Le F-14 Tomcat en service

F-14 Tomcat
Le 21 décembre 1970, soit avec un mois d'avance sur le programme, le premier prototype – désormais appelé F-14 Tomcat - prit son envol du terrain de Calverton de l'usine Grumman Aerospace, situé à Long Island.

Le 30 décembre suivant, le prototype quitta le sol pour son deuxième vol mais, à cause d'une panne hydraulique à basse altitude, l'avion s'écrasa dans une clairière. L'équipage s'en tira in extremis grâce au nouveau siège éjectable Martin-Baker GRU7A.
Cependant, même si trois prototypes du nouvel avion furent perdus durant les mois suivants, le programme se poursuivit avec succès, à la grande satisfaction de la Marine.

Une anecdote mérite d'être rapportée au sujet des prototypes:
L'US Navy craignant un possible disfonctionnement de la géométrie variable, elle demanda à Grumman d'effectuer des vols avec une aile en flèche maximale et l'autre en flèche minimale.
Bien que cette panne fut mécaniquement impossible, l'avionneur s'éxécuta. Les mécaniciens désaccouplèrent le système de géométrie variable et mirent la voilure gauche à différents degrés de fléche, tandis que celle de droite était placé à 20°.
Entre 19 Décembre 1985 et le 28 Février 1986, le prototype n°3 effectua ainsi plusieurs vols avec cette voilure "fixe", mais asymétrique (35°, 50°, 60° puis 68° de flèche pour la voilure gauche).

Le F-14 Tomcat fut l'un des appareils les plus lourds jamais embarqués sur porte-avions, notamment lorsqu'il embarquait sa charge maximale de six missiles Phoenix, deux missiles Sidewinder et deux réservoirs pendulaires.
Car, sachant que les Soviétiques avaient pour tradition d'attaquer en formation imposante et de manière combinée (bombardiers, navires et sous-marins), l'US Navy voulait un chasseur capable de transporter le plus de missiles d'interception possible avec un maximum de carburant, le Tomcat embarquait 11 051 litres de kérosène, capable de voler vite et loin, et surtout très longtemps, afin de pouvoir couvrir efficacement toute la Flotte à une bonne distance de sécurité.
En d'autres termes, un appareil de grandes dimensions capables de transporter le gros et lourd AIM-54 Phoenix, un missile de longue portée spécialement conçu pour la destruction des missiles "seaskimmers" et les formations de bombardiers supersoniques soviétiques.
Ainsi, au moment le plus " chaud " de la Guerre Froide, chaque porte-avions américain, excepté ceux de la classe Midway, embarquait jusqu'à deux Squadrons de F-14 Tomcat soit un total de vingt-quatre appareils.

F-14 Tomcat Le F-14 Tomcat allait devenir omniprésent sur les ponts d'envol des porte-avions américains, du début des années 1970 jusque vers le milieu des années 2000.
Fait anecdotique, comme le F-111B, le F-14 Tomcat faisait toujours vibrer tout le porte-avions lorsque ses roues touchaient le pont, mais jamais personne ne se plaignait… alors que, le F-111B avait été jugé trop lourd dès que ses roues avait touché le pont du porte-avions pour la première fois.

Début 1973, les premiers Tomcat de série furent mis en service par l'escadron de transformation VF-124 " Fighting Checkmates " sur la base navale de Miramar, en Californie.
En septembre 1974, deux premiers squadrons, les VF-1 " Wolfpack " et VF-2 " Bounty Hunters " de F-14A Tomcat entrèrent en service opérationnelle à bord de l'USS Enterprise.

Le baptême du feu du F-14 allait être l'Opération " Frequent Wind " l'année suivante avec l'évacuation de Saïgon, au Sud Vietnam.
A partir de cette époque, les exemplaires sortirent des chaînes de montage à un rythme régulier pour finalement doter vingt-quatre squadrons opérationnels, quatre squadrons de réserve, deux squadrons de transformation (VF-101 à Oceana et VF-124 à Miramar) et, les unités expérimentales comme les VX-4 et VX-9 à Point Mugu Test Center.

Avec la création de l'école " Top Gun " (Navy Fighter Weapon School), le F-14 Tomcat allait même devenir le chasseur majoritaire de la base navale de Miramar, également surnommée " Fightertown ".

Au moment de sa mise en service, l'armement du F-14 Tomcat était constitué d'armes air-air. Et, comme la plupart des chasseurs américains de cette époque, il emportait un canon rotatif Vulcan de 20 mm.
En effet, il n'était pas question de refaire la même erreur qu'au Vietnam, avec le F-4 Phantom II. Outre ce canon interne, le Tomcat emportait trois types de missiles, afin de couvrir toutes les distances qui lui étaient assignées:
-AIM-9 Sidewinder à guidage IR (combat à vue).
-AIM-7 Sparrow à guidage radar (moyenne portée).
-AIM-54 Phoenix à guidage radar (longue portée).

L'AIM-54, aussi appelé "Buffalo" par les pilotes, avait une portée de 185 km, avec le radar à longue portée AWG-9 il était le cœur du système d'arme du Tomcat.
Grâce à ce radar, le F-14 pouvait en effet engager un agresseur tout en étant à l'abri d'une riposte.
L'AWG-9 pouvait suivre jusqu'à 24 cibles et guider ses missiles sur 6 d'entre-elles simultanément – par ordre prioritaire de destruction -, tout en continuant à balayer l'espace en 3 dimensions.
Grâce à ses capacité de guidage semi-actif (pouvoir se guider seul vers sa cible à mi-parcours), l'AIM-54 Phoenix était classé dans la catégorie des missiles " Fire and Forget ". Contrairement à l'AIM-7 Sparrow, où l'avion lanceur devait garder son radar braqué sur la cible jusqu'à la destruction, devenant lui-même une cible potentielle, le F-14 Tomcat pouvait désormais se désengager après le tir de son missile Phoenix ou se consacrer tout simplement à une nouvelle cible. Ce qui constituait un avantage considérable, car le " défenseur " pouvait à présent tirer ses missiles en salves.
Lors d'une séance de tirs de validation, un F-14 Tomcat démontra ainsi toute l'efficacité de son système d'armes en lançant ses six AIM-54 Phoenix en moins de 30 secondes, sur six cibles dans six directions différentes, à de différentes altitudes et à des vitesses différentes.
Les cibles étaient des drones QF-4 Phantom II, qui simulaient les bombardiers, et des missiles Bomarc qui, eux, simulaient les missiles air-mer.
Aucun des Phoenix ne firent long feu et tous partirent chacun en direction de leur cible.
Quatre des six cibles furent interceptées avec succès.
C'était bien plus que ce que pouvait espérer la Marine.


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Le F-14A en opérations

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