Les début du F-14A Tomcat


F-14 Tomcat Ainsi, le surnom affectueux de " TOMCAT " que la Marine allait attribuer à son futur chasseur n'avait rien à voir avec le chat Tom du dessin animé " Tom et Jerry " de chez Hanna & Barbera.
Le chasseur n°14 de l'inventaire militaire américain, ce "Tomcat", signifiait "le chat de Tom", et non "Tom le chat", comme beaucoup l'avaient d'abord cru. Si cet avion portait ce nom, c'était surtout pour rendre hommage à cet amiral, qui avait permit au projet d'aboutir en sacrifiant sa carrière et quatrième étoile d'amiral : Thomas Connolly.

Une fois débarrassée du F-111B, la Marine relança aussitôt son appel d'offres pour un chasseur embarqué de défense de la Flotte, et plusieurs grands avionneurs, Boeing, McDonnell Douglas, Vought, Rockwell et Grumman répondirent aussitôt à l'appel.

Mais les choses se compliquèrent pour l'US Navy car, vers la seconde moitié des années 1960, un nouveau bombardier supersonique soviétique capable d'emporter des missiles antinavires vit le jour:
Le Tupolev-26 Backfire.
Un vent de panique saisit les plus haut gradés du Pentagone et de l'OTAN. A présent, il fallait concevoir ce nouveau chasseur au plus vite pour contrer la menace.
Pour l'US Navy c'était devenu une course contre la montre.

F-14 Tomcat Les différents avionneurs élaborèrent alors les designs les plus avant-gardistes, voire futuristes.
Quant à Grumman Aerospace, après avoir réalisé de nombreux concept à ailes fixes, le constructeur opta finalement pour l'idée d'un avion à géométrie variable avec, à la place d'une grande dérive verticale (projet 303E), deux dérives de plus faible dimension, afin d'offrir moins de résistance à l'air tout en maintenant une grande stabilité.
D'ailleurs, le prototype de Calverton conserva les lignes générales de son projet E (alignement des deux réacteurs, des entrées d'air bidimensionnelles et deux stabilisateurs horizontaux), en lui remplaçant tout simplement ses ailes fixes du projet G par les ailes à géométrie variable.

F-14 Tomcat La géométrie variable était un projet très ambitieux pour l'époque, car le concept était encore à ses balbutiements vers la fin des années 1960. Seulement, pour pouvoir soulever de lourdes charges (6x AIM-54 Phoenix), décoller sur une très courte distance (les 90 m de la piste d'envol) et avoir la meilleure manœuvrabilité au combat, la géométrie variable était la solution la plus adaptée pour ce nouveau chasseur.
Cette voilure se déployait à basse vitesse pour augmenter la portance et la maniabilité, surtout pendant les phases critiques du décollage et de l'atterrissage.
De ce fait malgré sa grande taille, le chasseur n°14 possédait une très bonne maniabilité lors des combats tournoyants, même s'il n'avait pas été conçu pour à l'origine.
La géométrie variable du F-14 était à commande automatique. Directement lié à la vitesse de l'appareil, la voilure adoptait une flèche minimum durant les phases d'approche et de décollage, catapultage, appontage et vol de patrouille à basse vitesse. La flèche maximum étant utilisée lors des accélérations et des vols à haute vitesse.
Cette voilure était en fait la solution technique à un cahier des charges très contraignant:
-intervenir à très longue distance.
-patrouiller sur place durant de longues heures, à basse vitesse.
-avoir la capacité d'emporter la maîtrise de l'air dès le début de l'engagement.

F-14 Tomcat Sur le plan aérodynamique, le prototype de Grumman ne ressemblait à aucun autre avion de combat de son époque.
La partie avant du fuselage, ainsi que les deux énormes entrées d'air à géométrie variable des réacteurs, se fondaient dans une structure qui soutenait la partie arrière du fuselage, avec ses quatre stabilisateurs horizontaux et verticaux.
Cette ergonomie du " biréacteur bi-dérive " allait être par la suite adoptée par des chasseurs des années 80' comme les F-15 Eagle, Su-27 Flanker, Mig-29 Fulcrum et F/A-18 Hornet.
Le cockpit était dominé par une grande verrière qui offrait aux deux membres d'équipage une vue panoramique, ce qui n'était pas le cas des F-4 Phantom II et F-8 Crusader, de la génération précédente, qui souffraient d'un " angle mort " vers l'arrière. Chose pénalisante lors d'un " dogfight ", ou combat aérien rapproché.
Pour l'époque, l'agencement de son habitacle était également en avance sur son temps, avec l'apparition de consoles d'affichage type LCD.
En outre, le prototype de Grumman fut aussi le premier chasseur équipé d'un viseur tête haute (HUD), où le pilote pouvait voir s'afficher toutes les informations les plus essentielles pour sa mission sans avoir à baisser les yeux sur son tableau de bord, ainsi que le système HOTAS (Hands On Throttle And Stick).
Pour des raisons mécaniques et d'aérodynamisme, aucun pylône d'armement ne fut installé sous la partie mobile des ailes du Tomcat. Tout son armement était uniquement emporté sous le large fuselage, sous les entrées d'air des réacteurs (réservoirs) ou sur les deux pylônes fixés sous les emplantures fixes de la voilure.
Finalement, la conjugaison des deux projets s'avéra payante car, le 14 janvier 1969, l'avionneur Grumman fut déclaré vainqueur du programme VFX de la Marine.

Et, afin de gagner encore du temps, la Marine et Grumman décidèrent de s'associer pour concevoir ce nouvel avion autour du système d'armes déjà testé sur le F-111B:
-le radar à longue portée AWG-9 couplé au missile AIM-54 Phoenix.

Il s'agissait cette fois de concevoir cette nouvelle cellule autour d'un système d'armes existant, afin de tester sa validité.
Ce fut ensuite, seulement, que toute une série d'améliorations lui serait apportée, tout au long de son élaboration.

Jusqu'à aujourd'hui, le F-14 Tomcat demeure le précurseur dans nombre de domaines, notamment au niveau de l'utilisation de certains matériaux qui le composaient.
Pour exemple, le caisson central qui maintenait ses ailes à géométrie variable était fait de titane. Un matériau extrêmement difficile à usiner et très coûteux. Ce matériau constituait également une bonne partie de la structure de l'avion.
Quant aux empennages horizontaux, ils étaient fabriqués en boron-époxy, un des précurseurs des matériaux composites modernes, qui fut utilisé pour la première fois au monde sur un avion de chasse.


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Le F-14A en service

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