B.A.N. de Saint-Mandrier

Les bases aéronavales dans le monde, par pays, leurs squadrons, leurs flottilles, leurs escadrilles

B.A.N. de Saint-Mandrier

Messagepar nanard » Lun 20 F√©v 2012 16:46

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L'histoire de l'A√©ronautique navale √† Saint-Mandrier commen√ßa le 1er ao√Ľt 1916, alors qu'elle ne s'appelait encore que A√©ronautique maritime, avec la cr√©ation d'un CAM, dans l'anse du Creux Saint-Georges et plus pr√©cis√©ment, sur la place de la mairie du village, dans la presqu'√ģle de Saint-Mandrier.
Son activit√© op√©rationnelle d√©buta d√®s septembre suivant, Marseille √©tant son Poste de Combat, La Ciotat, Porquerolles et Saint-Tropez ses Postes de Rel√Ęche, sa lettre caract√©ristique, port√©e par tous les a√©ronefs √©tant le H. A l'Armistice, il recevra ses premiers Donnet-Denhaut bimoteur et autres Tellier 350 ch. Sunbeam qu'il utilisera jusqu'en 1920. Comme la plupart des sites dont la cr√©ation √©tait uniquement li√©e √† la premi√®re guerre mondiale, il fut d√©finitivement ferm√© le 12 avril 1921 et abandonn√© √† la Marine, omnipr√©sente dans cette baie.
En 1925, une r√©flexion fut entam√©e en vue d'accueillir, au bout de la presqu'√ģle, du c√īt√© de la digue est, qui barre l'acc√®s √† la rade de Toulon, les hydravions embarqu√©s sur les croiseurs, lorsque ceux-ci n'√©taient pas √† la mer.
Officiellement arm√©e le 1er ao√Ľt 1933, elle ne sera op√©rationnelle qu'un an plus tard, avec l'arriv√©e des premi√®res unit√©s :
7S3 regroupant les hydravions évoqués plus haut.
7B2 du porte-hydravions Commandant Teste, ainsi que sa S.E. créée sur place en 1934.
Mars 1935 verra l'installation, sur le site, de la SEHE, qui n'était qu'une évolution de la S.E. du porte-hydravions, apportant ses CAMS 37, FBA 17 et Gourdou-Leseurre GL 810.
Le 1er octobre 1938, la SEHE devenue SESHE (marquise d'amour vos yeux...) en avril de la m√™me ann√©e, fut dissoute, apportant ses mat√©riels √† la S.E. de la base devenue SES en avril 1936. Cette m√™me ann√©e verra enfin les deux tiers des installations achev√©es, mais il faudra quand m√™me patienter jusqu'en 1939 pour la r√©alisation du slip de hissage, pourtant quasiment obligatoire pour la maintenance des hydravions et la grue, pour les m√™mes raisons. Le 31 ao√Ľt suivant, √† quelques jours de la d√©claration de la guerre et selon le plan de mobilisation, la SES donnait naissance √† la 3S6, fa√ßon √©l√©gante et peu on√©reuse de cr√©er une formation. Elle partira s'installer √† Aspretto avec les PL 15 ant√©diluviens qu'on lui avait confi√©, dr√īle de cadeau dans un conflit d√©butant avec des appareils ennemis plus rapide de 300 Km/h.
Les escadrilles 3S1 et 3S5, n√©es quelques jours plus t√īt, furent rattach√©es √† la base √† la m√™me p√©riode, tandis que la SES, qui n'avait pas donn√© l'ensemble de ses machines subsistait avec des machines aussi ringardes que celles de la 3S6.
A l'armistice, Saint-Mandrier tomba dans une semi-l√©thargie. Des penseurs, rue Royale, avaient quand m√™me eut le temps, entre la d√©b√Ęcle et le 1er ao√Ľt 1940, de rebaptis√©e la 3S1 en 7 S ...pour mieux la dissoudre √† la fin du m√™me mois, en compagnie de la 3S5. La base fut d√©sarm√©e le 11 ao√Ľt 1940, mais la pr√©sence de deux ballons captifs et la bonne volont√© italienne aidant, permirent de maintenir une petite activit√© d'entretien sur les hydravions des croiseurs, les sauvant de la destruction lors du sabordage de la Flotte, le 27 novembre 1942. Ce m√™me matin, les choses s'aggrav√®rent avec l'envahissement de la zone dite libre par les Allemands.
