amiral fut donc remplacé par le bombardement des écluses du canal de Panama.
L’opération prit cependant du retard car les I-400 et I-401 durent aller chercher le précieux fuel en Manchourie. Le I-401 heurta une mine, ce qui le retarda de plusieurs jours encore pour ravitailler.

Il fallut attendre Juin 1945 pour que les quatre sous-marins soient techniquement prêts, shnorchels, fuel en quantité, hydravions, armements...
Restait encore à entrainer les équipages aux manœuvres.
Cela eut lieu dans la baie de Toyama, sous les bombardements journaliers des B-29.

La tactique d’attaque des écluses du canal de Panama avait été défini en Avril 1945.
Les dix M6A1 « Seiran » devaient être catapultés à 100 nautiques de l’entrée Est du canal.
L’opération se déroulerait par une nuit de pleine lune et, les appareils devaient être catapultés sans leurs flotteurs afin d’améliorer leurs performances.
Officiellement, les équipages devaient ensuite retourner au point de rendez-vous avec les submersibles et les pilotes seraient récupérés par les sous-marins après avoir abandonné leurs appareils.
Le commandant Ariizumi avait cependant prévu un autre déroulement de la mission.
Les dix appareils ne devaient jamais revenir. Il avait fait remplacer les largueurs ventraux de la bombe de 800 kg par un système fixe.
Ariizumi comptait informer ses équipages du caractère « kamikaze » de la mission une fois en route vers l’objectif, de telles sortes que ses pilotes n’auraient plus eu d’autres choix.

Les entrainements au bombardement (classique) des écluses se déroulèrent de nuit dans la baie de Nanao Wan entre le 5 et le 15 Juin 1945, puis de jour entre le 15 et le 20 Juin.

Les quatre submersibles étaient enfin prêts à accomplir leur mission mais, le commandement naval japonais souhaita réorienter leur attaque vers l’atoll d’Ulithi où stationnait trois-mille bâtiments de tout type en prévision de l’opération Olympic destinée à envahir le Japon.
Cette réorientation d’objectif très discutable, que pouvait quatre submersibles et dix hydravions contre trois milles bâtiments, dont quinze porte-avions ?
Mis dans une colère noire le Commandant Tatsunosuke Ariizumi, à qui on prête cette phrase lancé à ses supérieurs :
"Un homme ne doit pas s’inquiéter du feu qui brule à l’horizon alors que les flammes lèchent les manches de son kimono."
Outre le courage qu’il fallait pour oser s’opposer à sa hiérarchie dans ce Japon séculaire, la colère du commandant de la flottille ne changea pas la donne, et l’opération Hikari-Arashi fut lancée.

La flottille fut séparée en deux.
Les I-14 et I-13(opération Hikari) furent assignés au convoyage de quatre Nakajima C6N1 de reconnaissance.
Pour ne pas alourdir le sujet, je vous renvoie vers le message traitant des Type AM où, je relate cette partie de la mission dévolue à ces deux submersibles.

Le 23 Juillet 1945, les I-400 et I-401 (opération Arashi) quittèrent le port d’Ominato et, mirent le cap sur l’atoll d’Ulithi. Un point de rendez-vous était fixé à l’est de l’atoll dans trois semaines.
Les deux Sen-Toku devaient ĂŞtre rejoint par le I-13, le I-14 et une flottille de sous-marins porteurs de torpilles-suicides Kaiten.
Les I-400 et 401 devaient alors lancer leurs six hydravions qui auraient reçus les derniers relevés de reconnaissance fait par les quatre C6N1 « Myrt », déposés à Truck par les I-13 et I-14.
Dans le même temps, les I-13 et I-14 qui devaient avoir embarqué quatre M6A1 à Hong-Kong après leur mission sur Truck, devaient attaquer avec les appareils des Sen-Toku, la flotte à l’ancre dans l’atoll, suivi par les torpilles Kaiten.
L’attaque ainsi programmée devait avoir lieu le 17 Août 1945.

