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B.A.N. de Alger Maison-Blanche

MessagePosté: Mar 21 Fév 2012 17:09
par nanard
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Situé dans la plaine de la Mitidja, à 23 Km au sud-est d'Alger, Maison-Blanche, Dar-el-Beida en arabe, en est l'aéroport civil. Arrivée sur ce site en novembre 1941, l'escadrille 4 B avait cédé, quelques mois plus tôt une partie de ses Glenn Martin 167 A3, pris en compte en juin 1940, lors de sa création à Casablanca, au profit de la 7 B pour la calamiteuse campagne de Syrie, tuerie partiellement franco-française.
Désormais appelée 4 BR et volant sur Potez 63, elle y sera dissoute le 1er mai 1943, fin de la première présence de l'Aéronautique navale sur cette base.

Durant un an, de septembre 1946 à octobre 1947, Maison-Blanche ne sera qu'une escale Marine qui s'éteindra au bout de ce délai par absence de besoin et il faudra attendre le 1er décembre 1953 pour la voir réactivée, afin d'accueillir V.I.P. civils ou militaires. On trouvait également sur place la S.L.E.M. (Section de Liaison de l'Etat-Major), doté de quelques appareils de l'escadrille 31 S, utilisée régulièrement par AlMed.
Derniers arrivés, les marins durent se frayer une place entre les infrastructures civiles, largement majoritaires, possédant la maîtrise de la plate-forme et des assistances à la navigation, et celles de l'Armée de l'Air, le tout aligné comme à la parade le long du parking commun, parallèle à la 06/24 de 2450 mètres, une autre piste de 1400 mètres existant aussi.
Le 1er octobre 1955, les missions de SUR.MAR effectuées par l'escadrille 15 S, créée le 6 juin 1955 sur place devenant de plus en plus fréquentes, pour piéger la contre-bande d'armes au profit du FLN, l'escale devint B.S.A.N.
Si la 15 S volait très clairement sur TBM-53, TBM-UT etTBM-3 E, la situation administrative était des plus touffues.
La B.S.A.N. dépendait administrativement de la B.A.N. de Lartigue, mais son commandant relevait d'AlMed pour la S.L.E.M., de Pré.Mar pour la SUR.MAR et du commandant de la Base Aérienne (armée de l'Air) d'Alger pour la défense. pourquoi faire simple quand on peut faire aussi compliqué ?
Maison-Blanche deviendra B.A.N. le 10 octobre 1955, ce qui ne donnait aucune place supplémentaire pour vivre et travailler correctement aux marins, le personnel, de plus en plus nombreux, devant être logé à Oued Smar, à quatre kilomètres de la base.
La 15 S disparaîtra le 20 juillet 1956, remplacée, depuis le début du mois par la 8 S rentrant d'Indochine avec ses Grumman Goose. Elle accomplira les mêmes tâches que l'escadrille dissoute, mais avec moins d'efficacité, tare uniquement liée au différentiel de qualité des appareils mis en oeuvre et partagera son temps entre Alger et Bône, restant active jusqu'au 1er octobre 1959, date de sa dissolution. Quasiment à la même période, le 1er août 1956, fut créée sur la base la flottille 31 F, seule détentrice des fameuses bananes volantes, alias Piasecki-Vertol H-21 C, puis le 7 juin 1957, la 31 F équipée de Sikorsky H-19 D, plus connus sous l'appellation d'éléphant joyeux, avant son transfert à Lartigue dès juillet.
La S.L.E.M., qui avait volé sur Lockheed PV-2 Harpoon, NC 702 et Beechcraft SNB-5 devint, le 1er janvier 1958, la 32 S sur SO 30 P Bretagne, escadrille entièrement dédiée au transport. Cette même année, l'enclave de l'Aéronautique navale prit encore de l'importance, tant pour cause de réfection des pistes de Lartigue, que de l'utilisation des lieux par les flottilles 11 F et 16 F sur Aquilon, du 3 juin 1958 au 30 novembre 1959. Elles étaient venues dans le cadre de l'appui au sol des troupes engagées dans les combats, présence encore renforcée à partir d'avril par les Corsair des 14 et/ou 15 F. Ces deux flottilles se succédaient en alternance, tous les deux mois pour le même type de missions.
Comme si toutes ces formations n'étaient pas suffisantes pour créer des problèmes, principalement de place, quatre Lancaster de la 4 S vinrent s'installer également à partir de mi-septembre. La fin de l'année vit aussi la construction d'ateliers techniques, afin d'acquérir l'indépendance vis-à-vis de l'armée de l'Aire et de l'AIA. Cette dernière était célèbre dans le monde aéronautique, pour avoir reconditionné, à la Libération, les LeO 453 et une partie des SV4 C Stampe (la mieux réalisée), un peu plus tard.
Il fallut la grosse colère d'un officier supérieur pour obtenir le départ du détachement de Corsair et la fin de la présence des avions de la PAT.MAR qui menaçaient, chaque jour un peu plus, la structure d'asphyxie. Mais, chasser le naturel...l'année suivante, les SO 30 P et le Douglas DC 4 de la 31 S affectés au STAM s'installaient en remplacement.
La 32 S restera à Maison-Blanche jusqu'au début de 1962, gagnant Lartigue où sera regroupé la majeure partie des matériels, après l'indépendance algérienne, c'est là qu'elle fut dissoute le 3 juillet suivant.

La B.A.N. d'Alger Maison-Blanche sera définitivement évacuée le 1er septembre 1962.

Re: B.A.N. de Alger Maison-Blanche

MessagePosté: Jeu 7 Avr 2016 22:50
par fle
Bonsoir,

Il me semble qu'il y a lieu d'ajouter la 8S, escadrille présente à Alger Maison Blanche. Personnellement, Armaé, j'en ai fait parti jusqu'en septembre 1959. Elle était équipée de Grumman Goose.

Puis affecté à la 22F Lartigue, jusqu'à mon départ de l'Aéro, en fin de lien (1962),j'ai quelques photos de l'époque.

Bonne réception

Dénomination

MessagePosté: Mer 26 Avr 2017 11:20
par fle
Bonjour,

Pouvez-vous me fournir des explications entre BAN et BPAN, conditions différenciant le mode d'appellation ?
Merci à Vous FLE, ancien 22 F fin 59 à août 62

BPAN/BSAN

MessagePosté: Mar 1 Aoû 2017 11:57
par DahliaBleue
fle a écrit:[…] explications entre BAN et BPAN, conditions différenciant le mode d'appellation ? […]
Jusqu'au début des années 1960, les bases d'aéronautique navale étaient classées en deux catégories : bases principales (BPAN) et bases secondaires (BSAN).
Les BPAN (de grands établissements, tels que Lann Bihoué, Hyères, Lartigue…) pouvaient en principe mettre en œuvre (et bien sûr en assurer la maintenance technique) tous les types d’aéronefs ; ils étaient des unités administratives.

Les BAN ont remplacé les bases d’aéronautique maritime (BAM) en 1937, les BAM ayant elles-mêmes succédé en 1928 aux centres d’aviation maritime (à l'instar des bases aériennes de l’Armée - de Terre, à l'époque).

Le classement en bases principales (BPAN) et en bases secondaires (BSAN) est utilisé à partir de 1938 et
pendant la Seconde Guerre mondiale. Il sera repris en 1946 et conservé jusqu’au début des années soixante.