Spad XIII

Pour discuter des appareils non navals de la Grande Guerre.

Spad XIII

Messagepar vigi » Ven 29 Oct 2010 12:37

Premier vol: 4 Avril 1917
Mise en service: fin Mai 1917
Retrait du service:

Construit autour de l'excellent moteur Hispano-Suiza 8 à refroidissement liquide, la SPAD XIII est un chasseur issue de la recherche de l'ancien ingénieur en chef de chez Deperdussin. Cette entreprise en proie à de grosse difficultés financières avant la guerre avait été racheté par Louis Blériot qui créa la société SPAD (Société Pour l'Aviation et ses Dérivés), l'avionneur eu la bonne idée de conserver l'ex ingénieur de chez Deperdussin dans son personnel.

Lorsque la guerre éclata, la société SPAD se mit à fabriquer des chasseurs, dont le SPAD XIII allait être l'aboutissement.

Issue du SPAD VII, le petit chasseur ne connu pas un début de flamboyant, les pilotes accueillirent avec un sentiment mitigé cet appareil aux performances qui sans être mauvaises, n'était pas extraordinaires.
Pendant les premiers mois, les pilotes continuèrent à lui préférer le Nieuport NI-17.
Mais assez rapidement, la robustesse et la fiabilité du SPAD prirent le dessus.

La notoriété de cet appareil se voit au nombre d'as qui volèrent sur le SPAD XIII, René Fonck, Francesco Baracca, Georges Guynemer, Léon Bourjade, Charles Nungesser, Jean Chaput, Ernest Maunoury, Eddie Rickenbacker



Caractéristique du SPAD XIII

√Čquipage: 1x pilote

Envergure: 8,10 m
Longueur: 6,30 m
Hauteur: 2,35 m
Surface alaire: 21,1 m²

Masse à vide: 566 kg
Masse maximale: 845 kg

Motorisation: 1x moteur Hispano-Suiza 8B-V8 de 220 ch
Vitesse maximale: 234 km/h
Plafond pratique: 6 650 m
Vitesse ascensionnelle: 120 m/min
Rayon d'action: 350 km

Armement: 2x mitrailleuses Vickers synchronisées en tir à travers l'hélice de 7,7 mm

Exemplaire construit: 8 472

Pays utilisateurs:
Argentine, Belgique, Brésil, Espagne, Finlande, France, Grèce, Italie, Japon, Pologne, Royaume-Uni, Russie, Siam, Tchécoslovaquie, Turquie, USA, Uruguay.


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Sources:
Avions de la Première Guerre Mondiale, Ed. Hachette


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Sources photographiques: vigi
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Re: Spad XIII

