Les origines du F-14 Tomcat


L'origine du "Tomcat" remonta aux années 1950, lorsque les services de renseignement américains découvrirent les clichés des premiers missiles "air-mer" soviétiques.
Equipées de réacteurs ou de moteurs-fusées, ces nouvelles armes – plus proches des drones que des missiles – pouvaient être larguées par avions à des distances de sécurité pour se diriger sur des bâtiments ennemis à l'aide d'un guidage radar.
En outre, la doctrine soviétique privilégiant la destruction à la paralysie d'un objectif, les Américains devinaient sans mal la charge létale équipant ces nouveaux missiles, de l'ordre de 1.000 kg de TNT, voire des charges nucléaire.
C'était dès lors une nouvelle menace que les USA ne pouvaient plus ignorer ni prendre à la légère. Tous les bâtiments de l'OTAN étaient du jour au lendemain exposés au danger, plus particulièrement les futurs " Super-carriers " américains.
La protection de ces gros bâtiments était devenue ultra-prioritaire et, il fallait trouver une parade au plus vite.
Parade que le nouveau chasseur embarqué de l'US Navy, le McDonnell Douglas F-4 Phantom II, était tout simplement incapable d'assurer.
L'US Navy devait donc lui trouver un remplaçant de toute urgence.
La première solution envisagée était bien sûr de concevoir un missile capable de stopper ces missiles en approche.
Seulement, le laps de temps risquait d'être trop court. Surtout lorsque le missile attaquant était armé d'une ogive nucléaire de quelques centaines de kilotonnes. Là, c'était tout le groupe de combat qui courait le danger d'une destruction totale.
Finalement, la réponse vint de l'expérience de la Seconde Guerre Mondiale avec la lutte contre les kamikazes japonais: détruire la menace avant même qu'elle n'entame son attaque.

Les Etats-Unis devaient donc concevoir un avion capable d'intercepter les avions-porteurs ennemis avant qu'ils puissent lancer leurs missiles vers les bâtiments.
Cet avion allait devoir décoller vite (dès la détection de la menace), voler vite afin de détruire les avions ennemis le plus loin possible de la Flotte qu'il était censé protéger.
Parallèlement, un nouveau missile serait conçu autour de ce nouvel avion pour l'aider dans sa tâche. Ce missile devait également pouvoir détruire les missiles qui seraient déjà lancés de l'avion-porteur avant sa destruction.

La première tentative dans le domaine vit le jour sous la forme du Douglas F6D Missileer avec son missile à longue portée Bendix Eagle.
Mais le projet révéla un avion lourd, pataud et lent, dont le rôle consistait seulement à transporter le missile Eagle vers la zone d'interception.
Le Douglas F6D était un chasseur subsonique et, à l'époque personne ne croyait plus en ce type d'appareil, à commencer par le secrétaire d'état à la Marine, Thomas S. Gates Jr. qui profita de coupes budgétaires pour annuler le projet du F6D Missileer et de son missile.
Le projet avait cependant permit de développer un certain AWG-9. Un radar qui n'allait pas tarder à prouver son efficacité.

Dans les années 1960, l'US Navy décida de se lancer dans une nouvelle tentative pour son arme de " protection de la Flotte ".
Ce programme fut nommé: FADF -Fleet Air Defense Fighter-.
Elle avait l'intention de lancer un appel d'offres pour un nouvel avion bien plus efficace que le défunt F6D Missileer.
En dehors de sa mission première d'interception, cet avion devrait également être capable d'assurer la supériorité aérienne sur zone, ainsi que d'autres missions annexes telles que la reconnaissance armée.
Vers la même époque, un successeur au missile Bendix Eagle venait également de voir le jour: le futur AIM-54 Phoenix de chez Hughes.


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Le projet TFX

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