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Ballons Caquot type P et R

MessagePosté: Ven 14 Sep 2012 12:25
par vigi
En 1916, la guerre sous-marine menée par la Kaiserliche Marine devenait de plus en plus préoccupante pour la France et l'Angleterre qui voyaient mis à mal leurs lignes de communication maritime.
Pour contrer ce nouvelle aspect de la guerre en mer, la Marine française étudia plusieurs solutions autour de l'utilisation de la nouvelle arme aérienne.
Parmi ces options, il y eu l'utilisation des ballons captifs.

Lorsque la Marine décida de ce doter de ce type d'aérostat, elle envisagea trois missions:
-Le réglage d'artillerie pour les bâtiments de ligne.
-La lutte anti-sous-marine en détectant depuis ces ballons les submersibles en plongée.
-La détection des mines semi-immergées et immergées.

La tournure des évènements de la guerre navale de 1914 à 1918 firent que ces ballons captifs ne furent finalement utilisés que dans la détection et l'aide à la destruction des mines.

La Marine française se dota au début de 1916 de ballon captif dit ballon Caquot, du nom de son inventeur, Albert Caquot un ingénieur des Ponts et Chaussées qui apporta énormément à l'aéronautique, car outre l'invention du ballon captif, il développa le concept de l'hélice "aérienne" pour lui donner la forme que l'on connait aujourd'hui. Albert Caquot eut d'ailleurs comme élève un certain Marcel Bloch qui ouvrira ensuite un atelier de construction d'hélice avant de ce lancer dans la construction aéronautique sous son nom, puis sous celui de Dassault après 1945.

Albert Caquot après avoir effectué son service militaire dans l'aérostation en 1901, est mobilisé en 1914 au sein d'un bataillon de cette arme.
Il se rend vite compte que les ballon d'observation sphérique sont instable dès que le vent se lève, il élabore alors un nouveau concept de ballon oblong doté de stabilisateurs sur sa partie arrière.
Désormais capable de ce maintenir en l'air avec des vents de 90 km/h, Caquot améliore encore ce concept en inventant un treuil à couple de freinage constant. C'est grâce à ce système spécialement conçu pour la Marine par l'ingénieur que les ballons Caquot débutent leurs carrières au sein de cette arme.
L'association de ce treuil et du ballon Caquot permet une mise en œuvre depuis de bâtiments en mouvement par des vents pouvant aller jusqu'à 125 km/h.

Les ballons Caquot furent alors fabriqués par les ateliers Chalais-Meudon.
La Marine en commanda deux types.

Les ballons type P ou de patrouille qui avaient un volume de 820 m3 et qui pouvaient s'élever à 500 mètres d'altitude avec deux observateurs.
Ce type de ballon captif fut mis en œuvre par les patrouilleurs, les convoyeurs et les dragueurs de mines.

Le second modèle était le Type R, uniquement destinés aux bâtiments de ligne avec un volume de 1 000 m3, les types R pouvaient s'élever à 1 000 mètres d'altitude avec deux observateurs ou 500 mètres avec trois membres d'équipage. Ces derniers étaient plus spécialement destinés aux réglages d'artillerie en cas de bataille navale avec l'ennemi.

La Kaiserliche Marine ne s'aventura jamais en très haute mer, la Marine française n'eut donc l'occasion d'utiliser ses ballons captifs que pour la lutte anti-mines.
A la fin de la Première Guerre Mondiale, la Marine disposait dans l'hexagone de soixante-douze ballons Caquot répartis dans dix-huit bases, qui possédaient chacune un groupe de quatre aérostats.
Quatre-vingts bâtiments de tout types avaient été équipés pour mettre en œuvre ce type d'appareil et, pour être complet, la Marine disposait également de deux bases établis à Corfou et à Moudros.

Afin d'assurer une parfaite coordination entre le navire remorqueur et son ballon captif, l'équipage de ce dernier disposait d'un poste téléphonique dont le câble courait le long du filin de treuil.

Comme ces ballons furent employés pour l'essentiel dans la détection des mines, leurs missions se déroulaient ainsi:
L'équipage était hissé en altitude et commençait alors son observation, dès qu'un des deux membres d'équipage apercevait des mines sous-marine, grâce à sa position élevée et à la transparence de l'eau, il le signalait par téléphonie à son navire remorqueur, qui dépêchait alors un dragueur de mine sur le secteur, ou effectuait lui-même la destruction de l'engin.

La seconde mission qui fut assigné à ces ballons captifs fut l'escorte de convois essentiellement en Méditerranée.
Dans ce cas, le but premier était la détection des sous-marins et des champs de mines. La détection d'une éventuelle escadre allemande ou austro-hongroise au-delà de la ligne d'horizon, faisait également partie de la mission même si les chances de les rencontrer étaient plus qu'improbable.

Ballon Caquot type R
Image

Sources image Wikimedia
Sources: Les vainqueurs de l'air, Comte de La Vaulx, ed. Hachette 1921

Re: Ballons Caquot type P et R

MessagePosté: Mer 8 Nov 2017 09:39
par ElizabethMireles
Thanks for the description! It's very important for me to know these details, since history is not only our past!