Le lendemain de leur arrivée sur l’atoll de Truck, les deux C6N1 "Myrt" du I-14 (ndlr : le I-13 a été coulé au large du Japon) furent détruit suite à un des nombreux raids "d’entrainement" journaliers des équipages de B-29. Ces derniers venaient en effet s’essayer sur cet atoll avant de partir bombarder Guam. La composante de reconnaissance de l’opération Arashi n’était plus qu’un tas de tôles et de cendres.

Le 15 Août, soit deux jours avant la date d’attaque prévue, l’empereur annonça la reddition du Japon et l’arrêt immédiat des combats.

Après avoir reçu ce message, le commandant Ariizumi ordonna à sa flottille de rallier le Japon en surface sous pavillon noir.
Les commandants des I-400, Toshio Kusaka et, I-401, Shinsei Nambu, ordonnèrent alors de jeter à la mer toutes les torpilles, les documents de bord, les munitions. Les six M6A1 furent catapulté dans l’océan et l’ensemble des pièces détachées des hydravions furent également jetées par-dessus bord.

Le I-400 fut capturé en mer et arriva sous pavillon des USA dans le port de Yokosuka.
Il fut rejoint par le I-401 et le I-14.

Comme le I-14, les I-400 et I-401 intéressaient au plus haut point les alliés, américains et soviétiques.
Comme nous l’avons vu avec l’aventure du I-14, je ne vais pas revenir plus longtemps sur les motivations de l’US Navy qui découvrit cependant moins de choses à bord des I-400 et 401 qu’à bord du I-14… Les commandants de ces submersibles avaient été sans doutes plus efficaces dans la destruction des matériels et documents avant que les bâtiments ne soient saisis.

Les I-400 et I-401 furent donc « perdus » par les USA de la même manière et au même endroit que le I-14.
Les soviétiques ont vraiment dû se demander si les américains ne les prenaient pas pour des lapins de trois semaines.

La position des deux submersibles ne fut officiellement connue que 20 Mars 2005… Comme pour le I-14, les I-201 et 203.
Pour les I-400, ce fut le sous-marin USS Trumpetfish qui les coula ce 4 Juin 1946, non sans tester une nouvelle torpille, la Mark-18-2. Le I-401 fut coulé par l’USS Cabezon.



Avec les Sen-Toku, la page des sous-marins "porte-avions" japonais se referme...sans doute sur la version la plus aboutie de ce type de submersible.

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C'est fini ?
Et ben, non !!

To be continued... alors ?

Ben oui...

To be continued. :D
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar nanard » Dim 7 Oct 2012 21:42

Pour tes calculs, je ne répondrais que par le mépris, que vais-je me fourvoyer dans ces enfantillages ? Trop fastoche :lol: :lol: :lol: :lol: :fume:
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar Arvernix » Mar 9 Oct 2012 12:44

Merci Vigi pour ce petit rappel historique, j'ignorais l'existence de ce type de sous marins au pays du soleil levant. ;)
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar vigi » Mer 10 Oct 2012 13:25

Bien, les meilleures choses ayant une fin, si, si... :mrgreen:
Nous voici arrivé à mon dernier chapitre sur le sujet...

Ce qui ne veut pas dire que tout est dit et que rien ne doit être corrigé.
Je rappelle à l'aimable assemblée, que j'ai tenté ici de rassembler ce que je savais sur la question.

Nous avons donc débuté durant la WWI avec les p'tits gars du Kaiser Guillaume deuxième du nom, pour arriver il y a peu aux fils du soleil levant.

On été vu, la France, Albion (dit par certains la perfide), l'Italie, l'Allemagne du caporal autrichien psychopathe et enfin comme dit ci-dessus, le Japon.

Mais, je vois déjà les mains qui se lèvent au fond de l'amphi' pour me dire:
"Mais monsieur quid des deux autres ?
Les Soviétiques et les USA ?"

Patience, vils jeunes gens...
Nous y venons.

Tout d'abord, il faut savoir que seul le Japon poussa aussi loin le concept de sous-marin porte-avions et, qu'il fut le seul à l'employer avec de la réussite (voir la carrière du I-25 pour cela).
Les I-400 Class nippons auraient surement pu jouer un rôle majeur si ils étaient arrivés ne serait-ce qu'un an plus tôt dans le conflit.
Je vais d'ailleurs revenir sur ce point un peu plus loin dans ce trait.

