Max Holste MH-1521 Broussard

Max Holste MH-1521 Broussard

Messagepar vigi » Dim 28 FĂ©v 2016 18:06

Premier vol: 17 Novembre 1951
Mise en service: 27 Juillet 1955 (AN)
Retrait: Juillet 1993 (AN)

Comme à notre habitude, nous allons développer ici la carrière aéronavale d’un appareil qui connut bien plus de succès sous le commandement d’autres armes, voir à l’exportation.
Le Max Holste MH-1521 Broussard est en effet bien connu pour ses faits d’armes et sa carrière dans l’Armée de Terre (ALAT) et dans l’Armée de l’Air.
Il ne faut pour autant pas oublier une carrière discrète mais efficace au sein de l’Aéronavale française.
Avant de développer cette carrière sous la cocarde à l’ancre, revenons rapidement sur les origines et les caractéristiques de cet aéronef « à tout faire ».

L’entreprise d’aéronautique Max Holste porte le nom de son fondateur, un ingénieur de la société d’aviation Amiot qui quitta son poste en 1939 pour se consacrer à la conception d’aéronef.
La Seconde Guerre Mondiale va mettre un coup de frein au développement de cette société qui consacra ses efforts, durant cette période complexe, aux développements de planeurs sportifs et d’entrainements.
Ayant due tout reconstruire à la sortie de la guerre – tout fut perdu, plans, ateliers et prototypes, lors d’un bombardement allié en 1944.
Max Holste vit son horizon s’éclaircir grâce à des liens d’amitié avec l’as français Pierre Clostermann, qui à l’aide de son réseau, lui permit de s’installer à Reims et de faire face aux sociétés aéronautiques d’Etat, les SCIM et SNCASE.

En 1950, les armées françaises sont encore en pleine reconstruction et sont à la recherche d’un appareil polyvalent, pouvant opérer depuis des terrains faiblement aménagés et ayant des capacités STOL.
Le souhait de disposer d’un appareil de fabrication nationale est assez fort, d’autant que les modèles existant, tous étrangers, ne correspondent pas ou peu au cahier des charges. Sans parler des équipements hétéroclites pour la plupart issues des saisies sur les stocks de l’occupant allemand.
Ce fut dans ce contexte que naquit le prototype du MH-152, un monomoteur à moteur Salmson-Argus de 220 ch, aile haute haubanée, double dérive, avec un train d’atterrissage fixe, de type classique. Ce dernier donne une ligne caractéristique à l’appareil avec ces deux jambes fixe constitué d’une barre d’acier plein dont la flexibilité donne une grande partie de la capacité d’opération tout terrain de l’appareil.

Alors que le développement du MH-152 allait bon train, des concurrents se présentèrent comme le DH-2 Beaver et le Scottish Aviation Pionner, qui imposèrent à Max Holste de réviser sa copie.
RĂ©vision qui donna naissance u MH-1521 Broussard.
Le MH-1521 est en fait un MH-152 agrandi avec un moteur plus puissant, à savoir le très robuste Pratt & Whitney R-985 de 450 ch.
Le prototype qui effectua son premier vol le 17 Novembre 1951, était encore un appareil civil. Ce ne fut qu’avec le quatrième prototype que la version militaire fut testée, suite à un très fort intérêt pour cet appareil de la part de l’Armée de l’Air.
Comme évoqué au début de ce trait, nous passerons sur la carrière au sein de l’Armée de l’Air et de l’Armée de Terre.
On peut noter que les premières armes se feront lors du conflit en Afrique du Nord avec comme missions principales les évacuations sanitaires et l’appui logistique.

La carrière aéronavale du MH-1521 Broussard débuta les 27 et 28 Juillet 1955 par des essais au CEA de Saint Raphaël, qui furent suivi d’une commande immédiate de trois appareils en 1956.
Ces MH-1521, les 43,63 et 66, pour être précis, furent affectés à la 10S pour assurer les liaisons avec l’ile du Levant au large de Toulon. Le n°43 fut initialement versé au CEPA (Centre d’Expérimentations Pratiques de l’Aéronautique Navale) avant de rejoindre l’escadrille 10S.