La base sera d'abord occupée par les Italiens qui y déployèrent six hydravions, puis par les Allemands eux-mêmes, à la chute de leur ex-allié, la dureté de cette occupation allant alors jusqu'au préavis donné aux habitants du village le 24 novembre 1943, d'évacuer les lieux sous huit jours. La soldatesque ferma donc l'enceinte militaire en février 1944...pour ne la voir rouvrir qu'au moment du débarquement allié de Provence.
Le 3 septembre suivant au matin, la Marine reprenait possession des lieux miraculeusement épargnés de la destruction programmée par une panne de courant. Les travaux de remise en état furent immédiatement attaqués pour accueillir, le 1er novembre, l'escadrille 2 S, la seule utilisant les Laté 298 restant disponibles, soit douze appareils, arrivant d'Arzew. En décembre de la même année, fut créée la 9 F, armée du Laté 611, d'un Breguet Bizerte survivant et, plus tard seulement du Breguet 730 Véga. Cette formation avait une mission entièrement dédiée au transport vers l'Afrique du nord et l'AOF, ce qui lui vaudra le suffixe Tr accolé à son appellation.
Si la 2 S, dès avril 1945, rejoignit Hourtin pour participer à la réduction des dernières poches de résistance nazies, la place libérée fut immédiatement, mais provisoirement prise par la 3 S, créée sur place le 13 mai suivant, cédant à son tour la place à la 4 S venant de Cuers-Pierrefeu, lorsque la première nommée parti à Friedrichsafen. La 4 S sera transformée sur Dornier 24 et partira pour Karouba avant la fin de cette année de la victoire.
Saint-Mandrier fut confirm√©e comme B.A.N. le 1er janvier 1946 et, avec les nouvelles r√®gles de d√©signation des escadrilles et autres flottilles, la 9 FTr devint l'escadrille 30 S, reprenant les activit√©s SAR de la 2 S dissoute √† Hourtin le 1er juin 1946. Le 1er juillet, c'est une escadrille de g√©ants qui se cr√©ait sur place, la 33 S regroupait en effet le Lat√© 611, les Breguet 730 puis 731, renforc√©e par deux hydravions l√©gers SCAN 20 malheureusement construits avec une variante du Novopan peu apte √† durer et avant, malheureusement pour elle, de r√©cup√©rer, en octobre 1953, quatre Nord 1402 Noro√ģt de la 26 F dissoute. D√©but 1950, la 20 S sur Dornier 24 sera rapatri√©e sur Saint-Mandrier pour dispara√ģtre, d√®s le 1er f√©vrier, absorb√©e par la 30 S.
Cette fusion ne porta toutefois pas chance à cette dernière, dissoute à son tour le 14 janvier 1952, assez tard pour voir se dessiner la nouvelle orientation de la base, avec la création sur le site, le 1er juillet 1951, de la 58 S, première formation d'hélicoptères de l'Aéronautique navale, composée de Bell 47 et Sikorsky S-51 construits chez Westland sous licence et ultérieurement de quelques HUP-2.
En 1952, le CPEAN, vint s'installer sur la base pour deux ans. La 58 S, en novembre 1954, d√©m√©nageait pour Fr√©jus Saint-Rapha√ęl, avec 4 Bell 47 et autant de HUP-2, devenant l'escadrille √©cole d'h√©licopt√®re de la Marine, sa mission Pedro √©tant reprise par la 23 S cr√©√©e √©galement in-situ depuis le 1er juillet 1954, sur HUP-2, les premi√®res Alouette II arrivant en 1956 et les Alouette III en 1963.
Les √©v√©nements se pr√©cipitant quelque peu, le 1er ao√Ľt 1954, la 12 S, ex 22 S arrivait de Cuers-Pierrefeu et √©tait transform√©e sur Nord 1402, reprenant une partie des hommes et la mat√©riel de la 33 S dissoute le m√™me jour. Ce fut aussi l'ann√©e o√Ļ les Br√©guet 731 seront retir√©s du service actif, le Bellatrix en janvier, l'Alta√Įr √† la dissolution, un an apr√®s les Dornier qui avaient fait preuve d'une long√©vit√© inconnue des Noro√ģt, mis en service en 1951 et dont la 12 S se s√©para sans √©tats d'√Ęmes d√©but 1955, au vu des incidents et autres accidents √† leur actif en si peu de temps de service.