Nous allons donc voir ce qu'on fait les soviétiques et les USA dans ce domaine, mais il nous faut avant tout remonter dans le temps par rapport aux derniers sujets "japonais".

Nous avons également vu que deux politiques se sont "affrontées" pour faire rentrer un hydravion dans un hangar de submersible.
Les anglais, les français, les italiens, les japonais ont créé des submersibles avec des hangars aussi volumineux que possible, pour y recevoir un ou des hydravions.
Les allemands ont, dans toute la splendeur de la rigueur germanique, conçu un hangar qui n'altérait pas les capacités du submersible, pour demander ensuite d'y faire entrer un hydravion... résultat, l'engin était tellement léger, que si le pilote éternuait, il faisait un looping.

Voyons maintenant le concept des camarades du Petit-Père-des-Peuples.
Les soviétiques ont abordés le concept par l'autre bout.
A savoir:
"Construisez un hydravion. Si il est valable, on construira le sous-marin qui ira avec"
Si l'affaire était loin d'être sotte, deux problèmes vinrent se greffer sur ce projet:
a) L'avionneur ne fut pas capable de construire un hydravion correct. Sous-motorisé et avec des performances sur l'eau déplorable, le Chetverikov SPL ouvrit et referma l'aventure des sous-marins dotés d'hydravion au pays des soviets.
b) Le camarade Staline ne portait que peut d'intérêt à la marine de guerre, ce qui n'aida pas nous plus à la poursuite d'essais éventuels.

Il reste maintenant Ă  voir ce que firent les USA.

En 1923, les États-Unis étudièrent également le concept de sous-marin "porte-avions", en grande partie en raison des essais effectués durant la Première-Guerre par les allemands.
Pour mener à bien ces tests, il ne conçurent pas un submersible dédié mais en modifièrent un en service.
L'élu était l'USS S-1, un bâtiment conçu par Electric Boat Company aux chantier navals de Fore River et qui avait été mis en service le 5 Juin 1920.

Le 2 Janvier 1923, ce sous-marin fut détaché du service actif pour des expérimentations.
Son pont arrière fut doté d'un hangar cylindrique étanche dans lequel pouvait être stocké un Martin MS-1.
On est encore loin des concepts qui vont apparaitre dans les années trente, puisque le submersible faisait surface, l'hydravion était ensuite assemblé sur le pont arrière. Une fois cette phase accomplie, le submersible remplissait ses ballasts arrières pour immerger le pont et "libérer" l'hydravion.
La récupération de l'appareil s'effectuant de la manière inverse.

L'ensemble de ces essais se déroulèrent sur trois ans, de 1923 à 1926, avant que le concept ne soit finalement abandonné par l'US Navy.
L'USS S-1 Ă©tant alors rendu, sans son hangar provisoire, Ă  l'US Navy en Juillet 1927.


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Vous allez me dire au regard de ce que je viens d'Ă©crire pour les USA:
Et c'est tout !

Et bien oui, si on reste sur le concept hydravion.
Mais si j'ai souhaité finir mes écrits avec les USA sur ce sujet, c'est qu'il y a bien une petite raison ?

Vous vous souvenez que quelques lignes plus haut, je vous ai dit qu'on allait reparler des Sen-Toku alias I-400 Class ?
Et bien on y arrive.
Lorsque les USA ont accepté la reddition du Japon, Ils ont capturé deux Sen-Toku et un Type AM, qui comme on l'a vu ont été ce qui se fit de mieux en tant que sous-marin "porte-avions".
C'est à ce moment que les USA ont réellement perçu la menace que pouvait représenter ce type de système d'armes, à savoir:
ĂŠtre capable de porter le combat sur n'importe quel point du globe, avec comme corolaire de disposer de moyens de riposte sur les dits n'importe quels points.
Bien-sur, lorsque le Japon développa ce concept, ces sous-marins n'embarquait que des hydravions capable de lancer au mieux une bombe de 800 kg.

