Les évolutions du F-14 Tomcat


Mais le Tomcat souffrait d'un gros problème de jeunesse : le groupe moteur TF30.
Celui-là même qui équipait le F-111... Et ce problème fut long à guérir.
Le moteur TF30, gourmand et peu fiable, allait l'handicaper pour une grande partie de sa carrière opérationnelle, causant de nombreux crashs et morts d'équipages.
Ce moteur ne supportait pas les évolutions à fortes incidences. Or, le Tomcat était un chasseur, il n'était donc pas conçu pour voler qu'en ligne droite.

F-14 Tomcat Lors des ACMI contre les F-15 ou F-16, le compresseur du TF30 devissait souvent lorsque l'appareil cabrait à plus de 60° d'incidence, dans ce cas, le F-14 était souvent irrécupérable.
En combat à longue distance, par contre, les Tomcat-TF30 restaient victorieux pratiquement à chaque fois.

Un prototype équipé du réacteur F101DFE (dérivé de celui qui équipe le bombardier B-1) fut construit.
Il fut rebaptisé F-14B et effectua toute une série de vols d'essais mais, même si les résultats se révélèrent satisfaisants, l'histoire resta sans suite, à cause des problèmes de budget et de mise au point.

Une autre version, appelée F-14C, fut également construite, avec une nouvelle électronique optimisée pour les missions d'attaque air-sol et la reconnaissance.
Mais là aussi, cette version n'eut pas de suite.

Ironie de l'histoire, le Tomcat trouva finalement le parfait réacteur qu'au crépuscule de sa carrière avec le General Electric F110.
Cette modification du groupe moteur allait donner naissance au F-14A+ (rebaptisé F-14B à partir de 1991).
Ce nouveau réacteur, d'une poussée nettement supérieure, n'avait pas les vices du TF30.
Avec le F110 le Tomcat devenait l'un des chasseurs américains qui possédaient la meilleure accélération, et aussi l'un des plus rapides de tout l'arsenal.
Ses performances en combat tournoyant étaient également nettement améliorées.
Les F-14 A+/B reçurent également quelques modifications de l'avionique embarqué, dont une caméra AN/AXX-1 pour l'identification visuelle à longue distance (TCS).

L'une des histoires des plus connues qui circulait dans les coursives était celle concernant les quelques premiers prototypes des F-14A+ venus en visite sur la base d'Oceana.
De l'autre côté de la baie de Chesapeake se trouvait la base d'Eglin de l'USAF, abritant le 1st TFW équipé de F-15 Eagle.
Régulièrement, les avions des deux armes s'affrontaient en combat simulé et le F-15 Eagle s'en sortait toujours vainqueur, l'avion de Grumman ne faisait tout simplement pas le poids. Car, désavantagé par son TF30 anémique et poussif, le Tomcat ne parvenait jamais à suivre l'Eagle dans ses évolutions à forte incidence.
Mais à présent équipés du nouveau F110, les pilotes de l'Aéronavale décidèrent de jouer un mauvais tour à leurs collègues de l'Air Force en les provoquant dans un tournoi de deux contre deux, dans un espacement d'entraînement situé au-dessus de la baie.
Les deux Tomcat " survitaminés " évoluèrent de telle manière durant le combat qu'ils étaient presque impossibles à " accrocher ".
Quant aux deux pilotes de l'Air Force, ils furent terriblement vexés par leur mésaventure, et devinrent même fous furieux en quittant " l'arène ".
Pendant le déroulement du combat, on pouvait les entendre hurler:
" Mais qui sont ces types ? " " Je l'ai encore perdu ! "
F-14 Tomcat
L'ultime version opérationnelle fut le F-14D, aussi appelée Super Tomcat.
Même si cette nouvelle version conservait plus ou moins la même cellule, toute son avionique avait été remplacé, du TACAN au controle de tir, en passant par la centrale inertielle et l'IFF.
Son radar à longue portée AWG-9 avait été sérieusement amélioré, il prit alors la désignation AN/APG-71.
L'ergonomie du poste de pilotage et celui du RIO était également modifiée, par l'introduction de consoles MFD.
Un IRST (InfraRed Search and Track) et un TCS (Television Camera System) furent également installés sous le nez, à la place du detecteur infrarouge présent sur les F-14A.
Les sièges éjectables GRU-7A furent remplacés par des SJU-17 NACES.
Le réservoir d'oxygène liquide installé sur les versions A et B pour fournir à l'équipage le mélange gazeux nécessaire en vol, a également été remplacé par un générateur d'oxygène autonome (OBOGS -On Board Oxygen Generating System-).
L'avion était optimisé pour les missions air-sol et de nouveaux équipements furent intégrés à la cellule (câblages TARPS et détection IR passive) ou introduits dès la conception (équipements LANTIRN).

Le Super Tomcat 21, issu du F-14 Quickstrike, fut une tentative de Grumman pour vendre une version à coût réduit de son avion.
Cet avion devait servir de transition entre le Tomcat alors en service et le futur chasseur naval du programme NATF.
La cellule du " ST21 " serait plus légère et encore plus manœuvrable. Son autonomie serait le double de celui de la version D grâce à de nouveaux moteurs peu gourmands.
Les autres améliorations notables du Tomcat 21 sont:
-des moteurs encore plus puissants.
-une capacité de super-croisière.
-une nouvelle électronique.
-une verrière en une pièce de type F-16 (sans montant métallique).
-une aile modifiée pour une capacité de carburant accrue et possibilité d'emport d'armes nucléaires.
La capacité air-sol est accrue avec l'emport de:
-AGM-65 Maverick.
-AGM-84 SLAM-ER.
-AGM-88 HARM.
-AGM-65 Harpoon.


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La fin d'un mythe

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