Ils seront remplac√©e par des Short Sunderland en septembre suivant, mais l'escadrille sera elle aussi dissoute le 1er janvier 1960, son mat√©riel √©tant revers√© √† la 50 S de Lanv√©oc-Poulmic. Le d√©clin de l'hydravion √©tait devenu in√©luctable, tant √©taient lourdes les suj√©tions de mise en oeuvre, notamment la batellerie et la corrosion √† l'air salin, aussi bien pour la coque que pour les appareillages √©lectroniques d√©butants. A type d'appareil √©quivalent, il fallait trois fois plus d'heures d'entretien pour un hydravion que pour un avion terrestre, avec ce que cela suppose en co√Ľt suppl√©mentaire et en non disponibilit√© des machines en cas de besoin.
C'√©tait maintenant le tout h√©licopt√®re √† Saint-Mandrier. Le 31 ao√Ľt 1961, la 31 F sur Sikorsky HSS 1 rejoignait la plate-forme, suivie de la 32 F sur le m√™me mat√©riel le 1er juillet 1962, avant son transfert √† Lanv√©oc-Poulmic le 24 juin 1964. La nature ayant horreur du vide, quelques jours seulement apr√®s ce d√©part, la 33 F √©galement √©quip√©e des m√™mes machines et sp√©cialis√©e dans le transport d'assaut de commandos, arrivait de Fr√©jus Saint-Rapha√ęl. Au 1er juillet 1965, les derniers HUP-2 √©taient sortis du service actif, la 23 S ne gardant que ses Alouette II et les quelques Alouette III re√ßues.
Les HSS 1 des 31 et 32 F, √©quip√©s d'un dispositif de flottaison de secours en 1970, assorti √† leur nouvelle mission ASM, redevinrent uniquement terrestres, en 1977, les cas de flottation devenant un peu trop fr√©quent au go√Ľt d'EMGM, avec l'usure des machines. Cette situation ne dura pas, en 1978, la 31 F d√©butait sa transformation sur Lynx, alors que la 32 F pr√©parait sa reconversion sur Super-Frelon.
En 1979 les HSS 1 étaient tous réformés, avatar qui toucha en même temps la Section Jeanne d'Arc présente sur la base depuis sa création en 1969. Elle donnera toutefois naissance à la 35 F dotée de Lynx et d'Alouette III, rapidement transférée en Bretagne. Au cours du deuxième trimestre de 1987, l'école de télé-pilotage de missiles, rattachée jusqu'alors à la 59 S de Hyères, fut installée sur le site. Elle sera le dernier transfert positif de Saint-Mandrier.
L'ann√©e 1990 verra l'arriv√©e d'un nouveau type d'h√©licopt√®res sur la base, avec 3 SA 365F Dauphin, destin√©s aux missions Pedro sur les P.A. Ils furent affect√©s √† la 23 S, v√©n√©rable escadrille de 36 ans d'√Ęge √† ce moment. Le 15 septembre 1995, la derni√®re flottille cr√©√©e par la Marine le fut sur cette plate-forme, c'√©tait la 36 F, elle sera √©quip√©e de AS 565 Panther, alors qu'un peu plus tard, le 1er octobre 1999, les 33 F et 23 s √©taient dissoutes pour reconstituer une nouvelle 35 F, la premi√®re ayant √©t√© dissoute un an plus t√īt !
2000 vit la r√©duction de format de la 31 F, passant de 12 √† 8 lynx, √† l'aube de ses quarante ans d'existence dans la lutte ASM et de pr√©sence ininterrompue sur la base, mais dans les m√©moires, cette derni√®re ann√©e du 20 √®me si√®cle fut surtout celle o√Ļ EMGM d√©cida de regrouper √† Hy√®res les 31, 35 et 36 F ainsi que le CEI, action programm√©e pour le 3 novembre 2003, juste apr√®s le d√©part de la 28 F de Hy√®res vers N√ģmes-Garons. Dans le m√™me esprit, les Super-Frelon quittaient Saint-Mandrier le 1er juin 2001 pour Lanv√©oc-Poulmic, √† l'exception d'une machine d√©tach√©e √† Hy√®res pour les missions de service Public. Par effet de balancier, les Dauphin SP d√©ploy√©s sur quatre sites de France pour la m√™me action et appartenant √† la 32 F √©taient r√©troc√©d√©s √† la 35 F.
La date de départ des flottilles fut respectée, annonçant la fermeture définitive de la B.A.N. au 1er janvier 2005, quatre vingt neuf ans après les pétarades des Gnome et autres Hispano-Suiza sur la place de la mairie.
nanard
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