Cette commande des MH-1521 devait remplacer des Morane Saulnier 500 à bout de souffle et intégrait aussi une escadrille à l’équipement aussi hétéroclite qu’obsolète avec dans le désordre, des Junker Ju-52, 88 et 188 ou encore de Siebel.
La 10S était basé à Frejus-St Raphaël à la réception des trois MH-1521 en Juillet 1957 pour le 43 (CEPA), en Janvier 1958 pour le 63 et le mois suivant pour le 66.
A leur arrivée, la 10S restait encore une escadrille très hétéroclite avec trois TBM Avenger, trois F-4U7 Corsair, un Hurel-Dubois HD-31, trois Dassault Flamand, six Nord 1002, deux Br-1050 Alizé, deux CM-175 Zéphir, un Junker Ju-52, trois SNCASE Aquilon, trois Avro Lancaster et deux Bloch 161…
Le paradis de l’uniformisation quoi !!
La maintenance et la logistique qui y était associée devait être un joyeux enfer à cette époque.

Le 2 Décembre 1959, le barrage de Malpasset se rompit, entrainant une catastrophe régionale à laquelle la base de St Raphaël n’échappa pas.
Parmi les victimes « aéronautique », on compta les MH-1521 43 (codé 10.S.36) et 66 (codé 10.S.38).
Le 66 fut immédiatement réformé, tandis que le 43 fut renvoyé chez le constructeur à Reims pour être remis en état.
Le Broussard 64 (codé 10.S.37) fut épargné car basé sur l’ile du Levant le jour de la catastrophe.

En Janvier 1961, les deux Broussard MH-1521 changèrent d’affectation en étant versés à l’escadrille 3S à Cuers-Pierrefeu.
Ce changement d’affectation ne changea cependant pas les missions des deux appareils qui restèrent affectés aux liaisons avec l’ile du Levant.
Le 1er Septembre 1967, la 3S s’installa sur la base de Hyères.
La carrière des deux MH-1521 Broussard prit fin le 1er Août 1969, avec le retrait des deux appareils, en même temps que les MD-312 Flamand. Ces appareils furent remplacés par des Nord 262 et des PA-31 Navajo.
Ces deux Broussard furent revendus au Ministère de la Jeunesse et des Sports pour l’entrainement des parachutistes.

Une autre unité de l’Aéronautique Navale employa le MH-1521 Broussard, la DCAN – Direction des Constructions de l’Aéronautique Navale.
Un appareil fut affecté à cette administration, le n°258, qui fut prélevé sur les effectifs de l’Armée de l’Air le 4 Mars 1968.
Cet appareil fut affecté à l’entrainement des équipages navigants technique et basé à Cuers-Pierrefeu.
L’appareil fut réformé en Juillet 1986 et versé à l’école des mécaniciens de l’Aéronavale de Rochefort sur Mer, pour être ensuite donné au musée de l’Aéronavale établit sur cette même base.
Le 4 Juin 1986, la DCAN reçu un autre Broussard pour remplacer le n°258. Ce fut le MH-1521 n°187 qui resta en service jusqu’en Juillet 1993, mettant un terme définitif à la carrière du MH-1521 au sein de l’Aéronavale.


Le Max Holste MH-1521 Broussard en chiffres:

Longueur: 8,75 m
Envergure: 13,75 m
Hauteur: 3,67 m
Surface alaire:

Masse Ă  vide: 1 805 kg
Masse maximum au décollage: 2 700 kg

Motorisation: 1x moteur Pratt & Whitney R-985 de 440 ch
Vitesse maximum: 305 km/h
Vitesse de croisière: 185 km/h
Vitesse de décrochage: 98 km/h
Distance franchissable: 1 200 km
Plafond pratique: 5 500 m

Sources: Broussard MH-1521, Thierry Gibaud ed. ETAI.
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