Messagepar nanard » Dim 22 Avr 2012 22:01

Développement d'un médiocre biplan biplace également dessiné en 1914 par Louis Béchereau, le Spad XIII était un avion de chasse puissant, rapide, bon grimpeur, étonnement robuste, capable, de plus, de piquer très vite, pour son époque, sur sa cible, 450 Km/h !
Apr√®s son premier vol le 4 avril 1917, la production d√©buta au milieu de la m√™me ann√©e, sans aucun camouflage sur les appareils livr√©s, celui-ci ne sera r√©alis√© en usine qu‚Äô√† partir d‚Äôoctobre, sur le sch√©ma traditionnel de l‚Äô√©poque : noir, noisette, beige, vert clair et vert fonc√©. Mis en Ňďuvre avec un √©gal succ√®s, √† tr√®s basse comme √† haute altitude, au sein de l‚ÄôA√©ronautique militaire √† la fin de la m√™me ann√©e, son domaine de pr√©dilection √©tait le combat vertical.
Sa motorisation, moderne et complexe, était assurée par un Hispano-Suiza 8 Ba, 8 cylindres en V à refroidissement liquide de 225 ch., muni d'une hélice bipale tractive en bois, assurant une autonomie de 2 h à 2 heure 30. Il était supporté par un berceau en noyer massif, contreplaqué et acier, d'une solidité à toute épreuve, prolongé jusqu’au siège du pilote. Malheureusement, la fragilité de son réducteur d’hélice était telle, qu’à la fin de l’année, ce type d’avion ne pouvait voler qu’un jour sur trois.
Sa structure en bois vernis, de section rectangulaire, √©tait arrondie sur le dos et sous le ventre, avec un appui-t√™te int√©gr√© au profil sup√©rieur, le tout rigidifi√© par des croisillons en corde √† piano. Son bon fonctionnement n√©cessitait quand m√™me quatre circuits distincts pour l'essence, l'eau, l'huile et l'air. L‚Äôaile sup√©rieure portait deux nourrices d'essence, constituant une r√©serve d'environ vingt minutes, le r√©servoir principal, formant le ventre du fuselage, comportait une plaque m√©tallique soud√©e √† l'√©tain, pouvant √™tre arrach√©e par le pilote en tirant sur un c√Ęble, un des premiers syst√®mes de vidange rapide (vide-vite) sur un avion de combat.
Il était mis en pression au démarrage de la machine, avec une pompe à main, et en vol par le moteur. Le circuit de refroidissement comportait également une nourrice dans l'aile supérieure, servant en permanence à réchauffer le carburateur, le radiateur d'eau possédant des volets réglables. L'amélioration apportée à la carburation en particulier et au fonctionnement général de l'appareil à haute altitude était indéniable. Le circuit d'huile, quant à lui, était alimenté par un réservoir de 17,5 litres, situé dans le fuselage et par deux pompes de circulation, avant et après le radiateur.
Bien s√Ľr, l'instrumentation se ressentait de cette complexit√©, mais le pilote baignait dans un confort ¬ębourgeois¬Ľ, avec une bonne ergonomie et un int√©rieur coquet, m√©lange de bois clairs vernis et de laiton pour les instruments, sur une planche de bord cintr√©e, les jambes baignant en permanence dans un courant d'air chaud provenant du moteur et du radiateur. Pour le construire, la main d'Ňďuvre devait √™tre importante et qualifi√©e.
Le SPAD pr√©sentait les d√©fauts caract√©ristiques des premiers avions, avec les poids regroup√©s sur ou sous les ailes, cette confusion des centres entra√ģnant des appareils trop centr√©s arri√®re, lourds de la queue, avec des gouvernes de profondeur moins efficaces et un domaine de vol limit√© en basse vitesse, en virage inclin√©s, qu‚Äôils soient effectu√©s en palier ou en mont√©e, avec des d√©crochages brutaux. Les ailes, ne pouvaient remplir leur office qu'en configuration biplane. Il lui fallait de puissants m√Ęts profil√©s et de nombreux c√Ębles en croix pour les relier, ressemblant √©trangement aux ailes des balbutiements, pas si lointains, de l'aviation, avec un profil √† peine plus √©labor√©, tr√®s mince, pouvant seulement convenir √† un avion rapide, pour le vol comme pour l'atterrissage.
Elles paraissaient fr√™les ces ailes, avec deux longerons en spruce peu √©pais, toupill√©s et renforc√©s par du contreplaqu√© puis enrob√©s de toile et d'enduit colle (marouflage).Tous les 15 cm on trouvait des nervures et malgr√© un croisillonnement interne de corde √† piano pour raidir l'ensemble, la souplesse serait tenue pour inqui√©tante aujourd'hui. Le point permettant de diff√©rencier imm√©diatement Spad VII et XIII, √©tait l‚Äôinclinaison des m√Ęts de cabane dans le second cas, correspondant √† une avanc√©e de l‚Äôaile sup√©rieure d‚Äôune quinzaine de centim√®tres.
Les gouvernes de profondeur et de direction, command√©es par c√Ębles, avec des renvois en Duralumin et des tringles pour les ailerons, comme les avions modernes, auraient pu √™tre encore plus efficaces, sans la multitude de frottements et de torsions existants.
Le fuselage était glissé en force dans une espèce de chaussette en toile de lin, clouée ensuite à l'avant et à l'arrière, puis enduite. La toile était lardée sur les nervures par un fil passé à travers l'épaisseur de l'aile, au moyen d'une longue aiguille mue par deux personnes, méthode toujours en vigueur aujourd'hui, dans l’aviation de plaisance. La tension était bonne, mais l'accès à l'intérieur nécessitait des trappes de visite. Le train d'atterrissage bicycle fixe en bois et d'un démontage complexe, disposait d’un amortissement réalisé par un enroulement de sandows.
Si la visibilité sur l'avant et vers le bas était pour le moins mauvaise, rien ne pouvant être caché vers le haut et sur l'arrière supérieur. Deux mitrailleuses synchronisées Vickers .303 de calibre 7,7 mm, alimentées par bandes à 350 coups chacune, étaient installées sur le capot moteur, inaccessible pour celle de gauche, munies d'un viseur Chrétien sans lentille filtrante ou grossissante. Le pilote disposait même d'un maillet, pour dégager les cartouches, se coinçant assez souvent !
7300 exemplaires du Spad XIII seront fabriqu√©s avant la fin des combats, surclass√©s un peu plus chaque jour, par leurs adversaires, durant les derniers mois de la guerre, les avions fran√ßais de remplacement √©tant seulement pr√©vus √™tre disponibles √† l‚Äô√©t√© 1919. Les pilotes ne gard√®rent pas un souvenir imp√©rissable de cet avion auquel ils pr√©f√©raient le SPAD VII (*), moins performant mais plus maniable. C'√©tait une fin de race, dessin√©e et construite selon des techniques qu'on peut qualifier d'anciennes, comme si les concepteurs, B√©chereau √©tait un ancien de Deperdussin, s√Ľrs de leur exp√©rience, n'avaient jamais eu √† se remettre en cause.
L'A√©ronautique maritime recevra un total de douze exemplaires √† Saint-Pol-sur-Mer o√Ļ ils furent affect√©s en juillet 1918. Ils servirent √† reconstituer l'escadrille d√©cim√©e fin 1917 par une attaque a√©rienne allemande, resteront en service jusqu'√† l'Armistice et seront rendus √† l'A√©ronautique militaire en d√©cembre 1918.
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