Seulement lorsque les USA capturèrent ces submersibles et les testèrent, on était en 1946, et bien des choses avaient changées.

La bombe atomique avait fait son apparition et venait de changer radicalement la géopolitique du monde.
Les relations USA-URSS n'étaient plus celles des amis d'antan luttant épaule contre épaule pour bouter les dictatures fascistes. La guerre froide commençait à peine sa montée en puissance.
Les premiers missiles avaient également fait leur apparition, à commencer par les V-1 et V-2 allemands que les USA et l'URSS s'étaient empressé de confisquer avec si possible les ingénieurs qui vont avec.

Comme les USA ont été plus vifs que les soviétiques pour capturer les équipes de von-Braun et consort, en 1946 ils avaient quelques longueurs d'avance sur le concept...
Et avec des idées pour "ré-utiliser" le principe des Sen-Toku japonais, ce qui explique le besoin de "perdre" ces derniers au large d'Hawaii, plutôt que de les donner aux soviétiques.

Nous voilĂ  donc avec les USA qui travaillent sur une Ă©volution des sous-marins.

Comme je vous l'ai dit, les USA ne se sont pas embarrassé avec les soviétiques en Mai-Juin 1945, puisqu'ils ont été récupérer en territoire occupé soviétique (essentiellement autour de Peenemünde), les équipes de conception des V-1 et V-2.
Avec ce "bagage intellectuel" et les quelques exemplaires de ces missiles saisis en Hollande, les USA vont créer un missile, le Republic-Ford JB-2 Loon.
Ça ressemble à un V-1, ça a la forme du V-1, les caractéristiques du V-1 mais c'est un JB-2.

Les USA et l'US-Navy en particulier vont alors s'intéresser de très près à la mise en œuvre par un sous-marin de ce type de missile.
L'USS Cusk est alors détaché de sa flottille de sous-marins d'attaque pour être doté d'un hangar étanche et d'une catapulte sur son pont avant.
Nous sommes dans les premiers mois de 1947 et les Sen-Toko et Type AM japonais ne dorment dans les abysses d'Hawaii que depuis six-mois.

L'USS Cusk débuta ses essais de lancement de missiles JB-2 le 20 Janvier 1948.
Les tests se poursuivirent et évoluèrent rapidement avec l'arrivée du missile de croisière à tête nucléaire SSM-N-8A Regulus en 1954.
Ce programme prit rapidement de l'ampleur, puisque deux autres submersibles furent converti sur le mĂŞme concept, les USS Tunny et Carbonero, qui rejoignirent le Cusk en 1957.

Le concept des submersibles avec des hangars Ă©tanches et des catapultes allaient encore survivre quelques temps avec les SSM-N-8A Regulus I puis avec SSM-N-9 Regulus II.
Mais, c'était désormais une nouvelle ère qui commençait, celle des sous-marins-lance-missiles.

USS Cusk au lancement d'un JB-2 Loon
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USS Tunny au lancement d'un SSM-N-8A Regulus I
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USS Grayback au lancement d'un SSM-N-9 Regulus II
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VoilĂ , Ă  vous les studios. :D
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar Valkyrie » Mer 10 Oct 2012 19:12

Bien beau sujet majesté !

On ne pourrait retrouver pas les mĂŞmes machins aujourd'hui ?!

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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar vigi » Mer 10 Oct 2012 19:56

L'USS Ohio - SSGN 726, c'est pas celui qui est détaché pour les Navy-Seal ?

Pour ce qui est d'aujourd'hui, je sais qu'il est question de drone.
On a un sujet la-dessus.
Par contre, je sais pas du tout où ça en est dans ce domaine. :?
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Re: Les sous-marins "porte-avions"

Messagepar Valkyrie » Mer 10 Oct 2012 20:03

A priori, il peut embarqué un mini soum' à usage des Navy Seals effectivement.
Mais la boiboite me rappelait tes boiboites de la guerre froide, dans les formes et les proportions... :oops:

Il lance aussi des missiles remarque. C'est le nouveau couteau américain multifonction. J'avoue un petit faible pour cette nouvelle classe :)

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