Le F-14 Tomcat en opération


Avec deux squadrons entiers, soit 48 F-14 Tomcat sur un seul porte-avions. Le groupe aéronaval pouvait les diviser en 4 formations de 12 unités chacune.
Sachant que chaque Tomcat pouvait embarquer jusqu'à 6 missiles Phoenix, cela faisait 4 vagues de 72 Phoenix chacune, qui en cas de confrontation ferait un écran de 288 Phoenix !
Aucune formation d'attaque, aussi puissante fût-elle, ne pourrait franchir ce " mur " sans subir des dommages sévères.
La Marine américaine venait de trouver la parade aux formations lourdes de l'aéronavale soviétique.
Cette technique défensive allait d'ailleurs être celle adoptée par le F-14 Tomcat tout au long de sa carrière.
Cependant, il était rare de voir un F-14 Tomcat s'envoler avec un chargement maximal de 6 Phoenix car, même si l'avion ne transporterait dans ce cas qu'un minimum de carburant, son poids total aurait dépassé le seuil critique autorisé pour un appontage. L'avion aurait été contraint de larguer au moins deux de ses Phoenix avant de se poser à nouveau sur le porte-avions, chose inimaginable compte tenu du prix d'un missile Phoenix.
Par conséquent, la dotation normale était le plus souvent de quatre Phoenix (voire deux), deux Sparrow et deux Sidewinder, permettant ainsi à l'avion de couvrir toutes les distances possibles d'interception.
Si le personnel de pont d'un porte-avions devait un jour assister au décollage de Tomcat armés de 6 Phoenix, cela aurait été le signal de départ d'une vraie confrontation. Ces Tomcat-là étaient vraiment partis pour une mission BARCAP (barrage), où ils auraient été amenés à utiliser leurs 6 missiles sur des cibles réelles.

F-14 Tomcat Au fil des années, le Tomcat fut encore modifié pour pouvoir emporter également toutes sortes d'armes air-sol, allant des missiles de toutes portées aux roquettes, en passant par les bombes lisses et guidées.
Ses capacités se retrouvaient donc accrues.
Hormis ses multiples vocations air-air, l'avion de Grumman pouvait à présent traiter des cibles air-sol.
210 Tomcat (76 F-14A, 81 F-14B et 53 F-14D) furent modifiés pour embarquer un pod LANTIRN afin de larguer des bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II.
Ces F-14 furent surnommés Bombcat.

L'autre mission assignée au Tomcat fut la reconnaissance aérienne tactique.
Avec le retrait des RF-8G et des RA5C, l'US Navy se retrouva sans vecteur de reconnaissance.
Pour pallier cette absence en attendant l'arrivée d'un RF-18 Hornet, l'US Navy demanda à Grumman de modifier une partie de son parc de F-14 afin que ces derniers puissent embarquer la nacelle de reconnaissance TARPS.
Cette mission était sans doute la plus dangereuse mais aussi la plus importante, car elle consistait à survoler un territoire ennemi et à prendre des photos (ou filmer avec les caméras de bord) au profit du groupe de combat aéronaval.
Lors de la Guerre du Vietnam, cette mission périlleuse était attribuée au RA-5 Vigilante, qui devait survoler un objectif avant la mission pour évaluer ce dernier mais aussi après, afin de confirmer sa destruction.
Beaucoup de ces appareils furent perdus, car les Nord-Vietnamiens étaient prêts à les accueillir un fois passé la surprise de l'attaque initiale. Le taux de perte était encore accentué par l'absence d'armements d'autodéfense à bord du Vigilante.
Ce qui n'était plus le cas du Tomcat, qui pouvait embarquer des armes pour sa propre défense, tout en embarquant la volumineuse nacelle TARPS.
Pour autant, les missions TARPS s'effectuait en binôme, un F-14 embarquait la nacelle et deux AIM-9 tandis que le second Tomcat partait en configuration CAP (Combat Air Patrol) avec quatre AIM-7 Sparrow et quatre AIM-9 Sidewinder.


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Les évolutions du F-14 Tomcat

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